La vérité sur la grippe aviaire

Depuis cet été, la presse se fait l'écho du risque de pandémie par la grippe aviaire. Ce risque est-il réel ? Que faut-il savoir ? Que faut-il faire en pratique ? E-santé vous donne les réponses à toutes les questions clés.

Eviter les marchés de volailles à l'étranger La grippe aviaire est une grippe des volailles qu'elle décime en grande partie. Elle est due à un virus qui n'est pas adapté à l'homme et c'est la raison pour laquelle il n'a pas été observé d'épidémie humaine. La centaine de cas qui a été observée chez l'homme était le fait de contacts directs avec les oiseaux : plus de 50% en sont décédés. En pratique, il faut donc éviter les marchés de volailles lors de voyages à l'étranger.Se vacciner contre la grippe (MUTAGRIP ® ou VAXIGRIP®) La menace actuelle serait que ce virus mute pour s'adapter à l'homme. C'est ce qui s'est passé dans toutes les grandes pandémies du XXe siècle, dont celle de 1917-1918, la fameuse grippe espagnole qui fit 20 millions de morts dans le monde. Cela serait possible notamment si les deux virus, celui de l'homme et celui des volailles, se rencontraient dans le même organisme et se combinaient entre eux. C'est la raison pour laquelle il faut idéalement que le maximum de personnes soient vaccinées contre la grippe humaine actuelle.Il existe une autre raison pour se vacciner contre la grippe : en cas de pandémie, si vous faites une grippe, on l'attribuera directement à la grippe aviaire et cela vous fera gagner un temps précieux pour votre traitement.Et contre le pneumocoque aussi (PNEUMO23®) La grippe est dangereuse par ses complications pulmonaires. L'une des plus graves est la surinfection avec des pneumocoques. C'est la raison pour laquelle il est avisé de se vacciner également contre le pneumocoque, le même jour que pour la grippe, mais à un endroit différent du corps.Se vacciner à tout âge La vaccination n'est pas réservée aux plus de 65 ans et aux gens immunodéprimés et fragiles. Les dernières pandémies ont surtout fait des victimes chez les adultes jeunes. En pratique, il faut vacciner tout le monde, y compris les enfants.Un vaccin contre la grippe aviaire humaine ? Aujourd'hui, le virus n'existant pas encore, nous ne pouvons pas fabriquer de vaccin contre lui. S'il apparaît, il faudra compter 4 à 6 mois pour le fabriquer.Connaître les symptômes de la grippe Ce qui caractérise la grippe, c'est la brutalité de sa survenue, en quelques heures, voire en moins d'une heure. La grippe « agrippe » ! D'un seul coup, les symptômes suivants s'imposent :- début brutal,- fièvre et frissons,- toux,- maux de tête,- courbatures,- fatigue.Pourquoi faut-il bien les connaître ? Parce que lorsqu'ils arrivent, il faut foncer chez le médecin : les traitements antiviraux existent, mais plus ils sont pris rapidement, plus ils sont efficaces.Les traitements antiviraux doivent être commencés dès que possible Il existe des traitements antiviraux efficaces. Ce sont des molécules qui inhibent une enzyme dont se sert le virus pour infecter nos cellules. Or le virus a besoin de rentrer dans nos cellules pour se reproduire : il utilise les moyens de duplication de nos propres cellules pour fabriquer ses propres copies ! Chaque cellule infectée va ainsi produire des milliers de virus avant de mourir et infecter ses voisines… Cette enzyme dont le virus a besoin pour pénétrer nos cellules est la neuraminidase. Les antiviraux dont nous disposons sont des inhibiteurs de la neuraminidase (TAMIFLU® et RELENZA®). On comprend bien pourquoi il faut les prendre au plus vite : plus on les prend tard, plus le nombre de cellules infectées est grand. Après 48 heures, c'est trop tard. Après 24 heures, les résultats sont déjà moins bons.Différences entre le TAMIFLU® et le RELENZA® Le Tamiflu® se prend sous forme de comprimé (1 matin et soir) ou sous forme de gouttes pour les enfants. C'est la forme la plus pratique.Le Relenza® doit être inhalé. C'est de la poudre qui s'utilise avec un inhalateur spécial. Il faut faire deux inhalations matin et soir.Il n'existe pas d'étude comparative entre les deux produits.Il est devenu très difficile de s'en procurer en France, le gouvernement ayant réquisitionné les stocks. Cela est encore possible dans certains autres pays européens.Le gouvernement français a constitué d'importants stocks de Tamiflu®. Ils serviront lors de l'épidémie, si elle survient.Se protéger avec des masques ? Oui, mais pas n'importe lesquels. Les masques classiques de chirurgien ont surtout pour fonction de protéger les patients contre les microbes des chirurgiens. Là, c'est l'inverse qu'il faut. Les masques efficaces sont de type spécial dit FFP2 ou FFP3. Ils sont utilisés aujourd'hui sur les chantiers dégageant beaucoup de poussières.Que faire d'autre ? Pas grand-chose, sauf si l'on est responsable d'une collectivité : école, administration, entreprise, etc. Il faut alors préparer un plan anti-épidémie en organisant la protection des personnels d'accueil, l'information des personnes et la vaccination. Il s'agit également de prévoir des plans de rupture d'activité, de non circulation entre les établissements ou encore d'organisation différentes de l'activité (travail à la maison avec Internet par exemple).Serons-nous rapidement alertés ? Oui, c'est une certitude car le réseau de veille mondial est très au point. En France, il s'agit du Grog. Vous pouvez aller sur leur site pour suivre les épidémies : www.grog.org.Le site du ministère de la Santé a prévu une rubrique spéciale avec un dossier très complet. A visiter également : www.sante.gouv.fr.

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Source : Quotidien du Médecin du 3 octobre 2005 ; Vadémecum des mesures à discuter face au risque, Pr Jean-Philippe Derenne et François Bricaire.