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Portrait de cgelitti
Mes vacances à la clinique.

CHAPITRE 1 : « PRE OP », COMME ILS DISENT?

Voilà c?est fait?

Ben oui, 2 mois de stress, 4 jours d?hospitalisation et je suis à nouveau sur le marché¨ !

Enfin si on considère le fait de rester allongée toute la journée et de trouver une tasse à café vide, trop lourde, comme une chose normale.

Alors voilà, dans le but d?immortaliser ces semaines, j?ai décidé de vous abreuver de mes récits.

Tout a commencé vendredi dernier, 5H00 du matin, clinique de XXXXXX.

« Bonjour Madame, il est l?heure de la douche. Vous avez bien dormi ?

« Un peu court et agité je?.

« - faut prendre la douche à la bétadine maintenant. »

Nous y voilà, ce monde chaleureux de l?hôpital m?avait manqué ! Je m?exécute donc, et traverse tout le couloir avec ma serviette et la fameuse « bétadine » pour aller faire trempette.

Ah, évidement, 65 Euros de supplément par jour pour la chambre particulière ne suffisent

Pas pour avoir une douche dans la chambre. Zut alors,et vive le secteur publique !

Me voilà donc, en grande forme, forte du bouillon insipide bu la veille à 18h30, à astiquer la salle de douche commune à tout le service avant de me laver. Moi qui voulait une chambre particulière pour ne pas partager mes sanitaires, me voilà gâtée !

« Toc, toc?.

- Heu, suis nue?

- C?est l?infirmière, n?oubliez pas les cheveux?et faut tout raser? »

Les cheveux à la bétadine?Une fortune de coiffeur tous les 2 mois, 3 teintes de nuances de mèches, des produits de soin plus coûteux les uns que les autres, et me voilà à laver le tout à la Bétadine.Me voilà ruinée. Maintenant je sais pourquoi ils nous réveillent si tôt avant une intervention, c?est pour que l?on ait le temps de démêler ce qu?il nous reste de cheveux?

Sortie de la salle de douche commune?mémorable : pas de brushing, pas de frange, les fesses à l?air dans la merveilleuse blouse de l?hôpital?Un coup d??il à droite, un autre à gauche, personne en vue, je me lance? Et là, à mi-chemin des portes s?ouvrent, des patients, du personnel, bref, un vrai meeting au milieu du couloir, à 6H00 du matin. Je suis ridiculisée, mais par chance, personne ne me connait?encore.

Notez qu?ils progressent en matière de blouses, elles sont à présent bleues , et seule, une fesse, arrive encore à dépasser derrière. Bon d?accord, elles sont « taille unique », mais si vous faîtes moins de 45 kilos, je vous assure qu?elles sont formidables. Des blouses pour anorexiques. Je tiens un model d?exposition à disposition, ramené tout spécialement pour les curieux.

7H15

« Toc, toc »

Me voilà en route pour le bloc, pilotée par un charmant brancardier aux commandes de mon lit, et là je vous assure, que ce n?est que le début de l?aventure.

2 / le bloc dit « op? » :

L?ascenseur : minuscule?dire que dans grey?s anatomie on peut monter à 15 dedans ! Dans celui là, j?ai cru que le brancardier aller devoir me laisser seule et courir dans les escaliers pour arriver en bas en même temps que moi ! Mais pas du tout, il a été recruté en fonction de son ventre, car en se positionnant bien droit devant le lit, dos à la porte, et en arrêtant de respirer durant toute la descente,il a pu m?accompagner. Bon un peu rouge, mais vivant, en arrivant au sous sol.

La porte s?ouvre?grande inspiration?nous voilà arrivés en enfer. C?est pour cela que l?on opère au sous-sol?l?image est flagrante !

« Voilà Madame, je vous gare ici.

- heu, oui, merci. »

Car c?est le mot exact. Je suis garée, devant une porte automatique qui s?ouvre et se ferme sans arrêt. Là, comme moi, 5 autres patients attendent dans leur lit. Une sorte de gare de triage en quelque sorte. J?attends donc que l?on me donne mon ticket, et là, c?est la suite de mes problèmes capillaires !

