Ablation de la vésicule biliaire : Raffarin aussi !

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 23 Mai 2005 : 02h00
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Chaque année en France, 80.000 personnes subissent une cholécystectomie ou ablation de la vésicule biliaire. Le 7 mai 2005, c'était le cas du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. C'est l'occasion de rappeler le principe de cette intervention chirurgicale et ses indications.

Brutalement saisi de douleurs aiguës, notre Premier ministre a d'abord été examiné par le médecin de Matignon, puis par le Samu, avant d'être hospitalisé à l'Hôpital du Val-de-Grâce pour une ablation de la vésicule. L'intervention s'est déroulée sous coelioscopie en moins d'une heure, sans problème particulier. Cette technique consiste à visualiser la cavité abdominale à l'aide d'un tube muni d'un système optique, introduit dans l'abdomen par une petite incision. Celui-ci, relié à une caméra, permet de recueillir les images sur un écran vidéo. D'autres petites incisions abdominales permettent l'introduction d'instruments chirurgicaux. Deux jours plus tard, de retour à Matignon, les proches du ministre ont indiqué qu'il était en forme, avec un bon moral. Jean-Pierre Raffarin a dû cependant s'aménager un programme de travail allégé durant quatre à cinq jours.

Quand la vésicule calcule

Cette intervention est indiquée essentiellement en cas de lithiase vésiculaire entraînant des symptômes douloureux. En effet, la présence d'un ou de plusieurs calculs dans la vésicule biliaire peut parfois entraîner des complications, comme une cholécystite (inflammation de la vésicule), un pyrocholécyste (infection suppurée), voire une colique hépatique (douleur aiguë provoquée par la migration d'un calcul dans le canal cholédoque, qui conduit la bile vers l'intestin), un ictère ou encore une pancréatite (inflammation du pancréas).

Si 10 à15% des Français présentent une lithiase vésiculaire, dans 80% des cas, l'affection reste asymptomatique et ne justifie aucune intervention chirurgicale. En revanche, dans les 20% des cas restants, la lithiase urinaire entraînant des douleurs biliaires caractérisées et des complications, l'intervention est indiquée.

Coelioscopie contre laparotomie

Aujourd'hui, la voie coelioscopique s'est imposée comme la technique de référence, par rapport à la laparotomie. Cette dernière méthode chirurgicale consiste en une incision large de l'abdomen, dure de 60 à 90 minutes et demande une hospitalisation de 4 à 5 jours. En revanche, la voie coelioscopique permet de réduire la durée du séjour hospitalier, de diminuer la douleur post-opératoire et une reprise précoce des activités du patient.

Publié par Dr Philippe Presles le Lundi 23 Mai 2005 : 02h00
Source : Le Quotidien du médecin, 11 mai 2005.
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