Comment gérer un conflit en 6 leçons

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 25 Mai 2010 : 02h00
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Un comportement ou quelques phrases prononcées par une personne proche (ami, conjoint, enfant, collègue, supérieur...) peuvent parfois générer une émotion désagréable persistante. Vous pouvez éviter un conflit en adoptant la communication non conflictuelle. Apprendre cette technique vous permettra de développer des relations positives.

A savoir : la communication non conflictuelle est directement inspirée de la communication non violente

1) Prenez le temps d'analyser vos émotions et votre facon de penser.

Nous ne sommes parfois pas très objectifs ou nous manquons de nuance. C'est par exemple le cas avec le raisonnement dichotomique (fonctionnement en " tout ou rien ") ou de surgénéralisation (" rien ne me réussit dans la vie "). Parfois aussi, nous nous focalisons sur un détail en oubliant de prendre en compte l'ensemble du contexte. Ou encore, nous formulons des conclusions hâtives et injustifiées. Enfin nous avons parfois des pensées parasites automatiques, sans oublier une implication personnelle démesurée.

Si votre émotion ne peut pas être attribuée à l'une de ces " distorsions cognitives ", et qu'elle reste intense et dure plusieurs jours, vous devez vous préparer à résoudre un conflit.

2) Parlez à la personne qui est à l'origine de votre émotion désagréable

Attention de ne pas vous tromper de personne. Réfléchissez car certaines situations sont parfois trompeuses. Une personne peut véhiculer une simple rumeur ou être un simple intermédiaire (un collègue qui transmet une information hiérarchique par exemple).

3) Choisissez le bon moment pour lui parler

La personne devant être disponible et disposée à vous écouter, il peut être nécessaire d'attendre, voire de prendre rendez-vous. Cette prise de rendez-vous est tout aussi valable s'il s'agit d'un enfant ou d'un conjoint. Dites simplement que vous souhaitez discuter d'un point important pour vous, et demandez à quel moment elle serait disponible.

Attention, vous aussi vous devez être bien disposé. Pour bien mener votre entretien, ne vous laissez pas submerger par vos émotions négatives. La colère agresse l'autre, vous amène à le juger et vous empêche de l'écouter. Donc si nécessaire, différez l'entretien.

4) Soyez direct et clair, donc préparez votre entretien !

Vous ne devez pas tourner autour du pot, car cela génère de l'anxiété et de la méfiance de la part de votre interlocuteur. Dites clairement et sans détour de quoi vous souhaitez parler, pourquoi et dans quel but. Pas de miracle, cela se prépare ! Il est même parfois utile d'écrire ce que vous voulez dire et surtout de réfléchir à la manière de le dire : trouvez la formulation la plus sincère et la moins conflictuelle. Si nécessaire, faites une répétition, et pourquoi pas avec un ami non concerné par la situation.

5) Pratiquez la respiration profonde quelques minutes avant

Avant votre discussion, prévoyez quelques minutes de détente. La respiration profonde, ou respiration par le ventre, est recommandée : le ventre se gonfle lorsque vous inspirez et se dégonfle lorsque vous expirez. Plusieurs fois de suite, inspirez en comptant jusqu'à 5, puis expirez en comptant également jusqu'à 5.

6) Soyez bienveillant

Votre démarche doit être bienveillante, c'est-à-dire fondée sur une réelle volonté de faire avancer les choses à deux. Pour cela, vous devez développer une représentation positive de votre interlocuteur. Si nécessaire, faites appel à des souvenirs positifs ou focalisez-vous sur une de ses qualités.

En cas de difficultés, imaginez l'autre dans un contexte attendrissant, par exemple quand il était enfant.

Enfin, en cas d'impossibilité, c'est-à-dire si malgré tout, vous percevez l'autre comme un ennemi, vous devez au préalable essayer de désactiver cette représentation. Dans cet objectif, racontez à un proche tout ce qui vous pèse et alimente cette représentation d'ennemi. La personne qui vous écoute ne doit ni vous contredire, ni renforcer vos dires, mais simplement vous prêter une oreille attentive. Ensuite, faites l'exercice inverse : dressez le portrait positif de votre ennemi en vous appuyant sur d'autres expériences partagées. Vous réduirez ainsi l'intensité de vos émotions et le poids des étiquettes posé sur l'autre, tandis que vous percevez mieux ce qui vous a blessé et développez une meilleure représentation de l'autre.

Cette communication non conflictuelle s'apprend, c'est-à-dire qu'à force de la pratiquer, elle devient de plus en plus efficace et naturelle.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 25 Mai 2010 : 02h00
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