Tumeur cérébrale et téléphone portable : le doute persiste...
A la recherche d'une éventuelle tumeur
Certains pensent que l'on s'acharne depuis plusieurs années à déceler des tumeurs cérébrales en rapport avec l'utilisation intensive du téléphone portable. D'autres estiment que l'on s'applique consciencieusement et légitimement à vérifier leur innocuité.Mais peu importe du côté où l'on se place, les études se succèdent depuis les années 90, date à laquelle une augmentation de la fréquence des lymphomes a été mise en évidence chez des rats exposées à des champs magnétiques. Mais à ce jour, excepté quelques rares essais scientifiquement et méthodologiquement discutés, les résultats vont dans le sens d'une absence de majoration du risque de tumeurs cérébrales chez les fervents du mobile.Pourtant, une nouvelle étude a poussé les recherches très loin et semé le doute.Etant donné la rareté des tumeurs cérébrales, ou gliomes, il s'agit de ce que l'on appelle une étude cas-témoins, qui consiste à comparer les habitudes téléphoniques d'une population de patients atteints d'un gliome à une population témoin indemne de tumeur. Le premier groupe comprenait près de 1.000 sujets, chez lesquels une tumeur cérébrale a été diagnostiquée entre fin 2000 et début 2004. Le groupe témoins comprenait quelque 1.700 personnes. De nombreuses données portant sur leur usage du téléphone mobile ont été recueillies : date de début d'utilisation, fréquence, type d'appareil, analogique ou digital, etc.
Tumeur plutôt d'un côté que de l'autre ?
On constate ainsi que les utilisateurs réguliers du mobile ne présentent pas plus de risque de tumeur que les non-utilisateurs, et ce, quels que soient la fréquence d'utilisation et le type d'appareil employé. En revanche, les auteurs sont allés plus loin dans leur exploration en cherchant à savoir s'il existait une relation entre l'hémisphère atteint par le gliome et le côté habituel d'écoute. Ils observent ainsi que le risque de tumeur au niveau de l'hémisphère droit était augmenté de 24% chez les personnes plaçant habituellement leur téléphone sur l'oreille droite. Mais inversement, cette augmentation du même côté s'accompagne d'une diminution du risque de tumeur controlatérale de 25%, soit du côté opposé à celui de l'écoute.Toutefois, ces dernières associations sont suspectées être le reflet de quelques biais, de la part même des auteurs.Ce qu'il faut retenir c'est qu'il n'existe pas de relation prouvée entre l'utilisation du mobile et les tumeurs cérébrales. Et même si un risque homolatéral se confirmait, il serait probablement compensé par une diminution du risque controlatéral.
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