ESMERON 10 mg/ml, solution injectable

source: ANSM - Mis à jour le : 17/02/2021

1. DENOMINATION DU MEDICAMENT

ESMERON 10 mg/mL, solution injectable

2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE

Bromure de rocuronium ....................................................................................................... 10,0 mg

Pour 1 mL.

Chaque flacon de 2,5 mL contient 25 mg de bromure de rocuronium.

Chaque flacon de 5 mL contient 50 mg de bromure de rocuronium.

Chaque flacon de 10 mL contient 100 mg de bromure de rocuronium.

Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.

3. FORME PHARMACEUTIQUE

Solution injectable.

pH de la solution : 3,8 à 4,2.

4. DONNEES CLINIQUES

4.1. Indications thérapeutiques  

Le bromure de rocuronium est indiqué chez l'adulte et l’enfant (du nouveau-né à l'adolescent [0 à < 18 ans]) comme adjuvant de l’anesthésie générale, pour faciliter l’intubation trachéale au cours de l’induction de routine et assurer la relaxation musculaire au cours de l'acte chirurgical. Chez l'adulte, le bromure de rocuronium est aussi indiqué pour faciliter l'intubation trachéale au cours de l’induction à séquence rapide et comme adjuvant en unité de soin intensif pour faciliter l'intubation et la ventilation mécanique.

4.2. Posologie et mode d'administration  

Le bromure de rocuronium ne doit être administré que par des anesthésistes ou des praticiens familiarisés avec l’utilisation et l’action des curares ou sous leur contrôle. Du matériel d’intubation trachéale, d’assistance respiratoire, d’oxygénation et de monitorage instrumental de la curarisation doivent être disponibles.

Mode d’administration

Le bromure de rocuronium doit être administré par voie intraveineuse, en bolus ou en perfusion continue (voir aussi rubrique 6.6).

Le bromure de rocuronium doit être employé sous contrôle d’un monitorage instrumental de la curarisation estimant le degré de relâchement musculaire pendant l’injection et à l’arrêt du traitement afin d’évaluer le niveau de récupération du bloc neuromusculaire dans le but notamment de poser l’indication éventuelle d’une décurarisation pharmacologique.

Posologie

Comme avec tous les autres curarisants, la posologie du bromure de rocuronium doit être adaptée à chaque patient. Elle dépend de la méthode d’anesthésie associée (avec ou sans agent anesthésique halogéné), du type de chirurgie (niveau du blocage neuromusculaire requis), de la durée présumée de l’intervention, des interactions éventuelles avec d’autres médicaments administrés avant ou pendant l’anesthésie et du statut pathologique du patient (insuffisance rénale et/ou hépatique en particulier). L’utilisation d’un monitorage instrumental de la curarisation est recommandée lors du blocage neuromusculaire et de la phase de décurarisation (voir rubrique 4.4).

Les anesthésiques volatils potentialisent l’action des myorelaxants non dépolarisants tels que le bromure de rocuronium. Cette potentialisation ne devient cliniquement significative au cours de l’anesthésie que lorsque les anesthésiques volatils ont atteint une certaine concentration tissulaire.

Il est donc conseillé d’ajuster les doses de bromure de rocuronium en diminuant les doses d’entretien, en espaçant les intervalles d’administration ou en diminuant la vitesse de perfusion au cours des interventions chirurgicales longues (supérieures à 1 heure) où de tels anesthésiques sont utilisés (voir rubrique 4.5).

Adultes

Les posologies suivantes sont proposées à titre indicatif. Elles donnent les doses de bromure de rocuronium à injecter pour l’intubation trachéale et pour obtenir une relaxation musculaire satisfaisante en chirurgie de courte à longue durée. Elles doivent être adaptées à chaque patient en fonction des données fournies par le monitorage instrumental de la curarisation.

Intubation trachéale

La dose d’intubation de 0,6 mg de bromure de rocuronium par kg permet d’intuber la plupart des patients en 60 secondes.

Fortes doses

S’il s’avère nécessaire d’utiliser des doses plus importantes chez certains patients, des doses initiales allant jusqu’à 2 mg/kg de bromure de rocuronium ont été administrées en chirurgie sans qu’il ne soit rapporté d’effets indésirables cardiovasculaires. L’administration de ces doses élevées de bromure de rocuronium diminue le délai d’action et augmente la durée d’action (voir rubrique 5.1).

Dose d’entretien

La dose d’entretien recommandée est de 0,15 mg de bromure de rocuronium par kg ; lors de l’utilisation au long cours d’anesthésiques volatils, la dose est ramenée de 0,075 à 0,1 mg/kg. Il est préférable d’administrer ces doses d’entretien lorsque la réponse musculaire à une stimulation-test unique (« single twitch ») est revenue à 25% de la réponse de contrôle (« twitch de contrôle ») ou lorsqu’apparaissent 2 ou 3 réponses au train‑de‑quatre.

Perfusion continue

Après une dose d’intubation de 0,6 mg/kg de bromure de rocuronium, une perfusion continue peut être mise en route lorsque le bloc neuromusculaire induit par la dose d’intubation commence spontanément à régresser. Le débit de la perfusion doit être ajusté de façon à maintenir une réponse au « single twitch » à 10 % par rapport au « twitch de contrôle » ou 1 ou 2 réponses au train-de-quatre. Chez l’adulte, le débit de la perfusion est de 0,3 à 0,6 mg/kg/h sous anesthésie intraveineuse et de 0,3 à 0,4 mg/kg/h sous halogénés pour maintenir ce niveau de blocage neuromusculaire.

Il est essentiel de surveiller en permanence le blocage neuromusculaire du fait de la variabilité des posologies d’un patient à un autre et selon la méthode d’anesthésie utilisée.

Population pédiatrique

Chez le nouveau-né (0‑27 jours), le nourrisson (28 jours‑2 mois), le tout-petit (3‑23 mois), l’enfant (2‑11 ans) et l’adolescent (12‑17 ans), la dose d’intubation recommandée au cours d’une anesthésie de routine et la dose d’entretien sont similaires à celles recommandées chez l’adulte.

