nadia
Portrait de cgelitti
Il me semble que le rôle des psys n'est pas de se poser en expert du psychisme "sain", et à ce titre d'intervenir comme conseiller du Prince sur telle ou telle question de société. Pas en expert, et encore moins en Sage, en détenteur d'une vérité ultime quant à ce que doit être un être humain véritablement humain. Il y a là, me semble-t-il, un abus de pouvoir, qui repose sur l'idée que les psys délivreraient, comme une religion en fait, une vision du monde permettant de fournir à chacun les points de repères définitivement valables de son existence.

La psychiatrie est d'abord une méthode de traitement de la souffrance psychique. Souffrance psychique qui témoigne d'une crise chez quelqu'un. Une crise, c'est en fait la manifestation d'un ensemble de questions qui se posent pour quelqu'un, qui font craquer les soi-disant "évidences" sur lesquelles sa vie est construite, et qui ne lui conviennent pas ou plus. Le travail du psychiatre est d'accueillir cette crise, non pour reformater la personne à ce qui serait supposé être la bonne façon de vivre (comme homme ou femme en particulier), mais pour l'aider à trouver, si l'on peut dire, les normes qui lui conviennent, dans ses liens avec elle-même et avec les autres.

J'ai fait un stage au sein d'un petit HP. Vu de l'intérieur, les soignants ne se portaient pas mieux que les malades. La chef de service , une femme au visage buriné, habillée toujours en noir, était une personne complètement névrosée et déloyale. Elle était très à l'écoute de son corps, multipliait les examens médicaux dont elle était friande. Dès qu'elle arrivait dans le service le matin, nous avions le droit au refrain "qu'est ce que je suis épuisée aujourd'hui". Elle n'hesitait pas à avoir recours à ses infirmiers au moindre bobo. Cette lugubre psy avait un caractère aussi sombre que son accoutrement. Son époux etait évidemmment infirmier cadre de santé dans le service. Un homme redoutable, aux idées archaîques, à la verve caustique qui devait faire bien des ravages sur des esprits malades...Le grade d?infirmier cadre de santé est accessible par concours sur titres interne ouvert aux infirmiers titulaires du diplôme de cadre de santé comptant, au 1er janvier de l?année du concours, au moins cinq ans de services effectifs dans le corps. Il protégeait sa bien aimée, une infimière quadragénaire et anorexique, un sac d'os et qui était aussi la petite protégée de sa femme qui ignorait ce qui se tramait entre eux trop préoccupé par sa petite santé... Elle avait incorporée ce service suite à ses problèmes d'anoréxémie. Elle était caustique avec les patients , tire au flan dans son travail, toujours à papoter avec ses collègues , toujours la dernière à se lever de sa chaise, pas du tout motivée par son travail et qui paradoxalement ne supportait pas les personnes au chomâge. Les infirmières et aides soignantes buvaient le café sans jamais inviter la femme de ménage qui n'avait pas sa place. Il eut été avillisant de la méler à ce beau monde, à ces bien-pensants. Elle devait faire son travail sans s'accorder de pause et si elle avait passé son temps à papoter ça serait vu...alors que les autres ça ne changeait pas grand-chose ! La sacro-sainte psy était sans pitié avec ses patients, elle les droguait littéralement. Elle disait à ses infirmières et aux psychologues du service "s'il vous importune , envoyez-les moi j'en fais mon affaire ". C'est terrifiant de voir ça et de ne pouvoir rien dire. Aujoud'hui, je ne suis plus dans un service où le personnel soigant est aussi fou que les patients , j'avais trop de scrupules pour continuer dans cette voie là....

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