daniel
Portrait de cgelitti
Bonjour,

J'ai 62 ans. J'ai subi fin janvier 2007 une prostatectomie radicale. Les

analyses pratiquées un mois plus tard ont révélé un taux de P.S.A

avoisinant le zero. Donc j'échappe à un traitement complémentaire par

rayons ou chimiotérapie. C'est déjà un soulagement majeure...

Sur le plan des fuites urinaires, les choses vont en s'améliorant. Les

séances de rééduction que je pratique à raison de 2 par semaine y sont

sans doute pour quelque chose. Je suis passé de la protection épaisse

(style couche pour flux léger) au protège-slip. J'ai appris les gestes à ne

pas faire (éviter de s'accroupir trop rapidement) et je reserre les

sphincters comme le kiné me l'a appris, lorsque je tousse.

Je perd encore quelques gouttes en fin de journée (fatigue de la vessie)

ou très occasionnellement dans le courant de la journée après une

marche prolongée, par exemple, mais franchement, j'ai bon espoir, a

court terme, de redevenir "normal" à 95 pour cent sur le plan du pipi.

En regard des érections, c'est une autre paire de manches! Ma libido est

intacte (messages adressés par le cerveau à l'attention des nerfs erectiles,

accélération cardiaque provoquée par l'excitation intellectuelle) mais il est

clair que les employés du canon sont en grève... J'ai commencé le

traitement par injections de Prostaglandine auto administrées, traitement

qui se révèle efficace mais assez difficile à gérer. C'est loin d'être agréable

à pratiquer et une même dose administrée à plusieurs jours d'intervalle

donne des résultats très variables: soit entre une heure et trois heures

d'érection non stop. C'est un peu paniquant, sachant qu'au delà de 3

heures il est préconisé de se rendre en clinique.

C'est également assez éprouvant moralement, d'autant que je dois faire

face à mon handicap seul.

Ce traitement est avant tout destiné à "remettre la machine en marche"

dans l'espoir d'un retour à des érections (ne sommes nous pas en pleine

période érectorale ?) spontanées dans un laps de temps variant beaucoup

d'un sujet à l'autre. Je crois savoir que délai le plus fréquent avoisine une

année. Il faut donc prendre son mâle en patience...

Si la grève se poursuit au delà de 6 mois, je devrai passer au Viagra ou au

Cialis, pillules magiques qui s'absorbent par voie orale, mais qui,

contrairement à la Prostaglandine ne sont guère remboursés par la

Sécurité Sociale (paradoxe bien de chez nous: tout ce qui touche au sexe

devant être culpabilisé et donc surtaxé!)

Pour en avoir le coeur net quant un éventuel retour à une vie sexuelle

(question que tout homme normalement constitué et blessé dans sa chair

autant que dans son amour propre se pose), j'ai simulé un rapport et

éprouvé le soulagement moral de parvenir à un orgasme.

Le plaisir sexuel est donc encore accessible aux mutilés de la prostate,

qu'on se le dise!

En revanche dans les heures qui ont suivi, mes urines étaient légèrement

teintées de sang. Une communication téléphonique avec le chirurgien-

urologue m'a rassuré: ce n'est guère inquiétant. Sans doute aurais-je dû

être un peu moins impatient..

J'espère que mon témoignage apportera réconfort et confiance en soi à

tous ceux qui souffrent au physique comme au moral, qui se remettent

difficilement de cette épreuve, ou qui s'apprêtent à l'affronter.

C'est une terrible épreuve mais on peut s'en sortir et on va le faire!!!!

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