Cependant, la durée d'action de l’injection d'une dose d'intubation sera plus longue chez le nouveau-né et le nourrisson que chez l'enfant (voir rubrique 5.1).

En perfusion continue, les vitesses de perfusion sont les mêmes que chez l’adulte, sauf pour l’enfant (de 2 à 11 ans). Chez l’enfant âgé de 2 à 11 ans, des vitesses de perfusion plus élevées peuvent être nécessaires.

Ainsi, chez l’enfant de 2 à 11 ans, les mêmes vitesses de perfusion initiales que chez l’adulte sont recommandées, mais elles doivent être ajustées pour maintenir une réponse au twitch à 10% du twitch de contrôle ou pour maintenir 1 à 2 réponses à la stimulation au train‑de‑quatre pendant l’acte.

En pédiatrie, l'expérience avec le bromure de rocuronium en induction à séquence rapide est limitée. En conséquence, le bromure de rocuronium n'est pas recommandé pour faciliter l'intubation trachéale au cours d'une induction à séquence rapide dans la population pédiatrique.

Utilisation en gériatrie, chez les patients insuffisants hépato-biliaires ou rénaux

La dose d’intubation pour ces patients est la dose standard de 0,6 mg/kg. La dose d’entretien est de 0,075 à 0,1 mg/kg et le débit de perfusion de 0,3 à 0,4 mg/kg/h (voir perfusion continue) (voir également rubrique 4.4).

Utilisation chez le patient à surcharge pondérale ou obèse

Chez le patient avec surcharge pondérale ou chez le patient obèse (poids corporel supérieur à 30 % ou plus par rapport au poids idéal), les doses doivent être réduites en se basant sur le poids théorique.

4.3. Contre-indications  

Hypersensibilité au rocuronium, à l’ion bromure ou à l’un des excipients mentionnés à la rubrique 6.1.

4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi  

Chaque flacon de bromure de rocuronium est à usage unique et réservé à un seul patient.

Le bromure de rocuronium entraînant une paralysie des muscles respiratoires, il est obligatoire d’avoir recours à une ventilation assistée chez les patients traités par ce médicament jusqu’à décurarisation complète estimée par des tests instrumentaux et cliniques (monitorage de la curarisation). En cas de difficultés de contrôle des voies aériennes (difficultés d’intubation, ventilation au masque impossible notamment) après l’administration de rocuronium, l’utilisation de sugammadex à dose adaptée peut être envisagée.

Comme avec tous les curares non dépolarisants, une curarisation résiduelle a été rapportée avec le bromure de rocuronium. Afin de prévenir les complications liées à la curarisation résiduelle, il est recommandé de procéder à l’extubation seulement après que le patient ait suffisamment récupéré du bloc neuromusculaire. Les patients âgés (65 ans ou plus) peuvent présenter un risque accru de bloc neuromusculaire résiduel. Les autres facteurs pouvant être à l’origine d’une curarisation résiduelle après le retrait de la sonde d’intubation de la trachée (comme certaines interactions médicamenteuses ou l’état du patient) doivent être pris en considération. L’utilisation d’un agent décurarisant (néostigmine ou sugammadex) est indiquée en cas de curarisation résiduelle. Les modalités d’administration de ces agents décurarisants sont guidées par le monitorage instrumental de la curarisation (voir rubriques 4.9 et 5.1).

Des réactions anaphylactiques après administration de curares ont été décrites. Bien que celles-ci ne se produisent que très rarement avec le bromure de rocuronium, il est nécessaire d’évoquer leur survenue éventuelle et de prendre les mesures adéquates. Il convient de prendre des précautions particulières en cas d’antécédents connus de réactions anaphylactiques aux curares, une réactivité allergique croisée pouvant se produire avec ces agents.

Généralement, après utilisation sur une longue durée de myorelaxants en unité de soins intensifs, des paralysies prolongées et/ou une faiblesse des muscles striés ont été notées. Afin de prévenir une prolongation possible du bloc neuromusculaire et/ou un surdosage, il est fortement recommandé d’utiliser un monitorage expérimental de la curarisation tout au long de l’utilisation des myorelaxants dans le contexte de la réanimation. De plus, les patients doivent recevoir une analgésie adaptée et être sédatés. Enfin, la dose de myorelaxant doit être ajustée individuellement pour chaque patient par un praticien expérimenté familiarisé avec leur action et avec les techniques appropriées de monitorage du bloc neuromusculaire, ou sous son contrôle.

Des myopathies ont été fréquemment rapportées après l’administration au long cours, dans les unités de soins intensifs, de curares non dépolarisants associés à une corticothérapie. Par conséquent, chez les patients recevant à la fois des myorelaxants et des corticoïdes, la durée d’utilisation du myorelaxant doit être la plus courte possible(voir rubrique 4.5).

En cas d’utilisation de suxaméthonium pour l’intubation, l’administration de bromure de rocuronium doit être retardée jusqu’à décurarisation clinique du bloc neuromusculaire induit par le suxaméthonium.

Le bromure de rocuronium étant toujours utilisé avec d’autres médicaments et à cause du risque d’hyperthermie maligne pendant l’anesthésie, les médecins doivent avoir connaissance des symptômes précoces, du diagnostic de confirmation et du traitement de l’hyperthermie maligne avant le début de l’anesthésie, même en l’absence de facteurs déclenchants connus. Des études chez l’animal ont montré que le bromure de rocuronium n’est pas un facteur déclenchant d’hyperthermie maligne. De rares cas d’hyperthermie maligne ont été observés avec ESMERON dans le cadre de la surveillance post-commercialisation ; cependant, aucun lien de causalité n’a été mis en évidence.

Les affections suivantes peuvent modifier les caractéristiques pharmacocinétiques et/ou pharmacodynamiques du bromure de rocuronium :

Atteinte hépatique et/ou des voies biliaires et insuffisance rénale

L’élimination du bromure de rocuronium étant urinaire et biliaire, il doit être utilisé avec précaution chez les patients présentant une atteinte hépatique et/ou des voies biliaires cliniquement significative et/ou une insuffisance rénale. Chez ces patients, une prolongation de l’action a été observée avec des doses de 0,6 mg de bromure de rocuronium par kg. Il n’y a pas de données chez les patients insuffisants hépatiques sévères.

