MARTINE21
Portrait de cgelitti
Bonjour,

Message à l'attention de celles et ceux que les questions de santé et d'environnement intéressent..

Et plus particulièrement pour celles et ceux qui se sentent concernés par les questions de contaminations chimiques et hypersensibilités chimiques multiples (MCS en anglais)...

> Je vous informe de la création d'une liste de discussion spécifique [MCS-ECHANGES] dont j'assure l'animation.

Cette liste a bien sur pour objectif de favoriser les échanges entre personnes atteintes par ces affections. Mais, plus globalement, elle vise à partager des informations avec des médecins, scientifiques, chercheurs, étudiants, journalistes ou militants associatifs impliqués sur ces sujets. Tout cela dans l'espoir de recueillir informations et témoignages indispensables pour mieux faire connaître et reconnaitre ces affections aussi méconnues qu'handicapantes.

Parmi les premiers inscrits à cette liste figurent des scientifiques (dont André Cicolella), des membres de l'association SOS-MCS, des auteurs d'ouvrages (Georges Méar "Nos maisons nous empoisonnent"), des adhérents des Verts... Elle est également ouverte à nos "cousins" canadiens, et notamment des membres de l'association AEHA Québec ainsi qu'à des Suisses et des Belges.

> Si vous souhaitez être inscrits à cette liste, il suffit de m'en faire la demande par mel à d.lebioda@wanadoo.fr

> Merci de diffuser largement cette information en direction des personnes ou organismes de votre connaissance susceptibles d'être intéressés.

Si vous voulez en savoir plus sur les MCS, je rajoute sous ma signature un petit article succint de présentation et me tiens bien évidemment à votre disposition pour des informations plus complètes.

Bien cordialement

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Denis Lebioda

d.lebioda@wanadoo.fr

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Hypersensibilité chimique

Ensemble de symptômes très invalidants, souvent confondus avec une

réaction allergique, le syndrome d'hypersensibilité chimique compte

parmi les grandes énigmes médicales de notre temps.

Les fragrances les plus douces se révèlent parfois aussi nocives que la

fumée de cigarettes ou les composés chimiques d'un détergent. Sacrilège

au pays des parfums, cette vérité doit pourtant être dite. Se croyant

parfois - à tort - " allergiques aux odeurs ", de plus en plus

d'Occidentaux sont victimes du syndrome " d'hypersensibilité chimique

multiple " (MCS : dénomination anglaise), phénomène identifié dès les

années cinquante mais qui semble avoir pris de l'ampleur au cours de la

dernière décennie.

Pour ces malades, la vie de tous les jours se transforme en un

cauchemar. Tout contact avec des particules chimiques, notamment celles

qui composent les odeurs (encre de journal ou parfum d'ambiance, par

exemple), engendre des symptômes de gravité variable, aussi incongrus

qu'inexpliqués : affections de la sphère ORL (rhinites, maux de gorge?),

troubles digestifs, respiratoires, cutanés, ophtalmologiques, mais

également neurologiques (céphalées, fatigue chronique, irritabilité?).

Ni allergie, ni intoxication

En 1999, une conférence internationale de consensus a arrêté un certain

nombre de critères permettant d'identifier le MCS. Celui-ci se déclare

après un premier contact (la plupart du temps nasal, mais également

cutané ou alimentaire) avec l'élément qui provoque une sensibilisation

de l'organisme, souvent une substance chimique non naturelle contenue

dans certains matériaux de construction ou dans des détergents

puissants. Le MCS devient ensuite chronique. Il apparaît et disparaît en

fonction des expositions à la substance? Et à bien d'autres ! Au fil du

temps, l'organisme réagit à un nombre croissant de composés, dont

certains n'ont plus rien à voir avec celui à l'origine des troubles. La

maladie peut commencer par une intolérance aux produits chimiques

utilisés pour traiter les bois, à laquelle viendra s'ajouter, plusieurs

années après, une intolérance aux parfums. Toujours selon les critères

officiels, les symptômes constatés ne peuvent pas être expliqués par une

intoxication (les niveaux d'exposition aux substances nocives

déclenchant les symptômes sont toujours inférieurs aux normes de

toxicité), ni par une pathologie organique. L'allergie peut venir

s'ajouter à un MCS, mais ne peut pas en être la cause? D'autant moins

que l'implication du système immunitaire dans ce syndrome n'a, à ce

jour, jamais pu être démontrée.

