Vous n'avez rien...

Publié par Dr Catherine Solano le Mardi 06 Septembre 2005 : 02h00
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« Madame (ou monsieur), vous n'avez rien ! » Cette phrase est assez souvent entendue chez le médecin, quand, suite à un bilan, ce médecin ne découvre rien d'anormal. Mais cette phrase n'est pas toujours bien reçue !

Quand un médecin affirme « Vous n'avez rien », il pense, la plupart du temps, rassurer la personne qui a fait appel à lui. Il faut d'abord avouer qu'il se rassure lui-même ! En effet, tous les médecins sont formés, en priorité, à dépister une maladie grave de manière à la soigner le plus rapidement possible. Or, le médecin lui-même n'aime pas les maladies graves, il préfère de loin ne pas en dépister !

Le problème, c'est que la personne qui est venue consulter ne partage pas forcément les mêmes inquiétudes que son médecin. Elle n'a pas forcément peur d'une maladie grave.Car « Vous n'avez rien » signifie seulement, la plupart du temps : « Les examens que nous avons réalisés n'ont rien décelé de grave ». Et ce n'est pas forcément rassurant ! En effet, plusieurs questions se posent alors au patient de ce médecin :- Est-ce que mon médecin craignait quelque chose de grave et quoi ? Mes symptômes peuvent-ils être des signes annonciateurs d'un problème grave ?- Les examens que l'on m'a fait passer sont-ils suffisants ? Si j'en passais de plus poussés, peut-être qu'on me la trouverait, cette maladie grave ?- Si je comprends bien, je souffre (ou je suis très gêné) alors que je n'ai rien ? Est-ce que tout est dans ma tête ?- Est-ce que ce médecin croit que je simule une maladie ? (au pire que je veux un arrêt de travail ?)- Comment faire pour être soulagé quand on souffre et qu'on vous dit que vous n'avez rien ?- Qui dois-je aller consulter maintenant ? La médecine semble ne rien pouvoir faire pour moi. Vers qui me tourner ?

Ainsi, entendre de la bouche d'un médecin que vous n'avez rien doit vous inciter à lui poser toutes ces questions, et peut-être d'autres. Même ce qu'il appelle « rien » peut se révéler handicapant ou vous gâcher la vie. Il est essentiel de ne pas rester sur l'idée que « puisque ce n'est pas grave, je peux continuer à souffrir en silence ! » ou encore « personne ne peut rien pour moi, tout est dans ma tête » N'hésitez pas à insister, non pas pour faire le plus d'examens et de bilans possibles, mais pour que votre médecin vous explique ce qui vous arrive, même si ce n'est pas grave du tout. Sinon, le risque est que la gêne ou la douleur persistant, vous deveniez de plus en plus inquiet et angoissé, ce qui ne risque pas de vous guérir, mais d'ajouter à vos difficultés !

Publié par Dr Catherine Solano le Mardi 06 Septembre 2005 : 02h00
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