Un sexagénaire viole une mineure de 14 ans et se fait arrêter grâce à une vidéo Tik Tok
Sommaire

Agressions sexuelles : 84 % des victimes, mal accueillies au commissariat

Agressions sexuelles : 84 % des victimes, mal accueillies au commissariat© Istock

Si le nombre de plaintes pour agressions sexuelles est à la hausse, notamment grâce au mouvement #MeToo, qui a permis de libérer la parole des victimes, seulement une minorité d’entre elles ose encore pousser la porte d’un commissariat. À la honte liée à l’agression s’ajoute souvent la crainte d’être mal reçue par les forces de l’ordre.

Une crainte qui s’avère, malheureusement, assez souvent justifiée. En 2018, le Groupe F, un collectif féministe contre les violences sexistes et sexuelles, et le tumblr “Paye ta police” ont lancé un appel à témoin sous le hashtag #PayeTaPlainte. Ils ont ainsi recueilli plus de 500 témoignages édifiants.

60 % des victimes, découragées de porter plainte

84 % d’entre eux évoquaient un mauvais accueil “et, dans 60 % des cas, les victimes se voyaient opposer un refus, ou étaient découragées de porter plainte”, explique Caroline De Haas, créatrice du projet, à nos confrères du Parisien. “ En toute illégalité, sachant que les policiers et les gendarmes ont l'obligation de prendre une plainte”, précise-t-elle.

Dans 52,9 % des cas, les gendarmes ou policiers ont remis en question l’importance des faits, et une culpabilisation de la victime a été enregistrée dans 41,6 % des témoignages. Pire encore, les forces de l’ordre ont affiché leur solidarité avec l’agresseur dans 21,2 % des cas, et ont parfois maltraité la victime (19,8 %) ou tenu des propos moqueurs et sexistes (17,9 %).

60 % des victimes, découragées de porter plainte© #PayeTaPlainte

Les forces de l’ordre poursuivent leurs efforts pour mieux accueillir les victimes

De son côté, la police nationale reconnaît que la prise en charge des victimes d’agressions sexuelles doit être améliorée, et affirme qu’elle a renforcé ses efforts en matière de formation du personnel. Une disparité subsiste néanmoins entre les différents commissariats.

Une plateforme de signalement en ligne des violences sexuelles et sexistes a également été déployée par le gouvernement en novembre 2017. Les gendarmes qui l’animent ont été formés à l’écoute des victimes d’abus sexuels, et sont là pour établir un premier contact, avant un dépôt de plainte physique au commissariat.

Les forces de l’ordre poursuivent leurs efforts pour mieux accueillir les victimes© #PayeTaPlainte

Notre Newsletter

Recevez encore plus d'infos santé, en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.

Source : Chili : un agresseur sexuel pris en flagrant délit sur le réseau social Tik Tok, Le Parisien, 21 août 2020. 
#PayeTaPlainte : 500 femmes racontent leur accueil en gendarmerie ou commissariat. 
Violences sexuelles : la «loterie» de l’accueil des victimes lors du dépôt de plainte, Le Parisien, 6 février 2019. 
Insécurité et délinquance en 2019 : une première photographie - Interstats Analyse N°24, Ministère de l'Intérieur, 16 janvier 2020.