Les causes physiologiques du MCS restent une énigme pour les chercheurs.

Selon certains, le système nerveux central jouerait un rôle de premier

plan. Ils s'appuient sur l'existence de connexions étroites entre les

zones du cerveau traitant les informations olfactives et celles dédiées

aux émotions. " Mais ce ne sont que des hypothèses, précise le Dr Michel

Joffres, professeur agrégé à la faculté de médecine de l'université de

Dalhousie et directeur de recherche au Nova Scotia Health Centre

d'Halifax (NSCH, Canada), spécialisé dans la recherche et le traitement

des sensibilités environnementales, il n'existe encore aucune certitude

concernant le mécanisme à l'?uvre? " Et, par conséquent, aucune thérapie

miracle !

L'écoute, premier remède

À la clinique d'Halifax, établissement pionnier imité aujourd'hui en

Allemagne et dans les pays du Benelux, les malades sont accueillis dans

une atmosphère purifiée de toutes les senteurs et autres composés

chimiques indésirables. Cette quarantaine visant à diminuer les " crises

" va de pair avec un travail sur les problèmes émotionnels associés au

MCS. Pour le Dr Joffres, les malades du MCS sont " sensibles à tous les

niveaux " ; certaines situations, stressantes pour eux, peuvent

favoriser l'apparition des symptômes. Le sauna et diverses méthodes de

relaxation sont utilisés pour les aider à apaiser leurs systèmes nerveux

trop réactifs. Déterminant l'ensemble des traitements mis en ?uvre,

l'écoute reste toutefois le socle de la prise en charge. Le Dr Joffres

insiste : " Nous adoptons une approche globale de l'individu. Il faut

lui permettre de se réinsérer dans son milieu, de connaître ses limites

et de régler les autres problèmes de la vie courante qui freinent le

retour à la quasi normalité. " Comment conserver un emploi de vendeuse

quand on ne supporte plus le parfum d'ambiance du grand magasin où l'on

exerçait ? L'équipe pluridisciplinaire d'Halifax est aussi là pour aider

à résoudre ce type de situations. Elle détermine avec les patients les

adaptations nécessaires, aussi bien sur le plan physique (assainissement

de l'environnement passant par exemple par la suppression des

détergents, une ventilation efficace et l'arrêt du tabac dans

l'entourage), que pratique (reconnaissance d'une incapacité de travail

donnant droit à une aide financière, adaptation du lieu de travail, etc.).

Vers une médecine environnementale ?

En France, où la maladie est encore trop souvent ignorée par le corps

médical, les hypersensibles se mobilisent. Grâce à notre rubrique " En

désespoir de cause ", des malades isolés ont pu se rencontrer. Ainsi est

née, il y a quelques mois, dans le département du Rhône, l'association

SOS-MCS. Elle regroupe, aujourd'hui, une cinquantaine d'adhérents qui, à

défaut de solutions miracles, échangent adresses de médecins et " trucs

" pour améliorer les conditions de vie. Catherine Lemasson, Marion Tayol

et Bernadette Renaudin, ses fondatrices, ne veulent pas en rester là.

Elles souhaitent faire pression sur les pouvoirs publics pour obtenir la

reconnaissance du handicap que représente l'hypersensibilité chimique

multiple. Elles espèrent également provoquer une nécessaire prise de

conscience des professionnels de la santé et de la recherche médicale,

afin d'améliorer les traitements de cette pathologie.

Jusqu'à une période très récente, la médecine environnementale (c'est

ainsi qu'on la nomme dans les pays où l'influence de l'environnement sur

la santé est prise en compte depuis longtemps, comme au Canada ou en

Allemagne) n'existait pas en France. Mais les choses évoluent

positivement. Le rapport de la commission d'orientation du Plan national

santé-environnement, remis le 12 février au Premier ministre, plaide en

faveur d'un rattrapage rapide dans ce domaine. Il faudra cependant

attendre l'annonce, prévue en juin prochain, du contenu détaillé de ce

plan, pour connaître le programme, qui doit définir les priorités de

l'Etat pour les cinq années à venir.

Nathalie Vergeron

http://www.medecines-douces.com

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