Samuel
Portrait de cgelitti
Bonjour à toutes et à tous

J'ai passé plusieurs heures sur ce forum (et d'autres) à lire tous vos messages, certains désespérés et tristes, d'autres plus optimistes. Je voulais vous dire d'aller voir ce que vous pouvez trouver comme document Internet sur VivaGel (malheureusement toute la littérature médicale disponible est en anglais seulement).

En gros: une compagnie pharmaceutique travaille sur un gel (phase 3, donc pré-commercialisation)qui aurait les propriétés de supprimer la charge virale de l'Herpès de façon topique -mais temporaire, pour les porteurs et porteuses vous le restez- mais donc de réduire les risques de transmission au partenaire non atteint. La compagnie vient de signer avec Durex, l'une des plus grandes compagnies de condom au monde: condom + Viva gel réduisant encore plus efficacement les risques de transmission au partenaire. De plus, la compagnie cherche à développer le gel en application seule (un peu comme un spermicide), ce qui pourrait libérer tout les porteurs(euses) de l'herpès du port du condom "à vie" recommandé par les médecins dans une relation à long terme où l'un des deux partenaires n'est pas atteint (et dieu sait que plusieurs chignent au port obligatoire du condom). Bien sur, pour les lésions extérieures aux parties génitale ça ne fait aucun miracle, mais je crois que ça pourra -si le médicament passe la phase 3 et il le devrait, les lectures sont encourageantes- tranquiliser davantage le ou la futur(e) partenaire (sachant que certain(e)s ont le réflexe d'aller lire les pires scénarios et d'angoisser et d'hésiter à entrer dans une relation avec une personne porteuse. C'est bête, c'est triste, mais c'est une réalité.) Parlant d'espoir, j'y reviens plus bas.

Quant au vaccin que certain(e)s attendent, eh bien les lectures sont moins encourageantes. Le vaccin, à l'heure actuelle (après plusieurs années d'études) n'est efficace dans une proportion de 70% QUE chez les femmes (les chercheurs se demandent encore pourquoi les hommes ne réagissent pas) ET que chez celle qui n'ont jamais été atteinte ni du type 1 ni du type 2. Sachant que 50% à 80% de la population est atteinte du type 1 (même sans manifestation) je suis très sceptique quant à l'avenir de ce produit.

Un peu de réalité:

À ma connaissance, je ne suis pas atteinte d'Herpès génital. Par contre, en terme de statistique, les chances sont tout de même assez élevées que je sois porteuse: quiconque a eu plus de 20 relations sexuelles dans sa vie a 80% des chances d'avoir été en contact avec le virus type 2 (j'ai le 1 labial, minuscule bouton qui dure 48 heures, moins d'une fois par année). Je ne panique pas, je ne paranoïe pas, mais je suis sidérée de voir la discordance entre les statistiques (1 femme sur 4 en est atteinte, un homme sur 5) et les moyens disponibles, à l'heure actuelle, pour détecter le virus. Surtout sachant les souffrances physiques et psychologiques qu'il entraîne chez les syptômatiques. Présentement célibataire, j'ai voulu aller faire des tests (sanguins) pour avoir une confirmation ou infirmation des statistiques que je viens de mettre d'avant (et voir si j'étais positive ou non et si je pouvais contaminer un éventuel partenaire ou non), et sur 5 médecins vus, aucun ne me le recommande en l'absence de symptômes typiques (tests sanguins pas 100% fiable, labos pas toujours équipés pour distinguer les 2 types, incapacité de déterminer l'endroit sur le corps l'absence de lésions ). Sachant que 60% des porteurs sont asymptomatiques, je trouve ça débile. La littérature médicale commence à parler de pandémie, et personne ne met à la disposition des gens des moyens efficaces pour se protéger et protéger les autres. Infuriating. Y-a-t-il un pilote à bord de l'avion? Je commence à rêver de créer un groupe de pression. (Quant aux groupes de soutien, heureusement on peut constater qu'ils commencent à poindre, et c'est formidable). Quand je pense que certain(e)s vivront du rejet ou se morfondent dans la honte alors que c'est si répandu, et qu'il y a urgence de dédramatiser, et que beaucoup de gens ne se savent pas atteint (et certains d'entre eux, porteurs, se permettent même de juger), eh bien ça me tue.

