laure
Portrait de cgelitti
Bonjour à tous.

Même s'il m'arrive de faire un tour dans la discussion sur l'algodystrophie en essayant quand je peux de les encourager parce que moi j'en suis sortie, et tant mieux, je voudrais bien qu'on finisse par comrendre quelques petites choses que le monde médical ne comprend pas, et à force ils culpabilisent les malades alors que c'est nous qui souffrons : un comble !

D'abord, beaucoup vont vous soutenir, quelle que soit la cause de la douleur, si ça devient trop long et donc chronique, au bout d'un moment, ils vont vous dire au mieux que c'est une dépression, au pire que c'est dans votre tête et que vous êtes fou ou folle ! Non ! Je m'insurge contre cette position de plus en plus courante qui permet de se débarrasser à bon compte du malade sans chercher vraiment à résoudre ses problèmes et encore moins à le comprendre. De par mes propres expériences, je sais bien qu'à force mon ancienne algo m'avait mise en dépression bien que ça n'ait pas été détecté puisque la douleur trop intense me donnait desenvies suicidaires fortes ; maintenant, ma douleur gynéco violente et invalidante qu'on n'arrive pas à calmer, depuis trois ans, n'a pas attendu tout ce temps pour mefaire tomber en dépression, quelques mois ont suffi ; sauf que cette fois c'était tellement flagrant pour ceux qui s'y connaissent que cela a été décelé. Mais le problème a presque toujours été pris à l'envers : "vous déprimez, donc vous avez mal". Non ! Quand on souffre jour et nuit, qu'en plus il n'y a pas de perspective claire d'avancer, et par-dessus un deuil à digérer, (presque deux, parce que le fait de devoir m'allonger si souvent m'a obligée à renoncer à bien des choses !), je suis désolée pour messieurs les spécialistes mais la douleur seule peut très bien mettre quelqu'un en dépression, et je suis persuadée que cela peut se produire quelle que soit la cause initiale de la douleur, dès que cela devient chronique, trop intense ou trop long ! Alors, vous les malades, essayez deleur expliquer comme je le fais, et ne prenez pas autant de culpabilité que j'en ai eue sur le dos au début ! C'est une partie du corps médical qui ne comprend rien et bien souvent ne cherche même pas vraiment à comprendre !

D'autre part, déjà je trouve qu'on n'est pas assez soutenus, tous, nous qui souffrons intensément et-ou depuis longtemps. Et comme cela ne suffit sans doute pas, les beaux discours officiels clamentpartout quen'importe quelle douleur peut être au moins atténuée voire complètement vaincue... Franchement, de par mes propres expériences autant que par les souffrances de ma mère en fin de vie, j'ai de très sérieux doutes sur ces beaux discours ! Stop !

Je vous souhaite à tous bien du courage, parce que quelle que soit la cause de la souffrance, quand on ne peut pas bien dormir, quand on ne peut plus travailler, quand on perd peu àpeu ses amis parce qu'on souffre trop... cela ne peut déjà qu'aggraver les symptômes dépressifs liés à la douleur, et puis peu à peu on a tendance à se couper du monde, ne plus avoir vraiment envie de vivre... Je suis pas mal révoltée et ne comprends pas que des médecins, pourtant certains formés pour ça, ne puissent pas comprendre les personnes qui souffrent ! Moi en plus c'est d'autant plus compliqué que je suis aussi multi-handicapée et avec plusieurs pathologies, d'accord je suisun "cas", mais quand j'entends certaines personnes que moi à qui il arrive des parcours ou mésaventures médicaux comparables à ce que je vis, ça me révolte et j'aimerais vraiment que les médecins comme la plupart des gens puissent enfin comprendre que la douleur et la dépression ne marchent pas toujours forcément dans le sens dépression-douleur, mais que ça peutêtre le contraire ! Si déjà je pouvais, via les gens qui me lisent, faire passer ce message, ce serait déjà beau ! Si en plus certains veulent réagir, évidemment, je n'ai rien contre.

Bon courage à tous, et bien cordialement, battez-vous le mieux possible avec l'énergie qui vous reste... (moi il y a des moments où il m'en reste bien peu...)

Maritchou13.

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