Vitamine B9 : faut-il choisir entre le risque de spina bifida et de grossesses multiples ?

Un nombre important et inquiétant d'Américaines en âge de procréer ne recevraient pas les apports nutritionnels suffisants en folates (vitamine B9). Afin d'y remédier et d'atténuer le risque de spina bifida (malformation du tube neural du foetus), aux Etats Unis, certains aliments ont été systématiquement enrichis en acide folique. Aujourd'hui, une étude suédoise affirme que les femmes supplémentées ont un risque plus élevé de donner naissance à des jumeaux. Dans les pays où l'incidence de spina bifida est faible le risque de grossesses multiples est fortement à prendre en considération.

Aux Etats-Unis, le fait d'ajouter systématiquement de l'acide folique dans le pain complet et les céréales du petit déjeuner diminuerait de 19% le risque de spina bifida. Or, selon les résultats d'une étude suédoise, le bénéfice d'une telle supplémentation n'est pas certain, notamment dans les pays où le spina bifida est rare.

L'analyse des registres de naissance suédois depuis 1994 montre que le taux de jumeaux est bien plus important chez les femmes ayant reçu une complémentation en folates: il est de 2,8%, alors que la moyenne nationale n'est que de 1,5%. Selon les auteurs, l'acide folique favoriserait une ovulation multiple ou bien une implantation multiple.

Un calcul très simple

Ainsi, si 30% des 100.000 Suédoises prenaient une supplémentation en vitamine B9, il y aurait en suède 225 paires de jumeaux de plus, soit 450 nouveau-nés potentiellement prématurés et de faible poids, contre seulement 4 ou 5 spina bifida évités, la Suède étant un pays à faible incidence de cette affection (4 cas pour 10.000 contre 5 en France et 30 à 60 au Pays de Galles et en Irlande).

D'autres études sont attendues afin de confirmer ce résultat. En effet, nombre de biais ont été notés. A côté de la supplémentation des aliments en vitamine B9 d'autres causes pourraient par exemple expliquer la baisse de fréquence du spina bifida aux Etats-Unis. Certaines incertitudes persistent de plus sur les registres de naissance, car les taux de malformations diagnostiquées avant la naissance responsables de décès in utero et de morts-nés n'y figurent pas.

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