Thib
Portrait de cgelitti
On lui a diagnostiqué un cancer fulgurant du poumon il y a maintenant 2 mois.

85 ans bientôt, jusqu'ici toujours en pleine santé, dynamique et pleine de vie.

Je suis sa petite-fille.

La visite du médecin toutes les semaines, des médicaments par dizaine qui changent à chaque fois, des patches de morphine, des nausées constantes, toujours essouflée, aérosol quatre fois par jour, envie de dormir et 41 kg.

Certains jours elle a l'air d'aller vraiment bien et l'instant d'après c'est tout le contraire.

Je me demande si elle sait ce qui se passe.

Quand elle me parle c'est "s'il arrive quelque chose tu devras faire ci et ça" alors je me dis qu'elle sait.

Ensuite "quand j'irai mieux..." Donc elle ne sait pas.

Le médecin pense qu'il est plus sage de ne rien lui dire, alors on fait semblant de rien.

Bien sûr, qui aimerait savoir qu'il va mourir? D'un autre côté, je me dis qu'elle a peut-être encore des envies à vivre, des choses à faire, à régler avant de partir. Des disputes de familles jamais arrangées.

Je suis très attachée à elle, depuis toute petite et c'est extrèmement dur de l'entendre me dire au bord des larmes "mais quand est-ce que ça va aller mieux, je n'en peux plus de ne pas arriver à respirer" et je ne dis rien. J'ai juste envie de pleurer, et lui demander de ne jamais me laisser.

Je continue à aller la voir en essayant de ne pas changer mes habitudes ni mon comportement.

Le médecin donne deux possibilités à sa fin. L'étouffement ou l'hémorragie interne.

Je n'en peux plus de la voir chercher de l'air, d'être oppressée tout le temps, d'être fatiguée de ne pas arriver à respirer, c'est horrible.

J'aimerais que demain matin elle ne se réveille pas, pour qu'elle n'ait plus à subir tout ça.

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