cgelitti
Portrait de cgelitti

Ma fille avait 11-12 ans lorsqu'elle est devenue anorexique en 2003-2004. Et il nous a fallut longtemps pour arriver à trouver ce qu'elle avait.

Nous pensions qu'elle faisait une dépression ( elle en faisait une effectivement) Mais comment soigner une ado, comment lui faire accepter de consulter un psy. Je me souviens d'avoir appelé à l'aide le centre psychiatrique, d'avoir rencontré le médecin, qui m'avait répondu que si ma fille ne voulait pas consulter, il n'y avait rien à faire, c'était son choix. Nous avons trouvé une supercherie, elle voulait absolument quitter son collège pour un autre. Nous lui avons alors expliqué que nous étions d'accord mais qu'avant nous voulions avoir l'avis d'un psy pour être sûr qu'elle ne retrouverait pas les même problèmes dans un autre collège. A la fin de la consultation non seulement le médecin nous a dit qu'elle devait consulter mais il nous a signalé que son état était sérieux.

Les consultations, traitements ont commencés mais nous la voyions s'étioler, s'isoler, pleurer de plus en plus souvent, avoir des crises d'hyperactivités, d' agressivité avoir de plus en plus souvent mal au ventre, ne pas avoir faim. J'avais beau dire au psychiatre que notre fille n'allait pas bien, ses réponses étaient floues, il fallait que le traitement fonctionne. Nous ne savons pas exactement ce qu'il se passait, parceque comme les droguées, elle avait des tas de truc pour que l'on ne se rende compte de rien. La seule chose qui était certaine notre fille souffrait et rien que ça en temps que parents c'était terrible.

Puis il y a eut des demandes bizarres. Elle m'a parlé de vouloir faire le Ramadan pour soutenir ses copines maghrébines et parceque jeuner était bon pour la santé. Elle a voulu dormir à l'étage pour avoir sa propre salle de bain. D'ailleurs elle passait son temps dans la salle de bain du haut. Elle n'a plus voulu manger de boeuf. Je me souviens mettre agacée auprès du médecin lorsque celui-ci avec un petit sourire en coin m'a dit: j'ai une requète de la part de votre fille a formuler. Elle ne veut plus manger le boeuf...vous savez les goûts d'une personne à l'autre....ce à quoi j'avais répondu que je n'étais pas d'accord. "Mais enfin madame, je ne vois pas où est le problème...elle a le droit de ne pas aimer le boeuf! petit ton exaspéré...Docteur si ma fille arrête de manger du boeuf aujourd'hui, demain ça sera du porc, puis du poulet puis plus de viande du tout." Vous savez les végétariens vivent très bien!" fut sa réponse.

C'était autant de petites ampoules rouges qui s'allumaient. Nous n'arrivions pas à définir ce qui se passait mais nous sentions qu'il y avait autre chose. Et puis un jour après l'avoir entendu monter pour la dixième fois dans la salle de bian de l'étage, je suis allée l'attendre. C'est d'abord son regard hagard, les pupilles dillatés,qui m'a surprit, puis son sursaut de recule quand j'ai voulu la prendre dans mes bras. Elle ressemblait à un petit animal terrifié, paniqué. J'ai enfin réussi a la calmer et tout à coup j'ai compris....Elle se faisait vomir.

Pourquoi, nous n'avons pas de réponses. Elle même ne le sait pas vraiment. Je ne vais pas raconter l'enfer que toute personne en temps que malade ou que parent vit au quotidien. Les milliers de kilomètres parcourus pour trouver une place, quelqu'un de qualifié, une aide....Je me souviens de la dernière consultation avec les psychiatres qui la suivaient dans la région où nous vivions alors." Le cas de votre fille est l'un des plus grave que nous ayons suivi jusqu'à aujourd'hui. Nous ne disons pas qu'elle va en mourir, mais sâchez que dans son cas disons qu'elle a à peu près 30% de chance de s'en sortir. Si elle fait parti de ces 30% n'espérez pas de changement radicale. Si il y a amélioration, il faut compter environ huit années de suivi thérapeutiques, d'hôspitalisations, de rechutes avant d'apercevoir le bout du tunel. Mais de toutes façons elle n'aura jamais plus un rapport normal avec la nourriture et sera anorexique à vie. .C'était en 2009 à la fin d'une Xième hospitalisation et en sortant elle m'avait dit " plus jamais vous ne m'enfermerez dans cet enfer". Nous allions déménager dans une autre région.

La construction de la maison ne l'avait jamais intéressée. La région que nous allions habiter non plus. (nous allions dans le sud ouest) Nous l'avons pour la première fois obligée à nous accompagner pour son inscription au lycée. Je me souviens lorsqu'elle a vu son lycée elle nous a " c'est trop super" Nous n'avons pas relevés, mais venant d'elle c'était très étonnant. Puis nous avons visité la maison, lui avons fait choisir sa chambre,et sommes retourné discuter avec nos futurs voisins."Est-ce que je peux retourner voir ma chambre s'il vous plait?" Nous nous sommes regardé avec mon mari....Et pour la première fois depuis des années nous de nouveau espérés.

Notre fille aujourd'hui va bien. Sa relation avec la nourriture est toujours ambigüe mais combien de femmes ont une relation complexe avec la nourriture?

Son état s'est amélioré assez rapidement. Elle fait des études aujourd'hui à l'étranger et malgré un énorme coup dur l'année dernière, n'a pas replongé.

Souvent je repense à ce déménagement et me dis qu'un an plus tôt, il aurait été trop tôt, un an plus tard...trop tard. Notre miracle nous l'avons eut.

Alors vous qui lisez ces mots...qui êtes dans une profonde détresse, je ne peux rien vous conseiller, je n'ai pas de remède miracle, la seule chose que je peux vous dire "Si c'est arrivé a ma fille, la vôtre peut guérir! et rien que ça c'est important et ça redonne un peu de courage."

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