Faire face à la maladie d'Alzheimer
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J'oublie tout, c'est normal docteur ?

Le point de vue du docteur Bernard Dubois, professeur de neurologie à la Pitié Salpetrière (Paris). Nous avons tous tendance à perdre la mémoire... Pas de panique, rien à voir entre nos oublis de tous les jours et les troubles liés la maladie d'Alzheimer !Quels sont les premiers symptômes de la maladie d'Alzheimer ?Pr. Dubois : « Il faut attendre vingt à vingt-cinq ans pour que les premiers symptômes montrent le bout de leur nez. Les plus connus sont les troubles de la mémoire. Mais attention, il ne s'agit pas d'avoir perdu ses clefs ou sa paire de lunettes, de ne plus se souvenir d'un nom ou de ne pas retrouver un mot de temps en temps. Les pertes mnésiques qui doivent alerter l'entourage sont d'un tout autre ordre. Lorsque le malade oubli un événement familial de première importance par exemple (mariage, deuil...), se perd sur un trajet qu'il connaissait depuis toujours, ne sait plus comment se servir d'un couteau ou ne parvient plus à s'orienter dans son quartier. Des problèmes de langage, le recours quasi systématique à des circonlocutions ou une perte de poids visible peuvent aussi mettre la puce à l'oreille. Certaines personnes ne pensent plus à se nourrir ».A qui s'adresser ?Pr. Dubois : « La plupart des médecins généralistes sont encore très mal formés au diagnostic et à la prise en charge de cette maladie. Résultat, en Ile-de-France, moins de 50% des malades sont diagnostiqués et seul 18% d'entre eux sont traités. L'idéal, c'est de prendre rendez-vous dans un service de consultation pour la mémoire où se relayent des équipes pluridisciplinaires (neurologue, neuropsychologue, psychiatre, assistante sociale...). Elles sont rôdées à l'approche de la pathologie et sont souvent les seules à pouvoir faire un diagnostic complet ».Quels sont les espoirs de traitements ?Pr. Dubois : « C'est la maladie contre laquelle on a le plus progresser au cours de ces dix dernières années. On sait déjà en guérir les rongeurs. Notre dernière tentative de vaccin a échoué... mais les essais vont reprendre et j'ai l'espoir que nous parvenions rapidement à des résultats significatifs ! ».

Quid des aides principales

  • L'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie) : le dossier de demande de cette aide doit être retiré au Centre communal d'action sociale, d'un service d'aide à domicile agréé, des services du Conseil Général ou d'un CLIC (Centre local d'information et de coordination). Son montant se calcule en fonction du degré de la perte d'autonomie du malade. Elle oscille entre 473,33 euros et 1106,77 euros par mois.
  • L'aide sociale : elle est destinée aux personnes qui ont des ressources insuffisantes pour s'offrir les prestations qu'implique leur état. Il s'agit la plupart du temps d'un prêt recouvré sur les biens immobiliers du demandeur par le biais d'une hypothèque sur la succession. Il faut en faire la demande auprès de son Centre communal d'action sociale (CCAS). Les sommes versées sont variables. Les prestations fournies peuvent être, quant à elles, de l'ordre de l'aide à domicile (ménagère ou médicale) ou de la pris en charge des frais de séjour dans un établissement habilité.
  • Prise en charge des frais d'Assurance maladie : la maladie d'Alzheimer figure parmi les trente groupes d'« affection longue durée » donnant lieu à l'exonération du ticket modérateur, donc au remboursement à 100% des dépenses de soins et de médicaments qui y sont liés. Sont ainsi totalement pris en charge les consultations ou bilans médicaux du patient, certains actes paramédicaux (kinésithérapie, orthophonie...), la location ou l'achat d'appareillages spécifiques (lit clinique, matelas anti-escarres, canne, fauteuil roulant...), ainsi que le coût des hospitalisations de plus de trente jours. Etre reconnu en affection longue durée dispense également souvent de rembourser un crédit en cours et peut permettre au conjoint de toucher une éventuelle prime d'assurance vie du vivant du malade.
  • La carte d'invalidité : attribuée à toute personne dont le taux d'incapacité est estimé supérieur ou égal à 80%, elle donne droit à des avantages fiscaux (abattements d'impôts, dégrèvements sur les taxes d'habitation et foncières...) et à de nombreux petits plus bien pratiques, comme l'accès à des places prioritaires dans les transports en commun. La demande de cette carte doit être faite auprès du bureau d'aide sociale de votre mairie.
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Source : Vivre Plus n°29.