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Portrait de cgelitti
Un article positif ce dimanche sur les vegetariens et vegetaliens

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Vache folle, grippe du poulet et peste porcine? La viande en a vu de toutes les couleurs ! Certains l?ont déjà bannie de leur assiette, en faveur du végétarisme. Renforcée par l?affluence des produits végétariens sur le marché, cette pratique se popularise davantage. Explorons cet univers à l?occasion de la Journée mondiale qui lui est dédiée aujourd?hui.

Ce terme est apparu au xixe siècle sous forme de diète végétale. En hommage à Pythagore, qui le prônait, on l?a également qualifié de pythagorisme. Le régime végétarien, aussi connu comme végétarisme aujourd?hui, est à la base de nombre de courants philosophiques hindous et grecs.

Et au fil des générations, il s?est perpétué telle une tradition, visant à privilégier les produits de la nature au lieu de se satisfaire d?un plat qui nécessitera la mort d?un animal. Ainsi, par définition, le végétarisme implique la consommation d?aliments excluant toute chair animale.

Une étude révèle que l?Inde demeure le pays où le végétarisme est le plus pratiqué, avec environ 85 % d?hindous qui l?ont adopté. Outre ce mode de nutrition, certains tolèrent le lait et les ?ufs, alors que d?autres proscrivent l?un ou l?autre, parfois même les deux (voir encadré). Quelques végétariens évitent aussi l?oignon et l?ail, condiments contenant des propriétés rajas, donc passionnelles, dans leur nutrition.

Et avec l?évolution, le végétarisme a dépassé le cadre de la motivation religieuse. Le principal moteur aujourd?hui se résume en un mot : santé. De plus, les produits végétariens se rapprochant de la saveur de la chair sont légion.

Depuis quelques années, on assiste en effet à un déferlement dans la chaîne alimentaire de ces « viandes » végétariennes. Les rayons ne font que s?élargir pour accueillir cette riche gamme verte !

« Auparavant, quand ces produits sont arrivés, c?était un marché niche, mais maintenant, c?est en nette expansion », confie Jimmy Siew, manager chez Ébène Way. Pourquoi ?

Un ?uf digéré en quatre heures

« Avec toutes les maladies qui ont récemment surgi et qui sont liées à la viande, les gens songent à revenir vers la nature pour se nourrir sainement, et surtout de manière végétarienne », soutient Jyotee Mohess, nutritionniste. Les spécialistes de la médecine ne diront pas le contraire, avançant que la chair possède un effet préjudiciable sur la santé, et pouvant entraîner pléthore de maladies.

« L?alimentation carnée possède une plus forte incidence sur des risques de maladies cardiovasculaires, certains cancers, l?obésité, l?ostéoporose et l?arthritisme », souligne le docteur Comalchandra Radhakissoon. Comment ? Selon lui, la production industrielle des aliments carnés contient des traces de produits chimiques ingérés par les animaux ou qui sont inoculés durant leur vie (hormones de croissance, pesticides, etc.) « Lorsque nous mangeons de la chair, nous ingurgitons également les hormones et d?autres additifs artificiels qu?elle contient. Le corps peut s?adapter à cela, en modifiant ses propres hormones. Toutefois, cela implique une mutation des gènes, et on peut être alors exposé aux maladies à travers la toxicité et les radicaux libres présents », explique-t-il.

En effet, lors de la digestion, qui prend beaucoup plus de temps, la chair ingérée a le temps de libérer des substances toxi-ques comme les urates, l?acide lactique, ou encore des corps gras saturés.

Ces substances sont absorbées par la muqueuse intestinale avant de passer dans le sang. Elles sont alors difficiles à éliminer par le foie et les reins et peuvent être des vecteurs de maladies. Imaginez que la digestion d?un ?uf est de quatre heures, tandis que celle du dholl est d?une heure !

Le débat est bien lancé

Ainsi, le végétarisme, avec ses vertus pour la santé, est privilégié au détriment de la chair. D?autant plus que le régime végétarien possède un intérêt environnemental. Par exemple, il consomme moins d?eau qu?un régime carné, où cette ressource doit être utilisée pour la production et l?alimentation des animaux. Le végétarisme, c?est aussi une façon de lutter contre le réchauffement climatique. Des études démontrent que le ratio énergétique pour la production d?un kilo de viande est 100 fois plus conséquent que pour produire la même quantité de céréales !

Bien sûr, le végétarisme a ses détracteurs. On peut comprendre que les goûts et saveurs ne battront jamais à l?unisson dans le palais. Des critiques ont souvent été soulevées quant aux carences nutritionnelles entourant le végétarisme. Mais celles-ci peuvent être évitées, dans la mesure où le repas est équilibré et répond aux besoins nutritionnels et diététiques de l?individu.

« Dans les végétaux, on trouve plein de sources de protéines », poursuit notre interlocutrice. Le règne végétal est donc apte à apporter les protéines et acides aminés nécessaires à notre organisme. Certes, le débat entre l?animal et le végétal est bien lancé ! Voilà de quoi vous aider à réfléchir à la résolution de passer au vert !

