valou
Portrait de cgelitti
Bonjour,

Mon dernier shoot, c'était au printemps 1990. Depuis, il y a eu des hauts et des bas, de l'alcool, de la codéine, des médicaments, et puis la méthadone et un psy.

J'ai écrit un bouquin sur deux des pires années que j'ai passées à Amsterdam, je suis en train de le rééditer moi-même et j'en profite pour demander à ceux qui seraient intéressés de me passer un petit email afin que je sache où je mets les pieds. Si ça se passe bien je réédite et peut-être pourrais-je éviter à deux ou trois d'entre vous de tomber dans cette merde.

Le titre : Un Sale Goût dans les Veines, et je vous livre un petit passage, pour que vous sachiez à quoi vous attendre :

Envolée la grande forme qui te fait sauter au plafond dix secondes après avoir retiré l'aiguille de la veine. Et ça fait mal de ne pas avoir la force de poser un pied devant l'autre, on se réveille la vessie pleine de toute la flotte bue la veille, on attend une heure, on se rendort un moment pour s'éveiller de nouveau une demi-heure plus tard, mais on n'a pas envie d'ouvrir les yeux, faire durer le plus longtemps possible, tu sais que ça va être terrible rien que pour repousser la couverture, le froid, même si la pièce est surchauffée, et puis la sensation d'avoir une gueule infernale, de ne ressembler à rien, de n'être rien, alors vient la déprime, surtout ne pas s'affoler sinon tu vas arracher les lattes du parquet jusqu'à la dernière pour tenter de trouver un paquet de came, ne pas essayer de s'imaginer l'effet qu'un shoot produirait à ce moment précis, folie garantie, là il faut trouver de la came à tout prix, le fric pour la came, tu commences à pleurer, tu demandes, puis tu supplies « s'il te plaît, juste une petite dose, pour faire passer le mal », le dealer est arrivé, c'est un copain, il va te faire crédit, t'es un bon client, non « pas de fric, pas de came », les amis c'est quand t'as la monnaie, merde il va repartir « prends mon blouson en cuir, il est neuf », il va sortir, non il s'arrête, il se retourne, sort un paquet de sa poche, il regarde le blouson, le tâte, il fait durer le plaisir, il branle la tête, sort un deuxième paquet, il te regarde comme une merde de haut en bas avant de te jeter tes doses, il part avec ton cuir mais t'es sauvé, t'as la came dans le creux de ta pogne, tu vas pouvoir vivre, revivre, survivre, et puis refaire du fric, que ça n'arrive plus, ne plus être malade, jamais, ne plus être comme ça, Dieu c'est trop dur, pourquoi tu laisses faire ça, c'est trop douloureux, trop mal dans la tête, j'ai cru que je mourrais.

Merci d'avance de votre soutien

Alain Belle abelle@cegetel.net

PUB
PUB

Contenus sponsorisés