Anomalies circulatoires

Lorsqu’il existe un allongement du temps de circulation (maladies cardiovasculaires, sénescence, états œdémateux avec augmentation du volume de distribution), il peut y avoir une augmentation du délai d’action.

Affections neuromusculaires

Comme avec les autres curares non dépolarisants, le bromure de rocuronium doit être utilisé avec prudence chez les patients atteints d’affections neuromusculaires (myasthénie), musculaire (myopathie) ou en présence d’une séquelle motrice (parésie, plégie) à distance d’un accident aigu (traumatisme médullaire, poliomyélite, immobilisation prolongée notamment). Dans ces cas, la réponse aux curares non dépolarisants peut être modifiée. L’importance et la nature de ces changements sont variables. Chez les patients souffrant de myasthénie, de syndrome myasthénique (Lambert-Eaton) ou de myopathie, la sensibilité au bromure de rocuronium est augmentée (réduction des besoins). En cas de séquelle motrice, il existe une diminution de la sensibilité du territoire concerné (augmentation des besoins). En cas d’utilisation du bromure de rocuronium dans ces situations, il est recommandé de titrer la dose à l’aide d’un monitorage instrumental de la curarisation.

Hypothermie

Comme avec tous les curares non dépolarisants, l’hypothermie potentialise l’effet de blocage neuromusculaire du bromure de rocuronium. Le monitorage instrumental de la curarisation permet d’évaluer cette interaction.

Utilisation chez le patient à surcharge pondérale ou obèse

Comme avec tous les curares non dépolarisants, un allongement de la durée d’action peut être observé lors de l’utilisation du bromure de rocuronium chez les patients obèses lorsque la dose est calculée sur le poids réel.

Chez le patient avec surcharge pondérale ou chez le patient obèse (excès de poids supérieur à 30 % ou plus par rapport au poids idéal) les doses doivent être réduites en se basant sur le poids théorique.

Brûlés

Ces patients développent généralement une résistance aux curares non dépolarisants. Il convient donc d’ajuster la posologie du bromure de rocuronium en fonction de la réponse.

Conditions pouvant augmenter les effets du bromure de rocuronium

Hypokaliémie (par exemple après des vomissements importants, des diarrhées ou un traitement diurétique), hypermagnésémie, hypocalcémie (après des transfusions massives), hypoprotidémie, déshydratation, acidose et hypercapnie.

Des perturbations électrolytiques significatives, des modifications du pH sanguin ou une déshydratation doivent donc être corrigées dans la mesure du possible.

Chez les patients recevant du sulfate de magnésium, la posologie du bromure de rocuronium doit être réduite et adaptée en fonction des données du monitorage instrumental de la curarisation.

Sodium

Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par flacon, c’est-à-dire qu’il est essentiellement « sans sodium ».

4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions  

Certaines substances peuvent modifier l’intensité et/ou la durée de l’effet des curares non dépolarisants.

Potentialisation de l’effet

·Les anesthésiques inhalés halogénés potentialisent le bloc neuromusculaire induit par le bromure de rocuronium. Cet effet ne se manifeste qu’avec les doses d’entretien (voir rubrique 4.2). L’inversion du bloc neuromusculaire avec les inhibiteurs de l'acétylcholinestérase peut également être inhibée.

·Après intubation avec le suxaméthonium (voir rubrique 4.4).

·La co-administration prolongée de corticoïdes et de bromure de rocuronium en unité de soins intensifs peut provoquer une prolongation du bloc neuromusculaire ou une myopathie (voir aussi rubriques 4.4 et 4.8).

·Autres médicaments :

oAntibiotiques : aminosides, lincosamides et polymyxines, pénicillines.

oDiurétiques, quinidine et son isomère la quinine, sels de magnésium, inhibiteurs calciques, sels de lithium, anesthésiques locaux (lidocaïne IV, bupivacaïne en épidurale) et administration de charge de phénitoïne ou d’agents β-bloquants.

Une recurarisation a été observée après l’administration post-opératoire de : aminosides, lincosamides, polymyxines et pénicillines, quinidine, quinine et sels de magnésium (voir rubrique 4.4).

Diminution de l’effet

Administration préalable chronique de phénytoïne ou de carbamazépine.

Effet variable

L’administration d’autres curares non dépolarisants avec le bromure de rocuronium peut provoquer une atténuation ou une potentialisation du bloc neuromusculaire, en fonction de l’ordre d’administration et du curare utilisé.

Le suxaméthonium administré après le bromure de rocuronium peut potentialiser ou atténuer l’effet de blocage neuromusculaire du bromure de rocuronium.

Effets d’ESMERON sur les autres médicaments

La co-administration de lidocaïne et de bromure de rocuronium peut réduire le délai d’action de la lidocaïne.

Population pédiatrique

Aucune étude formelle d’interaction n’a été réalisée. Les interactions mentionnées ci-dessus chez l’adulte ainsi que les mises en garde spéciales et précautions d’emploi (voir rubrique 4.4) doivent également être prises en compte pour la population pédiatrique.

4.6. Fertilité, grossesse et allaitement  

Grossesse

Il n’y a pas de données suffisantes concernant l’utilisation d’ESMERON chez la femme enceinte.

Les études pré-cliniques concernant les effets sur le développement embryo-fœtal, la mise bas et le développement post-natal sont insuffisantes (voir rubrique 5.3).

Par mesure de prudence, ESMERON ne doit pas être utilisé pendant la grossesse.

Allaitement

En absence de données sur le passage dans le lait maternel, après l’administration d’une dose unique, il est recommandé de suspendre l’allaitement pendant 5 demi-vies d’élimination du rocuronium, soit environ 6 heures.

4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines  

Etant donné que le bromure de rocuronium est utilisé comme adjuvant de l’anesthésie générale, les précautions habituelles après une anesthésie générale doivent être prises pour les patients ambulatoires.

4.8. Effets indésirables  

Les effets indésirables les plus fréquents incluent des réactions/douleurs au site d’injection, des modifications des signes vitaux et un bloc neuromusculaire prolongé. Les effets indésirables sévères les plus fréquemment rencontrés au cours de la surveillance depuis la commercialisation ont été des réactions anaphylactiques et anaphylactoïdes et symptômes associés. (Voir également les explications après le tableau.)

