Transplantation rénale : oui aux greffons de personnes âgées

Les personnes en insuffisance rénale nécessitant une transplantation sont de plus en plus nombreuses. Le principal problème est le manque de greffons. Une façon d'augmenter leur nombre consisterait à accepter les donneurs âgés. Une nouvelle technique d'évaluation de la qualité des greffons rend désormais possible cette orientation.

3 millions de Français en insuffisance rénale

L'insuffisance rénale touche actuellement 2,8 millions de Français. Mais avec l'augmentation du diabète sucré, de l'hypertension et l'allongement de l'espérance de vie, cette maladie est en forte progression, avec une hausse des cas de 5 à 7% chaque année… Pour quelque 50.000 malades, l'évolution se fera vers une insuffisance réale terminale qui nécessitera un traitement par dialyse ou une greffe rénale. La transplantation rénale a bénéficié des progrès extraordinaires de la recherche médicale et de la générosité des donneurs. Toutefois, le nombre d'interventions reste bien en dessous de la demande, faute de greffons disponibles. Les listes d'attente se sont considérablement allongées. Il existe plusieurs types de donneurs. Parmi les donneurs décédés, on distingue ceux qui sont en état de mort encéphalique et ceux qui sont en arrêt cardiaque et respiratoire. De tels cas sont rares et les conditions techniques de prélèvement sont très précises. Et enfin, les donneurs vivants. Ce sont des personnes en bonne santé ayant la possibilité de donner un organe de leur vivant. Ce sont parfois des proches, jumeau, frère/soeur, père/mère ou encore conjoint.

Transplantation rénale : vers davantage de greffons de meilleure qualité

On comprend que la liste d'attente pour un greffon soit longue. De plus, lorsqu'il ne s'agit pas de donneur vivant, il faut tenir compte de la survie à long terme des greffons. Dans ce domaine, et malgré les progrès considérables, la conservation des greffons rénaux de donneurs âgés est inférieure à celle des greffons de donneurs plus jeunes. Hélas, se tourner davantage vers des donneurs âgés était une piste très intéressante pour augmenter le nombre de greffons disponibles. Pour cela, il aurait fallu rendre plus souples les critères de sélection des reins et tout particulièrement se tourner vers des donneurs marginaux de plus de 60 ans ou atteints de certaines pathologies, comme une hypertension ou un diabète.Mais la médecine n'a pas dit son dernier mot et des chercheurs italiens viennent de proposer une méthode d'évaluation de la qualité des organes des personnes âgées, afin de ne retenir que ceux qui ont les plus grandes chances de survie à long terme. Il s'agit d'un score prédictif de qualité des greffons basé sur une biopsie préalable au prélèvement. Ainsi, un score compris entre 0 et 3 signifie que le rein présente des caractéristiques histologiques suffisamment bonnes pour être greffé seul. Entre 4 et 6, une double transplantation est à prévoir, tandis qu'au-delà de 7, le greffon n'est pas sélectionné. Cette technique a été testée sur 62 patients transplantés à partir de donneurs de plus de 60 ans. Seuls 6% d'entre eux ont évolué vers la dialyse, soit autant que les sujets transplantés avec des greffons plus jeunes. En revanche, 23% de transplantés avec un greffon de donneur de plus de 60 ans et n'ayant pas été contrôlé par cette nouvelle technique, ont évolué vers la dialyse. En conclusion, grâce à cette évaluation histologique, la survie à long terme d'un greffon provenant d'un donneur âgé de plus de 60 ans est très bonne, voire aussi bonne que celle d'un donneur plus jeune. Cette technique devrait contribuer à augmenter la quantité d'organes disponibles, sans diminuer la qualité des transplantations.

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Source : Remuzzi G. et coll., New England Journal of Medicine, 354 : 343-52, 2006.