CES PRODUITS SUR LE MARCHE

Le végétarisme est en plein essor.

Le marché aussi. Vous l?aurez constaté de visu en faisant un petit tour dans les supermarchés. Les rayons regorgent de produits végétariens frigorifiés. Outre les traditionnels légumes surgelés, on trouve une vaste gamme d?aliments à base de soja. « Nous disposons d?une bonne variété de burgers, de polony, de saucisses entre autres produits végétariens. Plusieurs gammes fabriquées à partir de soja et assaisonnées de façon à se rapprocher du goût des aliments carnés sont également proposées. Nous avons aussi des plats déjà préparés, importés, à partir de Rs 50 tandis que d?autres produits à frire ou à cuire sont fabriqués localement », explique Jimmy Siew, manager chez Ébène Way.

Certains de ces produits locaux sont fabriqués par la firme Govinda?s Gift de Chemduth Muneshar. « Nous produisons du poisson, du poulet, du paneer, du kofta, de la viande, des crevettes végétariennes. Ces mets sont prisés depuis quelque temps et nous approvisionnons les grandes surfaces, les boutiques et les restaurants », indique un membre de la famille. Ainsi, à partir de Rs 50, voire même moins, on peut trouver de quoi mitonner un savoureux plat végétarien.

Et si vous n?êtes pas très bon aux fourneaux, sachez que davantage de restaurants ont lancé des menus végétariens. À l?instar de Pizza Hut, qui propose un assortiment de mets.

« Selon des recherches, nous avons remarqué qu?il y a une demande pour les plats végétariens, et ce, de l?entrée aux autres plats. Aussi, nous avons introduit en août le Pan 4 all, avec quatre petites pizzas végétariennes, mais nous avons également, depuis octobre, étoffé la carte des menus avec des pizzas végétariennes, tandouri et exotica. Nos pizzas végétariennes sont garnies de maïs, de tomates, de poivrons, de champignons ou encore de fromage », soutient Gaël Devienne, Sales and Marketing Coordinator de Sopral Ltée. Selon lui, Pizza Hut a également introduit des salades composées ainsi que des soupes entre autres entrées et plats allant de Rs 40 à Rs 130.

UNE NUTRITION AUX DIFFERENTES FORMES :

■ Ovo-lacto : Ce mode d?alimentation proscrit la viande et d?autres aliments carnés. Toutefois, les ?ufs et le lait sont autorisés.

■ Lacto : Cette forme de végétarisme permet de consommer des légumes, de même que des produits laitiers et leurs dérivés tels que le fromage, le beurre et le yaourt.

Les ?ufs sont toutefois proscrits.

■ Ovo : Ce terme se réfère à la pratique alimentaire excluant la viande et tout produit laitier, mais elle permet la consommation d??ufs.

■ Végétaliens : Sous cette forme de végétarisme, les personnes se nourrissent exclusivement de végétaux en évitant la consommation de produits d?origine animale comme les ?ufs, le lait, le fromage et le miel.

■ « Vegan » : Ceci s?applique aux personnes qui ne consomment pas de chair, mais évitent également l?utilisation des produits dérivés d?origine animale comme le cuir, la laine, la cire d?abeille ainsi que des cosmétiques testés sur des animaux.

TEMOIGNAGES

Soopriya Tauckoor, 21 ans

Il y a trois ans, Soopriya Tauckoor est tombée malade. Nausées, migraines, vomissements, entre autres symptômes, se manifestaient dès qu?elle consommait de la chair. « C?était pour toutes les chairs confondues. Avec ces problèmes de santé, j?ai alors décidé de cesser de manger de la viande et de devenir végétarienne », raconte la jeune femme qui exerce la profession d?Accounts Clerk. Donc, depuis ce jour, elle ne consomme que des légumes, des fruits et des produits végétariens à base de soja, de même que des laitages.

Au même moment, sa maman, qui avait également des soucis de santé, s?est également mise au vert. « Grâce au végétarisme, je me sens plus en forme, en meilleure santé. Je n?ai plus les complications d?avant. Cela m?apporte aussi plus de vitamines et de fibres », ajoute-t-elle. Nullement complexée face aux autres qui préfèrent les aliments carnés, Soopriya aime être végétarienne : « Quand on sort, on s?arrange toujours pour trouver des produits adaptés comme des dholl purris, de l?alouda, ou encore des biscuits. »

Hurrhil Koontaya, 36 ans

« Je suis végétarien par conviction religieuse », déclare Hurrhil Koontaya. Cela fait vingt ans qu?il a intégré le mouvement Hare Krishna et pratique le végétarisme. « Nous croyons dans la doctrine du karma et de la réincarnation. Nos convictions

religieuses se fondent sur le fait que l?on ne peut tuer un animal pour satisfaire son palais. D?ailleurs, nous pensons que si un animal est tué, cela va entraîner des réactions karmiques par la suite », explique-t-il. Aussi, le végétarisme est prôné et Hurrhil Koontaya ne consomme que des légumes et des produits laitiers. Également membre du mouvement Iskcon, Hurrhil gère le Govinda?s Vegetarian Restaurant à Ph?nix. Celui-ci propose une multitude de mets à base de végétaux, mitonnés selon les divers types de cuisine. Hurrhil Koontaya peut ainsi donc continuer à mettre en exergue ses pratiques du végétarisme dans sa vie quotidienne comme dans sa profession.