Classes de système d’organe MedDRA

Terme préféré1

Affections du système immunitaire

Hypersensibilité

Réaction anaphylactique

Réaction anaphylactoïde

Choc anaphylactique

Choc anaphylactoïde

Affections du système nerveux

Paralysie flasque

Affections cardiaques

Tachycardie

Syndrome de Kounis

Affections vasculaires

Hypotension

Collapsus cardio-vasculaire

Choc

Bouffées vasomotrices

Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales

Bronchospasme

Affections de la peau et du tissu sous-cutané

Œdème angioneurotique

Urticaire

Rash

Rash érythémateux

Affections musculo-squelettiques et du tissu conjonctif

Faiblesse musculaire2

Myopathie stéroïde2

Troubles généraux et anomalies au site d’administration

Inefficacité

Diminution de l’effet/réponse thérapeutique

Augmentation de l’effet/réponse thérapeutique

Œdème de la face

Douleur au site d’injection

Réaction au site d’injection

Lésions, intoxications et complications liées aux procédures

Bloc neuromusculaire prolongé

Allongement du délai de récupération après l’anesthésie

Complication respiratoire de l’anesthésie

MedDRA version 11.0

1 Fréquences indéterminées

² Après utilisation au long cours en unités de soins intensifs

Bloc neuromusculaire prolongé

L’effet indésirable le plus fréquent des médicaments de la classe des myorelaxants non dépolarisants est la curarisation résiduelle. Ceci peut aller d’une faiblesse des muscles striés à un bloc neuromusculaire profond et prolongé aboutissant à une insuffisance respiratoire ou une apnée par obstruction des voies aériennes supérieures.

Myopathie

Quelques cas de myopathie ont été rapportés lors de l’utilisation de divers myorelaxants en unité de soins intensifs en association avec des corticoïdes (voir rubrique 4.4).

Réactions anaphylactiques

Bien que très rares, des réactions anaphylactiques graves ont été décrites pour l’ensemble des myorelaxants y compris le bromure de rocuronium. Ces réactions ont conduit dans certains cas au décès. A cause de leur sévérité potentielle, il est nécessaire d’évoquer leur survenue éventuelle et de prendre les précautions adéquates.

Libération d’histamine et réactions histaminoïdes

Les myorelaxants peuvent induire une libération d’histamine, à la fois aux niveaux local et systémique. De ce fait, il est possible qu’un prurit et des réactions érythémateuses apparaissent au site d’injection et/ou que des réactions histaminoïdes (anaphylactoïdes) systémiques telles que des bronchospasmes et des troubles cardio-vasculaires à type d’hypotension ou de tachycardie se produisent après l’administration de ces médicaments.

Dans les études cliniques, de légères élévations des taux plasmatiques moyens d’histamine ont été relevées après l’injection rapide de bromure de rocuronium en bolus à des doses de 0,3 à 0,9 mg/kg.

Population pédiatrique

Dans une méta-analyse portant sur 11 études cliniques dans la population pédiatrique (n = 704) avec le bromure de rocuronium (jusqu’à 1 mg/kg), la tachycardie a été identifiée comme effet indésirable avec une fréquence de 1,4 %.

Déclaration des effets indésirables suspectés

La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Les professionnels de santé déclarent tout effet indésirable suspecté via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet :www.signalement-sante.gouv.fr.

4.9. Surdosage  

En cas de surdosage et curarisation prolongés, le patient doit être maintenu sous ventilation assistée avec une sédation adaptée. Dans cette situation, il y a deux options pour la décurarisation du bloc neuromusculaire : (1) Le sugammadex peut être utilisé pour décurariser un bloc profond. La dose de sugammadex à administrer dépend du degré du bloc neuromusculaire. (2) La néostigmine (inhibiteur de l’acétylcholinestérase) ne peut être utilisé qu’après le début de la décurarisation spontanée significatif et doit être administré à dose appropriée. Cette administration est guidée par les données fournies par le monitorage instrumental de la curarisation avec notamment la présence de 4 réponses franches à l’adducteur du pouce après une stimulation en train de quatre.

L’efficacité de cette décurarisation pharmacologique avec la néostigmine ou le sugammadex est évaluée par le monitorage instrumental de la curarisation. En cas d’inefficacité, le retrait de la sonde d’intubation de la trachée sera différée et la ventilation assistée maintenue jusqu’à la restauration d’une force musculaire normale.

Dans l’éventualité où l’administration de l’inhibiteur de l’acétylcholinestérase n’inhiberait pas les effets curarisants du bromure de rocuronium, la ventilation assistée devra être maintenue jusqu’à la restauration de la respiration spontanée.

L’administration répétée d’un inhibiteur de l’acétylcholinestérase peut être dangereuse.

5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES

5.1. Propriétés pharmacodynamiques  

Classe pharmacothérapeutique : MYORELAXANT, Agent à action périphérique, code ATC : M03AC09.

Mécanisme d’action

Le bromure de rocuronium est un myorelaxant non dépolarisant d’action rapide et de durée d’action intermédiaire, qui possède toutes les propriétés pharmacologiques propres à cette classe thérapeutique (curares). Il agit en se fixant, par un phénomène de compétition, sur les récepteurs cholinergiques nicotiniques de la plaque motrice. Cette action est contrecarrée par les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase tels que la néostigmine, l’édrophonium ou la pyridostigmine.

Effets pharmacodynamiques

La DE90 (dose nécessaire pour déprimer 90% de la réponse du « twitch », mesurée au niveau du pouce lors de la stimulation du nerf cubital) au cours d’une anesthésie balancée est d’environ 0,3 mg/kg. Chez le nourrisson, la DE95 est plus faible que chez l’enfant et l’adulte (respectivement 0,25, 0,35 et 0,40).

La durée d’action clinique (c’est-à-dire le temps nécessaire pour obtenir une récupération de 25% de la hauteur du « twitch de contrôle ») est de 30 à 40 minutes après administration de 0,6 mg/kg de bromure de rocuronium. La durée d’action totale (temps nécessaire pour une récupération de 90% de la hauteur du « twitch de contrôle ») est de 50 minutes.

