Anévrisme aortique : dépistage à 65 ans

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 09 Juin 2004 : 02h00
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Malgré les progrès réalisés en matière de diagnostic et de traitement, nombre de personnes décèdent chaque année d'un anévrisme de l'aorte abdominale (distension). Pourtant, un dépistage à l'aide d'un simple examen échographique pratiqué à partir de l'âge de 65 ans, permettrait d'éviter 50% des ruptures d'anévrisme.

Sachant que l'anévrisme de l'aorte abdominale peut facilement être diagnostiqué avant même l'apparition des symptômes, grâce à un simple examen échographique, une campagne de dépistage a été mise en place en Angleterre et au Pays de Galle, où pas moins de 6.000 personnes en décèdent chaque année. Depuis 1990, dans la région du Gloucestershire, les habitants reçoivent à leur domicile une lettre les invitant à se rendre dans un centre d'examen au cours de leur 66e année. Si nécessaire, cette invitation est renouvelée tous les ans. C'est ainsi qu'un premier examen échographique a été proposé à un total de 3.000 personnes âgées de plus de 65 ans. Les échographies ont été réalisées par des techniciens spécifiquement formés.

Lorsque le diamètre de l'aorte est inférieur à 26 mm, aucun suivi n'est réalisé. Entre 26 et 39 mm, un suivi échographique annuel est proposé. En revanche, s'il dépasse les 40 mm, le patient est adressé à un chirurgien vasculaire, lequel peut proposer soit une opération, soit la pose d'une prothèse endovasculaire, soit un simple suivi échographique rapproché.

Treize ans après la mise en place de ce programme, on constate une baisse de 42% à 4 ans de la mortalité liée à cette pathologie. Parallèlement, le taux d'interventions chirurgicales réalisées en urgence pour anévrisme est passé de 45 à 20% entre 1990 et 2003, avec une baisse de 9 à 3% du taux de décès lors de ce type d'opération. Les auteurs précisent que cette baisse a été très progressive car seules les personnes ayant atteint leur 65 ans durant cette période ont participé à cet essai. Si des sujets plus âgés avaient été inclus, il est probable que cette diminution ait été plus rapide. De plus, le recrutement a aussi été progressif. Autre point à souligner, le nombre d'interventions pratiquées chez des personnes asymptomatiques est passé de 15 à 70%.

Ces travaux démontrent tout l'intérêt un programme national de dépistage. Certains points restent cependant en suspens : quel coût ? dépistage de masse ou ciblé chez les porteurs de facteurs de risque ? dès l'âge de 60 ans ? etc.

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 09 Juin 2004 : 02h00
Source : B.M.J., 328 : 1122-1124, 8 mai 2004.
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