Apnées du sommeil : le diagnostic se simplifie
Publié le 26 Février 2007 à 1h00 par Rédaction E-sante.fr
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Apnées du sommeil : un syndrome fréquent mais très peu traité

Le syndrome d'apnées du sommeil se caractérise par de brèves pauses respiratoires qui se répètent un grand nombre de fois au cours du sommeil. C'est une des principales causes de ronflements (on peut aussi être ronfleur sans être apnéique). Mais les conséquences peuvent être très graves. En perturbant le sommeil, les apnées génèrent de la fatigue et des somnolences diurnes à l'origine de nombreux accidents domestiques, du travail et aussi de la route. Parallèlement, ce syndrome est bien connu pour augmenter le risque de maladies cardiovasculaires. On estime à 2,5 millions le nombre de Français qui souffrent d'apnées du sommeil. Mais cette maladie est encore sous-diagnostiquée et peu bénéficient d'un traitement (800.000 en 2015). Il convient bien entendu de favoriser le dépistage. D'inciter les personnes concernées à consulter afin d'établir un diagnostic. C'est ce que font les associations, les organismes impliqués et par exemple les pouvoirs publics à travers des campagnes nationales sur le sommeil (la Caisse nationale d’Assurance maladie prévoit 1 million de personnes traitées en 2016).

Comment réalise-t-on le diagnostic d'apnées du sommeil ?

C'est là que les choses se compliquent un peu. Le diagnostic passe par un enregistrement polysomnographique du sommeil. Celui-ci comprend classiquement un enregistrement de l'activité cérébrale (électroencéphalogramme), des mouvements des yeux et des muscles sous le menton. Il permet de déterminer la qualité du sommeil et de rechercher la présence de micro-éveils. On enregistre aussi souvent les mouvements du cœur, la fonction respiratoire, la pression artérielle, pulmonaire, dans l'œsophage, les mouvements musculaires au niveau des jambes, on dose certains marqueurs hormonaux (mélatonine), on recherche une éventuelle épilepsie, etc. On comprend pourquoi ce type d'enregistrements a été pendant longtemps exclusivement réalisé dans des centres spécialisés du sommeil.

Diagnostic simplifié des apnées du sommeil

Heureusement, on dispose d'un enregistrement simplifié, utilisé en première intention. Il enregistre principalement les ronflements, la ventilation et les muscles. Il peut être réalisé dans des structures moins complexes, comme des centres hospitaliers ou des cliniques.

Diagnostic de l'apnée du sommeil à domicile

Mais il existe une technique encore plus simplifiée qui permet de réaliser des enregistrements à domicile (polygraphie respiratoire également avec un appareil de monitorage à domicile qui mesure le taux d’oxygène, le flux de l’air dans le nez, la bouche, les variations respiratoires et les ronflements). Autre progrès : une forte réduction du nombre de capteurs, sans perdre en fiabilité. On peut ainsi inciter une plus grande proportion de personnes au dépistage et les populations susceptibles de présenter des apnées du sommeil sont nombreuses.

Apnée du sommeil, pas que les ronfleurs

Si comme indiqué précédemment, les ronfleurs sont les principaux suspects, ils ne sont pas les seuls. Un syndrome d'apnées du sommeil devrait être systématiquement recherché chez les personnes présentant un trouble du sommeil, comme une hypersomnie par exemple, des somnolences diurnes, un surpoids, un diabète, une hypertension ou présentant des complications cardiovasculaires (un tiers des personnes ayant fait un infarctus du myocarde souffrent d'apnées du sommeil et 40 à 50% en cas d'antécédent d'accident vasculaire cérébral), etc.

Source : Congrès Hebdo, le Quotidien du médecin, 2 février 2007.