Après administration d’un bolus de 0,6 mg de bromure de rocuronium, le délai moyen pour que la récupération spontanée passe de 25 à 75% du « twitch » (index de récupération) est de 14 minutes.

Avec des doses plus faibles de bromure de rocuronium, comprises entre 0,3 et 0,45 mg/kg (1 à 1,5 x DE90), le bloc survient moins rapidement et sa durée est raccourcie.

Avec des doses élevées de 2 mg/kg, la durée d’action clinique est de 110 minutes.

Intubation en anesthésie de routine

L’injection intraveineuse d’une dose de 0,6 mg/kg de bromure de rocuronium (2x DE90 sous anesthésie balancée) permet d’obtenir des conditions d’intubation trachéale correctes en 60 secondes chez pratiquement tous les patients ; ces conditions sont excellentes chez 80% des patients. A cette même dose, une curarisation compatible avec n’importe quel type de chirurgie est obtenue en 2 minutes.

L’administration de 0,45 mg/kg de bromure de rocuronium permet d’obtenir des conditions d’intubation acceptables en 90 secondes.

Population pédiatrique

Le délai d’action moyen chez le nourrisson, le tout-petit et l’enfant après une dose d’intubation de 0,6 mg/kg est plus court que chez l’adulte. La comparaison entre les groupes d’âge pédiatriques montre que le délai d’action moyen chez le nouveau-né et l’adolescent (1,0 min) est légèrement plus long que chez le nourrisson, le tout-petit et l’enfant (respectivement 0,4, 0,6 et 0,8 min). Le délai de récupération est plus court chez l’enfant de plus d’un an que chez le nourrisson et l’adulte. La comparaison entre les groupes d’âge pédiatrique a montré que le délai moyen de réapparition de T3 était prolongé chez le nouveau-né à terme et le nourrisson (respectivement 56,7 et 60,7 min) par rapport au tout-petit, à l’enfant et à l’adolescent (respectivement 45,4, 37,6 et 42,9 min).

Délai d'action moyen et durée d'action clinique après une dose d'intubation initiale de 0,6mg/kg de bromure de rocuronium* sous anesthésie au sevoflurane/protoxyde d'azote et au isoflurane/protoxyde d'azote (en phase d'entretien) chez la population pédiatrique (groupe PP)

Délai pour obtenir un bloc maximal **

(min)

Délai de réapparition de T3**

(min)

Nouveau-nés (0-27 jours)

n = 10

0,98 (0,62)

56,69 (37,04)

n = 9

Nourrissons (28 jours-2mois)

n = 11

0,44 (0,19)

n = 10

60,71 (16,52)

Tout-petits (3 mois-23 mois)

n = 28

0,59 (0,27)

45,46 (12,94)

n = 27

Enfants (2-11 ans)

n = 34

0,84 (0,29)

37,58 (11,82)

Adolescents (12-17 ans)

n = 31

0,98 (0,38)

42,90 (15,83)

n = 30

*Dose de bromure de rocuronium administrée dans les 5 secondes

**Calculé à partir de la fin de l'administration de la dose d'intubation de bromure de rocuronium

Population gériatrique et patients avec atteinte hépatique et/ou des voies biliaire et/ou insuffisance rénale

La durée d’action des doses d’entretien de 0,15 mg/kg de bromure de rocuronium est augmentée sous anesthésie aux halogénés en gériatrie et chez les patients avec atteinte rénale et/ou hépatique (environ 20 minutes) par rapport aux patients sans atteinte fonctionnelle et sous anesthésie intraveineuse (environ 13 minutes) (voir rubrique 4.2). Aucun effet cumulatif (augmentation progressive de la durée d’action) n’a été observé avec les doses d’entretien recommandées.

Chirurgie cardiovasculaire

Chez les patients devant subir une intervention cardiovasculaire, les modifications cardiovasculaires les plus couramment observées lors de l’installation du bloc maximal, après administration de 0,6 à 0,9 mg/kg de bromure de rocuronium, sont une légère accélération, cliniquement non significative, de la fréquence cardiaque (atteignant au maximum 9%) et une élévation de la pression artérielle moyenne (atteignant au maximum 16%).

Décurarisation du bloc neuro-musculaire

L’action du bromure de rocuronium peut être annulée par du sugammadex ou de la néostigmine (inhibiteur réversible de l’acétylcholinestérase). Le sugammadex peut être administré soit pour une décurarisation dite de routine (réapparition de la deuxième réponse (T2) après une stimulation par train-de-quatre à l’adducteur du pouce) soit pour une décurarisation à niveau de bloc plus profond (réapparition de 1 à 2 réponses après stimulation en compte post-tétanique (PTC) à l’adducteur du pouce) ou pour une décurarisation immédiate (3 minutes après l’administration du bromure de rocuronium).

Les inhibiteurs de l’acétylcholinestérase peuvent être administrés à la réapparition de la quatrième réponse après une stimulation par train-de-quatre à l’adducteur du pouce.

5.2. Propriétés pharmacocinétiques  

Après administration en bolus d’une dose de bromure de rocuronium, la concentration plasmatique se déroule en trois phases exponentielles. Chez les adultes sains, la demi-vie moyenne (intervalle de confiance à 95%) d’élimination est de 73 (66-80) minutes, le volume apparent de distribution à l’équilibre est de 203 (193-214) mL/kg et la clairance plasmatique de 3,7 (3,5-3,9) mL/kg/min.

Il n’y a pas de données chez les insuffisants hépatiques sévères.

Le bromure de rocuronium est excrété dans la bile et les urines. Environ 40% de l’excrétion urinaire se fait dans les 12 à 24 premières heures. Après injection d’une dose de bromure de rocuronium radiomarqué, l’excrétion est en moyenne à 47% urinaire et 43% dans les fèces après 9 jours.