En guise de numéro de passage, je suis affublée d?une charlotte. Verte. Pas du tout assortie à la blouse et surtout, surtout, ridicule. Les oreilles qui dépassent.

« - quelqu?un a une glace car je crois avoir la coiffe de travers ? »

Je vois défiler tout le personnel de l?hôpital devant les portes, tous me gratifient d?un généreux

« Bonjour, Madame »

Ou encore,

« Oh, pardon, je ne vous avez pas vu, bonjour Madame «

Je suis verte, comme la charlotte, le seul moment durant lequel je préfèrerais ne pas être trop remarquée se transforme en échange courtois au salon de thé?Ridicule, et oui, encore ! Je veux mes cheveux et mon brushing !!!

Oui, je sais ce que vous pensez, cette fixation sur le capillaire dénote un mal plus profond, et vous avez raison?je suis traumatisée de la frange depuis que l?on m?a dit que j?avais le front de la Joconde.

Je lève la tête?et là?je vois?des charlottes ! Victoire, tous les autres patients sont aussi déguisés, et même le personnel s?affuble de la toc de rigueur.

« - Madame, vous avez l?honneur d?ouvrir le bal, on commence par vous.

- AH bon ? Mais je suis arrivée la dernière.

Là c?est sur, si c?est comme à la caisse ou chez le boucher, je vais me faire lyncher ?

« ça compte pas ça Madame, apparemment ça va être long pour vous, alors,on va commencer tôt.

J?avale ma salive?oups je n?en ai plus?légère bouffée d?angoisse. J?ajuste ma charlotte.

« On va vous mettre là-dessus, c?est un peu froid mais on va vous donner un drap pour vous réchauffer. »

Il me faut me laisser manipuler, à moitié nue, parfaitement valide afin de me mettre sur brancard?

« 1, 2, 3?HAAAAANNNNNNNN. Là, PFFFFF? »

Il a fallu 3 personnes pour l?opération « déplacement de la baleine », et tous on fait le « han » caractéristique d?un effort considérable. Alors, c?est décidé, j?attaque le régime. Je ne me sentais pas particulièrement à mon avantage depuis la douche, mais en plus, maintenant, je me sens grosse !

Le brancard bouge, et je franchis le S.A.S, je suis dans l?antre de la bête?avec ma charlotte.

3/ L?OPERATION :

Je roule encore quelques mètres. 4 salles d?opérations au choix. J?espère vivement ne pas avoir retourner dans celle qui me rappelle de trop mauvais souvenirs.

Je regrette déjà d?avoir pensé cela car nous y entrons directement. Bon, et bien à défaut de mieux considérons cela comme une thérapie !

Alors, je garde vaillamment le sourire. Un peu coincé, d?accord mais je souris. Tout va bien se passer ?Tout est au mieux dans le meilleur des mondes?Zen.

JE VEUX UN DECONTRACTANT !!!!

Me voilà parmi les extra-terrestres. Je comprends à présent le choix de couleur de la charlotte?ici tout lui est assorti. Je suis dans le bain?

« - Bonjour Madame je suis l?assistante du chirurgien, comment allez vous aujourd?hui ?

- ça va, bien, jusqu?ici?

- - Bonjour., oh, mais elle a le sourire, je vais rester auprès de vous durant toute l?intervention.

- Bonjour Madame.

Je fais la maligne et je continue de sourire à tout un défilé de personnes qui viennent me voir, se présenter et me saluer. C?est un choc, je ne m?attendais pas à tant d?humanité, tous sont charmants et naturels, on prend en compte ma présence ! Mieux encore, je suis allongée et n?ai donc qu?une vision très limitée, les visages masqués se succèdent au dessus de moi pour se faire connaître. Incroyable, je suis dans la 4ème dimension?Ou alors c?est parce qu?ils savent que je ne vais pas survivre à la boucherie. C?est ça, c?est clair?Respires, respires

Tout va bien, tout est au mieux dans le meilleur des mondes, Zen?.