VRAI OU FAUX ?

● On maigrit quand on est végétarien.

Faux. Cela dépend du mode alimentaire. « Car si on consomme davantage de féculents, un surplus d?hydrate de carbone, des graisses sous forme d?huile végétale en trop, des noix, des pistaches, on va prendre du poids », soutient Jyotee Mohess, diététicienne. En revanche, la perte de poids est effective uniquement à condition que l?on consomme des légumes frais, des fruits, des salades selon un régime contrôlé en termes de calories.

● En étant végétarien, on ne manque pas de protéines.

Vrai. Car les sources de protéines que représentent la viande et d?autres produits carnés peuvent être remplacées par d?autres sources comme le lait, le soja, les champignons entre autres, selon la nutritionniste.

● Le végétarisme ne nuit pas à la grossesse.

Vrai. « Si la future mère est végétarienne et a une alimentation variée et équilibrée, cela ne va nullement nuire à la grossesse ; et donc au développement du f?tus », soutient Jyotee Mohess.

● Les enfants ne doivent pas se passer de viande.

Faux. Comme dans le cas des futures mères, les enfants peuvent adopter une alimentation végétarienne dès le plus jeune âge. Ils ont besoin d?une alimentation équilibrée afin de grandir sainement.

● Le végétarisme affecterait les facultés intellectuelles.

Faux. « L?intelligence est héréditaire et elle peut se développer selon divers facteurs. Toutefois, les légumes disposent chacun de propriétés dans la consommation. Par exemple la carotte, riche en vitamines, aide à avoir une bonne vue », affirme la nutritionniste. Dans cette lignée, sachez aussi que la tomate est bonne pour éclaircir les teints ternes, alors que les épinards constituent un bon remède contre l?anémie.

Le piment, lui, est efficace en cas de gêne respiratoire, de rhumes et d?affections bronchiques. Enfin, la betterave combat la nervosité.

LES ACTIVITES

Dans le cadre de la Journée mondiale du végétarisme, l?association Le Visionnaire prévoit diverses manifestations. Pour débuter, une marche aura lieu aujourd?hui de 12 heures à 14 heures de la mairie de Quatre-Bornes à celle de Beau-Bassin-Rose-Hill.

« Cette marche aura pour objectif de sensibiliser la population à la cruauté envers les animaux et à l?importance de leur protection », indique Jennifer Wong, porte-parole de l?organisation.

Vers 14 heures, une causerie se tiendra à l?esplanade du Plaza sur le végétarisme et ses bienfaits. Celle-ci sera animée par le yogi Tamby Chuckravanen jusqu?à 16 heures. Les deux activités sont ouvertes au public.

QUESTIONS A COMALCHANDRA RADHAKISSOON, MEDECIN

« Les végétaux sont très bénéfiques pour la santé »

Avec la multitude de produits végétariens qui affluent sur les rayons, on a l?impression que le végétarisme se popularise. Pourquoi ?

Auparavant, il y avait beaucoup de personnes végétariennes depuis l?enfance. Cette pratique était basée sur des convictions religieuses, mais c?était aussi une tradition qui se perpétuait de génération en génération.

Il existe, en outre, des Mauriciens qui sont végétariens par considération pour les animaux. Ils ne mangent pas de chair car ils refusent l?idée qu?on fasse du mal à un animal. Maintenant, nous observons de nouvelles raisons derrière l?engouement pour le végétarisme. Par exemple, de plus en plus d?entre nous sont conscients de leur bien-être et de leur forme, et ils vont vers les végétaux qui aident à se maintenir en bonne santé.

Quels sont les effets sur la santé ?

Selon les recherches scientifiques, les repas végétariens dégagent une énergie positive car ce sont des produits qui viennent de la nature. Ceux-ci sont riches en antioxydants, fibres, minéraux et vitamines.

Et grâce aux produits végétariens, les cellules sont épurées de l?intérieur. Les toxines et radicaux libres sont éliminés plus facilement. Cela préserve également la jeunesse de la peau. Le fait de consommer des végétaux permet aussi d?augmenter la résistance et de renforcer le système immunitaire.

Y a-t-il des risques de carence ?

On a tendance à croire que le fait de supprimer la chair de son alimentation tend à nous priver de protéines. Mais ce ne sera pas le cas, du moment que l?on compense avec d?autres sources. On peut, par exemple, consommer du lait et des produits laitiers, ou encore des grains secs, qui sont aussi riches en fer. En revanche, si les personnes ne prennent pas de lait, elles peuvent toujours opter pour les compléments.

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