Environ 50% est retrouvé sous forme inchangée,

Population pédiatrique

La pharmacocinétique (PK) du bromure de rocuronium chez les patients pédiatriques (n = 146) âgés de 0 à 17 ans a été évaluée à l’aide d’une analyse de population des données poolées de pharmacocinétique issues de deux études cliniques sous anesthésie au sévoflurane (induction) et isoflurane/protoxyde d’azote (entretien). La clairance (L.h-1.kg-1) est identique pour toutes les classes d’âge. Le volume de distribution (L.kg-1) et la demi-vie d’élimination (h) varient de manière inversement proportionnelle avec l’âge. Les paramètres pharmacocinétiques des patients pédiatriques types au sein de chaque groupe d’âge sont résumés ci-dessous :

Paramètres PK estimés du bromure de rocuronium chez des patients pédiatriques types sous anesthésie au sevoflurane/protoxyde d'azote (en induction) et isoflurane/protoxyde d'azote (entretien)

Paramètres PK

Tranche d'âge

Nouveau-né à terme

(0-27 jours)

Nourrissons

(28 jours à 2 mois)

Jeunes enfants

(3-23 mois)

Enfants

(2-11 ans)

Adolescents

(12-17 ans)

CL (L/kg/h)

0,31 (0,07)

0,30 (0,08)

0,33 (0,10)

0,35 (0,09)

0,29 (0,14)

Volume de distribution (L/kg)

0,42 (0,06)

0,31 (0,03)

0,23 (0,03)

0,18 (0,02)

0,18 (0,01)

T½ß (h)

1,1 (0,2)

0,9 (0,3)

0,8 (0,2)

0,7 (0,2)

0,8 (0,3)

Population gériatrique et patients avec atteinte hépatique et/ou des voies biliaire et/ou insuffisance rénale

Au cours d’études contrôlées, la clairance plasmatique chez les patients âgés ou insuffisants rénaux était réduite, sans toutefois atteindre une différence significative. Chez les insuffisants hépatiques, la demi-vie d’élimination moyenne est prolongée de 30 minutes et la clairance plasmatique moyenne est réduite de 1 mL/kg/min (voir rubrique 4.2).

5.3. Données de sécurité préclinique  

Des effets n’ont été observés chez l’animal dans les études de toxicité après administrations répétées qu’à des doses supérieures à celles administrées chez l’homme.

Le bromure de rocuronium ne s’est pas révélé génotoxique.

Dans les études de reprotoxicité, aucun effet malformatif imputable au bromure de rocuronium n’a été mis en évidence à des doses inférieures aux doses administrées chez l’homme. Chez le rat, à des doses équivalentes aux doses administrées chez l’homme (doses maternotoxiques) les effets pharmacologiques du produit sont à l’origine d’une embryotoxicité.

6. DONNEES PHARMACEUTIQUES

6.1. Liste des excipients  

Acétate de sodium, chlorure de sodium, acide acétique glacial, eau pour préparations injectables

6.2. Incompatibilités  

Une incompatibilité physique a été démontrée entre le bromure de rocuronium et les solutions renfermant les produits suivants : amoxicilline, amphotéricine, azathioprine, céfazoline, cloxacilline, dexaméthasone, diazépam, enoxamone, érythromycine, famotidine, furosémide, hydrocortisone (succinate sodique), insuline, intralipide, methohexital, méthylprednisolone, prednisolone (succinate sodique), thiopental, triméthoprime et vancomycine.

Ce médicament ne doit pas être mélangé avec d’autres médicaments à l’exception de ceux mentionnés dans la rubrique 6.6.

6.3. Durée de conservation  

3 ans

Après dilution avec les solutés de perfusion (voir rubrique 6.6), la stabilité chimique et physique de la solution diluée a été démontrée à 72 h à 30°C. D’un point de vue microbiologique, le médicament dilué doit être utilisé immédiatement. Si le médicament n’est pas utilisé immédiatement, les durées et les conditions de conservation de la solution reconstituée avant utilisation sont sous la responsabilité de l’utilisateur et ne doivent normalement pas dépasser 24 h entre 2 et 8°C, à moins que la dilution n’ait été réalisée dans des conditions aseptiques validées.

6.4. Précautions particulières de conservation  

A conserver à une température comprise entre +2°C et + 8°C (au réfrigérateur).

ESMERON peut être maintenu en dehors du réfrigérateur (entre + 8°C et + 30°C) pendant 12 semaines maximum. La date de sortie du réfrigérateur doit être inscrite dans l’emplacement prévu à cet effet.

Pour les conditions de conservation du médicament après dilution, voir la rubrique 6.3.

6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur   

2,5 mL en flacon en verre incolore de type I avec bouchon en bromobutyle, boîte de 10 flacons.

5 mL en flacon en verre incolore de type I avec bouchon en bromobutyle, boîtes de 10 et 12 flacons.

10 mL en flacon en verre incolore de type I avec bouchon en bromobutyle, boîte de 10 flacons.

Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.

6.6. Précautions particulières d’élimination et de manipulation  

Des études de compatibilité ont été effectuées avec les solutés de perfusion suivants. Le bromure de rocuronium s’est avéré compatible avec : le soluté de chlorure de sodium à 0,9%, le soluté glucosé à 5%, l’eau pour préparations injectables, les solutés de Ringer lactate, le soluté d’Isodex et de chlorure de sodium à 0,9%, l’Haemaccel 35 et le soluté de Plasmaprotein.

Les solutions doivent être utilisées dans les 24 heures qui suivent leur préparation. Les solutions inutilisées doivent être jetées.

Le bromure de rocuronium peut être injecté dans la tubulure d’une perfusion effectuée avec la plupart des produits intraveineux couramment utilisés, à l’exception de ceux mentionnés à la rubrique 6.2.

Si ESMERON est administré dans la même tubulure que celle déjà utilisée pour un autre médicament, il est important que cette tubulure soit suffisamment rincée (par exemple avec du chlorure de sodium à 0,9 %) entre l'administration d’ESMERON et des médicaments pour lesquels une incompatibilité avec ESMERON a été démontrée ou pour lesquels la compatibilité avec ESMERON n'a pas été établie.

7. TITULAIRE DE L’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE

MSD FRANCE

10-12 COURS MICHELET

92800 PUTEAUX

8. NUMERO(S) D’AUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE

·CIP 34009 564 997 5 5 : 2,5 mL en flacon (verre) ; Boîte de 10.