JE VEUX RENTRER CHEZ MOI !!!

J?ose une question.

« - Je ne sais toujours pas de quelle façon je vais être anesthésiée?vous savez mes allergies?

- Allergies ? »

Grand silence, la ruche s?arrête et tous s?approchent de moi. « Les oiseaux » de Hitchcock.

Ils regardent mon dossier et se mettent à chuchoter. Glups.

Arrivée de l?anesthésiste. Détendu et sifflotant, lors de notre précédente rencontre nous n?avons pas eu un contact, disons, très cordial.

« - Et alors comme elle va ?

- ?..

- Elle n?est pas trop stressée ?

- ?.

- Elle est bien restée à jeun depuis minuit ?

- ?.

- Bon, parfait, c?est parfait !

- Heu, alors pour l?anesthésie, vous vous êtes accordés avec le chirurgien ? »

Petit cafouillage dans les locaux, les vois s?échanger des regards interrogatifs. Le chirurgien préfèrerait une anesthésie générale, mais son collègue soutient que les douleurs seront plus supportables après si l?on me fait une rachidienne. On m?interroge sur mon choix. Je suis perdue, j?ai le sourire figé qui ne veux pas tomber et j?ai beau chercher, la seule chose que je veuille vraiment c?est ?RESTER EN VIE.

Je suis toujours allongée, on me positionne les bras en croix, ligotée. Une infirmière tente de me poser une voie pour la perfusion.

« serrez bien le point,

- c?est ce que je fais,

- plus fort alors

- faites attention parce que hier?

- Merde, oh, pardon Madame? »

Et oui, la veille la prise de sang, dont je vous ai fait grâce, avait déjà donné lieu à un bel hématome. L?infirmière avait déjà du s?y reprendre à plusieurs fois pour récolter quelques malheureuses gouttes. Mais là, c?est un carnage. La veine a explosée, je saigne abondamment de la main?Elle comprime. Aie?.

« - On va changer de main, je suis désolée Madame.

- Non, je vous en prie, ce n?est pas grave? »

Me revoilà encore à essayer de détendre le personnel, je souris?tout va bien, tout est au mieux dans le meilleur des monde?Zen?.JE VEUX PLUS QUE CETTE FOLLE TOUCHE A MES VEINES !!!!!!Et puis je ne veux pas qu?on change mes mains, les miennes sont très bien, j m?y suis habituée.

Deuxième essai : c?est encore pire, alors on attaque le poignet, et pour cela on retourne au premier côté?raté, encore et toujours raté.

Ils sont 3 à essayer et moi j?ai les mains et les bras, enfin, assortis à ma blouse?

L?assistante commence à stresser.

« - Ben dite donc, elle a déjà toute les veines qui claquent pour la voie centrale, ça promet quand on va ouvrir. Elle a bien sa carte de groupe la dame ? »

Au passage, on a oublié que je pouvais, moi aussi être concernée par ces révélations, et pendant que l?anesthésiste prend le relais et trouve enfin une précieuse veine, l?infirmière prend le téléphone et demande qu?on apporte plus de sang. C?est pas grave, je souris toujours?c?est coincé sur mon visage. AU SECOURS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!¨¨

Le débat sur la meilleure méthode d?anesthésie continue, les uns pensent que la rachi est le seul moyen de supporter le « post op. » sans antalgiques, les autres disent que qu?avec les risques de complications il serait trop risqué de ne pas m?endormir totalement.

Bref, après 30 minutes les bras en croix nue, devant une dizaine de personne, la décision est prise et la rachidienne est faite aussitôt. Oublions la petite piqûre locaux anesthésiante, on enfonce direct la méga aiguille ! Ouf.On y est, ça picote dans les jambes, une sonde urinaire, le champ devant les yeux et en avant. Bon tant pis si c?était pas encore endormi pour la sonde?

L?armée de petits bonshommes verts s?affaire au dessus de mon bidon. Glupssssssss, vomir?..vomir.

