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Violence faite aux femmes : et si les femmes en parlaient ?

Violence faite aux femmes : et si les femmes en parlaient ?Depuis la loi du 4 avril 2006 sur les violences conjugales, les moyens de prévention et de répression de la violence « privée » sont plus conséquents. D'où l'importance d'informer les hommes et les femmes et de les sensibiliser.

Loi sur les violences conjugales

Suite à la loi du 4 avril sur les violences conjugales, dix-huit villes de la Seine Saint Denis ont orchestré une campagne d'information à destination des hommes pour leur faire prendre conscience du danger de basculer dans l'innommable. Les slogans, très clairs, concernent tant les agressions physiques, que verbales ou sexuelles :

  • « Je ne frappe pas, j'aime »
  • « Je suis un homme et je ne la frapperai jamais »
  • « Tu es nul si tu frappes »
  • « Si je la force, c'est un viol »
  • « Être mâle, c'est pas faire mal »
  • « Si tu es un homme, tu ne lui parles pas comme ça »

Violences conjugales : une femme sur deux ?

Si cette campagne a aidé les hommes, elle a surtout poussé les femmes à prendre davantage la parole pour exprimer leurs souffrances. Le Quotidien du Médecin rapporte ainsi le témoignage d'un généraliste de Romainville qui est fort révélateur :
« A ma grande surprise - moi qui croyais connaître mes patientes que je suis depuis 10 ou 15 ans, pour certaines - j'ai appris que, sur 100 d'entre elles, 54 ont été victimes de brutalités, souvent multiples. Une sur deux fait état de violences verbales, 31% de violences physiques et 21% d'agressions sexuelles, parmi lesquelles 12% ont commencé par des incestes. Il va sans dire que ça m'a aidé à comprendre leur pathologie, leur problématique. »

Ces chiffres sont impressionnants et laissent à penser qu'il existe peut-être un grand écart entre les données des enquêtes déclaratives qui montrent que 10% des femmes subissent des violences conjugales et la réalité qui pourrait être pire.

La nouvelle loi et ce type de campagne portent leurs fruits : le fait que les femmes s'expriment davantage sur leurs agressions devrait progressivement changer profondément la donne. C'est ce qu'il faut souhaiter et ce qu'il faut favoriser. Dans ce but, nous rappelons 3 numéros utiles pour celles qui sont à la recherche d'une solution :

  • Viol Femmes Information : 0800.05.95.95
  • Femmes Info Service : 01.40.33.80.60
  • Association Européenne contre les violences (sexuelles) faites aux femmes au travail : 01.45.84.24.24

    Si vous êtes vous-même victime de violences, il est important de comprendre que vous êtes malheureusement loin d'être la seule à qui cela arrive, que ce n'est pas de votre faute mais bien celle de votre conjoint et que la violence est inacceptable. Il faut aussi comprendre que ce problème doit idéalement être repéré tôt dans la vie du couple de manière à agir de façon préventive tant que cela est possible, puis de manière à vous sauver vous : sur ce plan, les choses ne s'arrangent généralement pas toutes seules avec les années et en ne faisant rien.C'est votre vie, votre équilibre, votre famille qui sont en jeu. C'est aussi la dignité de votre conjoint qui peut être sauvée s'il réalise le danger de son comportement et progresse grâce à vous. D'où l'importance de la parole pour réfléchir à la meilleure solution à adopter.

Article publié par Dr Philippe Presles le 21/08/2006
Cet article n'a pas fait l'objet de révision depuis cette date. Il figure dans le planning de mises à jour de la rédaction.

Sources : Le Quotidien du Médecin N°7947 - Mardi 25 avril 2006.

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