·CIP 34009 559 778 7 2 : 5 mL en flacon (verre) ; Boîte de 12.

·CIP 34009 571 521 2 3 : 5 mL en flacon (verre) ; Boîte de 10.

·CIP 34009 559 779 3 3 : 10 mL en flacon (verre) ; Boîte de 10.

9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE L’AUTORISATION

[à compléter ultérieurement par le titulaire]

10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE

[à compléter ultérieurement par le titulaire]

11. DOSIMETRIE

Sans objet.

12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES

Tout produit non utilisé ou déchet doit être éliminé conformément à la réglementation en vigueur.

Des informations détaillées sur ce médicament sont disponibles sur le site Internet de l’ANSM.

Liste I

Médicament réservé à l’usage hospitalier.

Médicament pouvant être administré par tout médecin spécialisé en anesthésie-réanimation ou médecine d’urgence dans le cas où il intervient en situation d’urgence ou dans le cadre d’une structure d’assistance médicale mobile ou de rapatriement sanitaire (article R. 5121-96 du code de santé publique).

source: ANSM - Mis à jour le : 17/02/2021

Dénomination du médicament

ESMERON 10 mg/mL, solution injectable

Bromure de rocurionium

Encadré

Veuillez lire attentivement cette notice avant d’utiliser ce médicament car elle contient des informations importantes pour vous

·Gardez cette notice. Vous pourriez avoir besoin de la relire.

·Si vous avez d’autres questions, interrogez votre médecin ou votre pharmacien.

·Ce médicament vous a été personnellement prescrit. Ne le donnez pas à d’autres personnes. Il pourrait leur être nocif, même si les signes de leur maladie sont identiques aux vôtres.

·Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien. Ceci s’applique aussi à tout effet indésirable qui ne serait pas mentionné dans cette notice. Voir rubrique 4.

Que contient cette notice ?

1. Qu'est-ce que ESMERON 10 mg/mL, solution injectable et dans quels cas est-il utilisé ?

2. Quelles sont les informations à connaître avant d'utiliser ESMERON 10 mg/mL, solution injectable ?

3. Comment utiliser ESMERON 10 mg/mL, solution injectable ?

4. Quels sont les effets indésirables éventuels ?

5. Comment conserver ESMERON 10 mg/mL, solution injectable ?

6. Contenu de l’emballage et autres informations.

1. QU’EST-CE QUE ESMERON 10 mg/mL, solution injectable ET DANS QUELS CAS EST-IL UTILISE ?

Classe pharmacothérapeutique : MYORELAXANT, Agent à action périphérique. - code ATC : M03AC09

ESMERON contient une substance active (le bromure de rocuronium) qui appartient à un groupe de médicaments appelés curares. Les curares sont des relaxants musculaires.

ESMERON est utilisé pendant certaines opérations chirurgicales en complément de l’anesthésie générale pour relâcher les muscles et pour permettre une ventilation artificielle lors d’une intervention.

ESMERON peut être utilisé chez l’adulte et l’enfant (du nouveau-né à l’adolescent).

2. QUELLES SONT LES INFORMATIONS A CONNAITRE AVANT D’UTILISER ESMERON 10 mg/mL, solution injectable ?

N’utilisez jamais ESMERON 10 mg/mL, solution injectable :

·si vous êtes allergique (hypersensible) au rocuronium, à l’ion bromure ou à l’un des autres composants contenus dans ce médicament, mentionnés dans la rubrique 6.

Avertissements et précautions

Adressez-vous à votre médecin ou à votre pharmacien avant d’utiliser ESMERON 10 mg/ml, solution injectable.

Ce médicament ne doit être administré que par ou sous le contrôle de votre anesthésiste ou d’un médecin formé à l’utilisation et l’action des curares.

Du matériel d’intubation trachéale, d’assistance respiratoire et d’oxygénation artérielle adéquat doit être disponible.

Une curarisation résiduelle (prolongation de l’action du médicament) a été rapportée avec ESMERON 10 mg/mL, solution injectable.

Après utilisation sur une longue durée de myorelaxants en unité de soins intensifs, des paralysies prolongées et/ou une faiblesse musculaire ont été notées.

Des myopathies (atteintes musculaires) ont été rapportées après l’utilisation des myorelaxants en association aux corticoïdes au long cours. Chez ces patients traités par corticoïdes, la durée d’utilisation du myorelaxant doit être la plus courte possible.

Dans les cas suivants, des précautions particulières avec ESMERON 10 mg/mL, solution injectable doivent être prises :

·si vous êtes ou avez été allergique à un curare,

·si vous avez une maladie des nerfs et des muscles,

·si vous avez une maladie du foie ou une maladie des voies biliaires,

·Si vous avez une insuffisance rénale,

·si vous êtes obèse,

·si vous avez des brûlures graves,

·si vous avez une hypothermie (température basse du corps),

·si vous avez des déséquilibres acido-basiques et/ou éléctrolytiques sévères (anomalie des acides, de l’eau et des sels minéraux du sang),

·si vous avez une maladie cardiaque ou des vaisseaux sanguins,

·si vous avez un œdème (rétention de liquide)

·si vous avez un antécédent d’hyperthermie maligne (fièvre soudaine avec accélération du rythme cardiaque, respiration rapide, raideur, douleur et/ou faiblesse musculaire).

PREVENEZ VOTRE MEDECIN SI VOUS VOUS TROUVEZ DANS L’UN DE CES CAS.

Enfants, adolescents et patients âgés

ESMERON peut être utilisé chez l'enfant (du nouveau-né à l'adolescent) et chez les patients âgés. Cependant, le médecin devra évaluer avant tout traitement les antécédents médicaux.

Autres médicaments et ESMERON 10 mg/mL, solution injectable

Avant l’injection d’ESMERON 10 mg/mL, solution injectable, informez votre médecin et le médecin anesthésiste de TOUS les médicaments qui vous sont actuellement prescrits, qui vous ont été récemment prescrits, que vous prenez actuellement ou que vous avez pris récemment même sans prescription médicale.