-« vom???????..beurkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkkk. »

Trop tard, je me vide comme je peux la tête sur le côté?au grand bonheur de mon copain l?anesthésiste qui prend tout sur les pieds. Je pars, voilà d?où venait toute cette compassion, je commence déjà à mourir?bipppppppppppppppppppppppppppppppppppppp.

« - Vous allez aller mieux Madame, on vous a mis ce qu?il fallait dans la perfusion c?est encore une réaction vagale.

- hummmm??..

- ça va mieux ? »

Mais que veut-il que je lui dise ? Que j?ai une pêche d?enfer ? Que je suis en grande forme ? Non ça ne va pas, dans quelques minutes c?est sûr, je serais morte?et pourtant?

Je souris?Ah ça m?énerve !!!

L?opération suit son cours, au rythme de mes hauts le c?ur. Mon copain d?à côté a mis ses pieds à l?abri et me surveille de derrière, alternant les doses pour arrêter les flots et celles pour ME maintenir à flot. Une gentille dame reste assise auprès de moi et me caresse le visage. Je m?interroge : me prends-t-elle pour son chat ou est-elle vraiment payée pour me papouiller ? Je comprends les dépassements d?honoraires astronomiques que la clinique demande !

Moi qui ne suis pas très contact physique, j?apprécie cependant cette compagnie et pour lui faire plaisir et qu?elle continue de me gratouiller, je ronronne?quand je ne vomis pas.

PAF?un petit jet de sang vient de souiller le drap qui me cache la boucherie. Beurkkk.

« -beurk, je vais encore vommmmmmmmm??..supporte pas la vue du s??? »

Et c?est reparti...alors, la brave dame scotche un petit mouchoir en papier sur le drap pour me cacher cette vue difficile. Elle est adorrrrrrrr pfffffffffff, pffffffff

« - pffffffffsffffffffffffffffsfffffffffffffffffffff

 ah pardon, Madame je vais le recoller »

Le mouchoir en papier me tombe sans arrêt sur le visage et je suis obligée de souffler dessus pour le faire décoller et pour respirer. Peine perdue, il ne veut pas tenir et j?ai beau dire à ma brave copine que je me suis habituée à la tâche, elle s?obstine.

-« ça va vous savez, je me suis habituée à cette vue, c?est pas grave,

- non,non,ma pauvre dame, vous vomissez assez comme ça, je le re scotche.

- je vous assure que ça va mi??..

-SPALCHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH »

Un flot de sang vient de gicler sur le champ (orthographe ?), il est entièrement couvert et dégouline de MON SANG. JE VAIS MOURIR, C?EST LE MOMENT?.l

J?espère que l?infirmière a une boite de mouchoir complète taille maxi, et un rouleau de scotch complet pour essayer de cacher tout ce fluide?je souris pour la rassurer sur mon état, au point ou j?en suis autant qu?elle garde de moi une image positive !

C?est le moment de faire le bilan de ma vie?je me concentre?rien ne vient. Bon allons, l?instant est critique, je pense à ma famille?la liste des courses. Mon pauvre mari va devoir élever nos chers enfants seul?pourvu qu?il ne mette pas mon pull en angora dans la machine.

ARFFF, zut de zut, pas facile de choisir ses dernières pensées ! Je suis assaillie par le quotidien. Pourvu qu?ils m?enlèvent la charlotte quand tout sera fini?

J?attends et rien ne vient, j?ai juste mal car la moitié du personnel présent dans la pièce est venu jouer avec sa pelle et son râteau dans mon ventre.

« - Aie mais que faites vous, ça fait, aie, mal !

- C?est tout collé là dedans Madame, on s?en voit pour enlever les adhérences, mais ça se passe bien, restez calme. »

Du coup, j?ai tellement mal que j?oublie de mourir?peut-être plus tard ?

Je serre les dents, et patiente, longtemps, je me dis que la télé au plafond dans les blocs serait un grand progrès pour la médecine?C?est long?.

La suite, bientôt...

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