Beaucoup de gens, sur différents forums, se demandent comment l'annoncer à son partenaire, expriment des cas de rejet, ou de peur du rejet:

-Avec toutes les lectures que j'ai faite, je ne rejetterais jamais un homme qui me plaît, qui m'annoncerait son herpès. (Je l'ai peut-être moi-même!!) Internet dramatise, certains témoignages bouleversent mais terrorisent, les médecins généralistes disent des âneries pour la plupart (je pourrais monter un autre sujet dans ce forum rien qu'avec les réponses idiotes et erronées qu'on m'a données lorsque j'ai voulu me renseigner, sans parler des quelques encyclos familiales disponibles en librairie qui fournissent des informations erronnées tels que : le risque de contagion est NUL en-dehors des poussées, l'herpès s'attrappe avec un gant de toilette ou aux chiottes). Vraiment, quel horrible manque d'information ...

-Peut-on faire confiance à son système immunitaire, un peu? Bien sûr, il faut faire attention aux ITS en général et se protéger) mais il faut aussi savoir que des millions de personnes ont été en contact avec le virus sans nécessairement devenir porteurs pour autant. (Oui, c'est d'une injustice crasse... Quelle maladie inégale et imprévisible) J'ai beaucoup de chance avec mon herpès labial: il est tellement minuscule que personne ne le remarque, et il se présente rarement. J'ai de bons anticorps. Je ne suis pas la seule sur terre. Alors si jamais un éventuel partenaire hésite à entrer dans une relation avec vous, eh bien c'est bon de le rappeler.

-Être déjà porteur d'un type (1 ou 2) protège un peu plus contre l'autre (littérature médicale contradictoire mais sources fiables l'écrivent noir sur blanc) puisque les 2 types ont 50% en commun,et que l'organisme a déjà développé des anti-corps pour l'un des types présent. Alors rebelote, c'est bon de sensibiliser le futur partenaire à ce sujet (sachant, encore, que 50% à 80% est porteur du type 1)... Pas de garantie totale, la co-existence des deux types existe, mais un point positif de plus. (Espoir, optimisme vs scénario-catastrophe svp)

-Les antiviraux oraux disponibles sur le marché réduisent jusqu'à 50% le risque de contagion en-dehors des poussées, déjà très faible.

Un homme, sur un autre forum, hésitait à entrer avec une femme atteinte d'herpès génital parce que le risque zéro n'existe pas selon la littérature médicale. Je crois que c'est cette histoire qui m'a bouleversée et me pousse à écrire un si long sujet aujourd'hui. J'étais vraiment triste pour lui et surtout pour la femme qu'il aimait. Il avait l'impression de jouer à la roulette russe. La roulette russe? En 2008, le risque zéro n'existe plus. Quiconque a une vie sexuelle active est à risques. Imaginez qu'il rejette cette femme, pour tomber ensuite sur une porteuse asymptomatique qui lui file finalement l'herpès? Le fait de se SAVOIR porteur est déjà une grande précaution en soi, dès qu'on est responsable et honnête envers son prochain. Pour moi, ça réduit AU CONTRAIRE le risque de jouer à la roulette russe.

Alors voilà, bonne chance à toutes et à tous... Surtout ceux et celles qui ont des symptômes très forts... Ça m'a vraiment chavirée, certains témoignages. La recherche médicale continue, mais l'herpes, ce n'est qu'une maladie. Pas un sujet de honte. Il faut informer les gens, crever cet aura de honte qui n'a AUCUNE raison d'être... Désolée pour ce long post, mais vraiment, je crois qu'il y a urgence en matière de soutien, de sensibilisation, et de dédramatisation (les symptômes physique ont l'air de déjà faire suffisamment mal comme ça).

Alors voilà. Bonne journée à tous.

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