ESMERON 10 mg/mL, solution injectable avec des aliments, boissons et de l’alcool

Sans objet.

Grossesse et allaitement

Par prudence, ce médicament ne doit pas être utilisé pendant la grossesse.

Si vous êtes enceinte ou que vous allaitez, si vous pensez être enceinte ou planifiez une grossesse, demandez conseil à votre médecin ou pharmacien avant de prendre ce médicament.

L’allaitement doit être suspendu durant 6 heures après l’utilisation de ce médicament.

Conduite de véhicules et utilisation de machines

ESMERON étant un adjuvant de l’anesthésie générale, les précautions habituelles suite à une anesthésie générale doivent être prises pour les patients ambulatoires.

ESMERON 10 mg/mL, solution injectable contient du sodium.

Ce médicament contient moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par flacon, c’est-à-dire qu’il est essentiellement « sans sodium ».

3. COMMENT UTILISER ESMERON 10 mg/mL, solution injectable ?

Le bromure de rocuronium ne doit être administré que par des anesthésistes ou des praticiens familiarisés avec l’utilisation et l’action des curares, ou sous leur contrôle. Du matériel d’intubation trachéale, d’assistance respiratoire et d’oxygénation artérielle adéquat doit être disponible.

Posologie

La posologie d’ESMERON doit être adaptée à chaque patient. Elle dépend de la méthode d’anesthésie associée, du type de chirurgie, de la durée présumée de l’intervention, des autres médicaments administrés avant ou pendant l’anesthésie, de l’état du patient et des maladies associées (insuffisance rénale et/ou hépatique en particulier).

Mode et voie d’administration

Ce médicament doit être administré par voie intraveineuse, en injection unique ou en perfusion continue.

Si vous avez utilisé plus de ESMERON 10 mg/mL, solution injectable que vous n’auriez dû :

Les signes suivants peuvent survenir :

·paralysie prolongée des muscles,

·difficultés à respirer.

Dans ce cas, votre anesthésiste ou votre médecin doit arrêter le médicament et vous administrer dès que possible un antidote qui annulera l’effet d’ESMERON. Votre médecin vous maintiendra sous assistance respiratoire jusqu’à ce que vous retrouviez une respiration normale.

Si vous oubliez d’utiliser ESMERON 10 mg/mL, solution injectable :

Sans objet.

Si vous arrêtez d’utiliser ESMERON 10 mg/mL, solution injectable :

Sans objet.

Si vous avez d’autres questions sur l’utilisation de ce médicament, demandez plus d’informations à votre médecin ou à votre pharmacien.

4. QUELS SONT LES EFFETS INDESIRABLES EVENTUELS ?

Comme tous les médicaments, ce médicament peut provoquer des effets indésirables, mais ils ne surviennent pas systématiquement chez tout le monde.

Les effets suivants peuvent survenir :

·une prolongation de l’action du médicament au-delà de la durée nécessaire, allant de la faiblesse à la paralysie musculaire,

·réactions allergiques sévères, dans certains cas fatales,

·démangeaisons (prurit), rougeurs et douleur de la peau à l’endroit de l’injection,

·bronchospasme (gêne respiratoire),

·troubles cardiaques ou vasculaires (chute de la tension artérielle, accélération de la fréquence cardiaque),

·spasme allergique sévère des vaisseaux sanguins coronaires (syndrome de Kounis) entraînant douleur dans la poitrine (angine) ou crise cardiaque (infarctus du myocarde),

·gonflement de la face,

·myopathie (inflammation des muscles) après utilisation prolongée en unité de soins intensifs.

Déclaration des effets secondaires

Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien. Ceci s’applique aussi à tout effet indésirable qui ne serait pas mentionné dans cette notice. Vous pouvez également déclarer les effets indésirables directement via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance - Site internet:www.signalement-sante.gouv.fr

En signalant les effets indésirables, vous contribuez à fournir davantage d’informations sur la sécurité du médicament.

5. COMMENT CONSERVER ESMERON 10 mg/mL, solution injectable ?

Tenir ce médicament hors de la vue et de la portée des enfants.

N’utilisez pas ce médicament après la date de péremption indiquée sur le flacon après EXP. La date de péremption fait référence au dernier jour de ce mois.

A conserver à une température comprise entre +2°C et +8°C (au réfrigérateur).

Ce médicament peut être maintenu en dehors du réfrigérateur (entre +8°C et +30°C) pendant 12 semaines maximum.

La date de sortie du réfrigérateur doit être inscrite dans l’emplacement prévu à cet effet.

Ne jetez aucun médicament au tout-à-l’égout ou avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien d’éliminer les médicaments que vous n’utilisez plus. Ces mesures contribueront à protéger l’environnement.

6. CONTENU DE L’EMBALLAGE ET AUTRES INFORMATIONS

Ce que contient ESMERON 10 mg/mL, solution injectable  

·La substance active est :

Bromure de rocuronium........................................................................................................ 10,0 mg

Pour 1 mL

·Les autres composants sont : Acétate de sodium, chlorure de sodium, acide acétique glacial, eau pour préparations injectables. 1 mL d’ESMERON contient 1,64 mg de sodium.

Qu’est-ce que ESMERON 10 mg/mL, solution injectable et contenu de l’emballage extérieur   

Ce médicament se présente sous forme d’une solution injectable en flacon de 2,5 mL, 5 mL ou 10 mL.

Boîte de 10 ou 12 flacons.

Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.

Titulaire de l’autorisation de mise sur le marché  

MSD FRANCE

10-12 COURS MICHELET

92800 PUTEAUX

Exploitant de l’autorisation de mise sur le marché  

MSD FRANCE

10-12 COURS MICHELET

92800 PUTEAUX

Fabricant  

N.V. ORGANON

KLOOSTERSTRAAT 6

5349 AB OSS

PAYS-BAS

Noms du médicament dans les Etats membres de l'Espace Economique Européen  

Sans objet.

La dernière date à laquelle cette notice a été révisée est :  

[à compléter ultérieurement par le titulaire]

Autres  

Des informations détaillées sur ce médicament sont disponibles sur le site Internet de l’ANSM (France).

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