titidan91
Portrait de cgelitti

Bonjour,

En tant que malade atteint d'un mélanome de stade IV depuis 2 ans, je participe à un protocole de recherche sur une nouvelle molécule (vémurafénib), et je suis donc de près l’actualité sur ce sujet.

Une réalité choquante est en train de se produire. En effet le médicament nommé Yervoy (ipilimumab), qui a reçu une AMM (autorisation de mise sur le marché) par l’ANSM (anciennement AFSSAPS) cette année, n’est pas disponible pour les malades car la sécu considère que le traitement coute trop cher. Certains hôpitaux ont décidé de prendre à leur charge ce traitement, créant une inégalité d’accès aux soins sur le territoire. Un article traitant des nouvelles thérapies dans le traitement du cancer par ‘Le Monde - Techno’ de cette semaine effleure cette problématique (Cf. ref.). Pour les patients, c’est un recul car cette molécule était auparavant disponible via des protocoles d’études ou des ATU financé par le laboratoire.

Je vous écris aujourd’hui, après avec rencontré mon onco-dermatologue qui m’a confirmé ces informations et notifié que les actions qu’elle a conduit avec ses collègues sont restées lettres mortes.

Pour vous situer le contexte, il existe actuellement une chimiothérapie standard appelée dacarbazine. Celle-ci est utilisée depuis plusieurs décennies comme le seul traitement disponible. Les résultats de cette chimio sont très mauvais, un taux de réponse faible et une réponse qui ne dure pas dans temps. Deux nouvelles molécules, le vémurafenib et le Yervoy (ipilimumab) ont reçu leur AMM cette année.

Le vémurafenib exploite une mutation présente dans 50% des cas de mélanome. Cette thérapie ciblée à peu d’effets secondaires et un taux de réponse correcte, elle s’accompagne d’un test de détection de la mutation. Ce traitement se prend sous forme médicamenteux quotidiennement, pour un coût mensuel de 8.000€/10.000€. Malheureusement, ce traitement ne peut être proposé qu’aux patients ayant la mutation. De plus, un phénomène de résistance à ce traitement apparait après un certain temps. Ce traitement est aujourd’hui disponible et pris en charge par la sécu.

Le Yervoy stimule le système immunitaire pour que celui-ci aille détruire les cellules cancéreuses. Le taux de réponse est inférieur à 20%. Les effets secondaires peuvent être très importants et nécessitent un encadrement expérimenté. Par contre, les réponses obtenues sont beaucoup plus durables. Cette drogue est prise sous forme de 3 injections espacées de 4 semaines, pour un coût de 80.000€. Malgré l’AMM, les patients n’y ont pas accès à cause du blocage de la sécu. On leur refuse le dernier espoir de survivre à cette maladie.

Cet exemple particulier reflète en réalité une guerre entre la sécu et les laboratoires. Celle-ci impacte également d’autres molécules innovantes sur d’autre cancer. (Cf. ref.)

J’ai donc démarré une pétition sur internet :

http://www.avaaz.org/fr/petition/Donneznous_acces_aux_nouveaux_traitements_contre_le_cancer

Pouvez-vous relayer cette information et signer cette petition,

Merci d'avance

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Référence :

Societé Française de Pharmacie Oncologique

Les cancérologues inquiets sur les inégalités d’accès aux médicaments innovants (...)

http://www.sfpo.com/spip.php?article156

Le Monde

http://www.lemonde.fr/sciences/article/2012/11/08/l-immunotherapie-une-nouvelle-arme-contre-les-cancers_1787990_1650684.html

« (l'ipilimumab) est aujourd'hui approuvé dans le traitement des mélanomes métastatiques par les agences du médicament américaine et européenne. "Avec l'ipilimumab, la survie des patients est au moins doublée. Chez les répondeurs, cette survie apparaît durable, avec un recul de quatre à cinq ans, se réjouit Céleste Lebbé, onco-dermatologue à l'hôpital Saint-Louis, à Paris. (…)

Pour autant, ce n'est pas la panacée. Le coût initial demandé par le laboratoire (Bristol-Myers Squibb) était si élevé - 80 000 euros par patient - que les négociations avec les autorités sanitaires bloquent. Pour l'heure, l'ipilimumab n'est pas remboursé. Certains hôpitaux français acceptent de le financer, mais beaucoup refusent. »

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