Après la ménopause : quelles solutions durables contre la sécheresse vaginale ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 11 Avril 2017 : 16h30
Mis à jour le Jeudi 13 Avril 2017 : 18h12
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Après la ménopause, de nombreuses femmes souffrent de sécheresse vaginale, pouvant fortement affecter leur vie sexuelle. Trois méthodes s’offrent à elles. Zoom sur les deux nouvelles méthodes non hormonales.

Sécheresse vaginale : les solutions durables

  • Le traitement hormonal de la ménopause

À la ménopause, l’interruption de la sécrétion des hormones sexuelles s’accompagne souvent d’une myriade de symptômes, dont le plus connue est représenté par les bouffées de chaleur. Il en existe beaucoup d’autres, qui ne sont pas inéluctables eux non plus et d’intensité très variable selon les femmes : troubles de l’humeur, du sommeil, gêne urinaire, amincissement de la peau, et aussi une sécheresse vaginale qui peut avoir de fortes répercussions dans les relations sexuelles. La solution classique consiste à mettre en place un traitement hormonal substitutif de la ménopause. Malheureusement, pour beaucoup de femmes, ce traitement hormonal n’est pas toujours efficace contre la sècheresse vaginale.

  • Le traitement local de la sécheresse vaginale

Les médecins prescrivent donc une crème à base d’œstrogène à appliquer localement 2 à 3 fois par semaine. Ce traitement alternatif n’est cependant pas toujours bien suivi par les femmes, car très peu pratique… Certaines femmes présentent par ailleurs des contre-indications aux hormones (par exemple en cas d’antécédent de cancer du sein). Une femme peut également utiliser des lubrifiants non hormonaux, et même s’ils sont efficaces, ils le sont moins rapidement et de manière moins nette.

  • Les deux nouveaux traitements physiques de la sécheresse vaginale

Les femmes disposent aujourd’hui de deux solutions durables non hormonales pour traiter la sécheresse vaginale de manière efficace. Il s’agit du laser fractionné et de la radiofréquence à température contrôlée. Explications du Dr Catherine Solano, Médecin sexologue et andrologue.

Comment fonctionne le laser fractionné dans le traitement de la sécheresse vaginale ?

Dr Solano : « Le médecin utilise une sonde vaginale, ayant la forme d’un tube arrondi, et envoyant des rayons lasers. Les tout petits impacts au niveau de la muqueuse vaginale provoquent des sortes de micro-brûlures déclenchant un processus de cicatrisation et stimulant la régénération de la muqueuse vaginale. Celle-ci retrouve son épaisseur alors qu’elle était devenue plus fine et fragile chez les femmes ménopausées. Cette muqueuse redevient également plus moelleuse et plus humide, retrouvant un aspect comparable à celui d’avant la ménopause.

Il s’agit d’une méthode indolore ne nécessitant pas d’anesthésie. On recommande classiquement de faire 3 séances à un mois d’intervalle. Les résultats sont durables, mais comme les tissus continuent à vieillir, on conseille à une femme de refaire une séance un an plus tard, puis de temps en temps si elle se sent moins confortable au niveau vaginal. Après chaque séance, les rapports sexuels sont contre-indiqués pendant 2-3 jours. Sinon, une femme peut reprendre immédiatement toutes les autres activités quotidiennes. »

$$Quelle est l’autre méthode durable contre la sécheresse vaginale ?$

Dr Solano : « C’est la radiofréquence à température contrôlée. Le médecin a recourt à une sonde vaginale fine comme un doigt qui envoie des ondes de radiofréquence provoquant un réchauffement localisé et contrôlé. Cette chaleur stimule les tissus et leur régénération, à la fois en surface et en profondeur. Les tissus sous-jacents se tonifient et la muqueuse rajeunit.

Le protocole est le même que pour le laser fractionné : 3 séances à un mois d’intervalle, même si beaucoup de femmes obtiennent déjà de très bons résultats après 2 séances, puis une autre séance un an après.

La différente entre ces deux méthodes est le prix, de 350 euros la séance pour le laser fractionné contre 800 euros pour la radiofréquence. Cet écart est lié en grande partie au matériel. La sonde n’est pas la même. Pour la radiofréquence, elle coûte très cher et elle est à usage unique. Ces séances ne sont malheureusement jamais prises en charge par l’Assurance Maladie. »

Au total, pour les femmes souffrant uniquement de sécheresse vaginale, le traitement par laser est très bien adapté. Pour les femmes se plaignant en plus de la sécheresse vaginale, de petits troubles urinaires ou d’une diminution de leur capacité à éprouver des sensations de plaisir et des orgasmes, la radiofréquence sera a priori plus efficace.

Nous disposons donc aujourd’hui de solutions efficaces pour garder une sexualité épanouie après la ménopause, même chez les femmes présentant des contre-indications aux traitements hormonaux.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 11 Avril 2017 : 16h30
Mis à jour le Jeudi 13 Avril 2017 : 18h12
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