Trizivir
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Consultez la fiche complète du médicament Trizivir : indications, posologie, contre-indications, interactions, précautions d'emploi, effets indésirables.
Classe thérapeutique : Infectiologie - Parasitologie
Composition : Abacavir
Présentation : 300 mg/150 mg/300 mg Comprimé pelliculé
Laboratoire : Glaxo Group Ltd
Prix : 611.81 €
Statut : Ordonnance simple non renouvelable sauf mention contraire
Remboursement : 100%
Indications Trizivir
Trizivir est indiqué dans le traitement des patients adultes infectés par le Virus de l'Immunodéficience Humaine (VIH). Cette association fixe remplace les trois substances actives (abacavir, lamivudine et zidovudine) utilisées séparément aux mêmes dosages. Il est recommandé de démarrer le traitement par la prise séparée d'abacavir, de lamivudine et de zidovudine pendant les 6 à 8 premières semaines de traitement (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi). Le choix de cette association fixe devrait être basé non seulement sur des critères potentiels d'adhésion au traitement, mais aussi et surtout sur l'efficacité attendue et le risque lié à la prise de ces trois analogues nucléosidiques.
La démonstration du bénéfice de Trizivir est principalement basée sur les résultats d'études conduites chez des patients à un stade non avancé de la maladie, n'ayant jamais ou peu reçu d'antirétroviraux. Chez les patients avec une charge virale élevée (> 100 000 copies/ml), le choix de ce traitement doit faire l'objet d'une attention particulière (voir rubrique Propriétés pharmacodynamiques).
Avant de débuter un traitement contenant de l'abacavir, le dépistage de l'allèle HLA-B*5701 doit être réalisé chez tout patient infecté par le VIH, quelle que soit son origine ethnique. L'abacavir ne doit pas être utilisé chez les patients porteurs de l'allèle HLA-B*5701, à moins qu'aucune autre alternative thérapeutique ne soit disponible chez ces patients, en tenant compte des antécédents thérapeutiques et des tests de résistance (voir rubriques Mises en garde et précautions d'emploi et Effets indésirables).
Posologie Trizivir
La prescription doit être faite par un médecin expérimenté dans la prise en charge de l'infection par le VIH.
Chez l'adulte (≥ 18 ans) : La posologie recommandée de Trizivir est d'un comprimé deux fois par jour.
Trizivir peut être pris au cours ou en dehors des repas.
Si une interruption du traitement ou une diminution de la posologie de l'une des substances actives de Trizivir est nécessaire, chaque substance active (abacavir, lamivudine et zidovudine) est disponible séparément.
Insuffisance rénale : Aucun ajustement posologique d'abacavir n'est nécessaire chez les patients ayant une insuffisance rénale.
Les concentrations de lamivudine et de zidovudine sont augmentées en raison d'une diminution de leur clairance et une adaptation posologique de ces médicaments peut être nécessaire. Il est donc recommandé d'administrer séparément l'abacavir, la lamivudine et la zidovudine chez les patients ayant une atteinte de la fonction rénale (clairance de la créatinine ≤ à 50 ml/min), en se référant au résumé des caractéristiques de chacun des médicaments. Trizivir ne doit pas être administré chez les patients ayant une insuffisance rénale au stade terminal (voir rubriques Contre-indications et Propriétés pharmacocinétiques).
Insuffisance hépatique : Trizivir est contre-indiqué chez les patients ayant une insuffisance hépatique (voir rubriques Contre-indications et Propriétés pharmacocinétiques).
Personnes âgées : Aucune donnée pharmacocinétique n'est actuellement disponible chez les patients âgés de plus de 65 ans. Chez le sujet âgé, une attention particulière devra être portée sur une éventuelle altération de la fonction rénale et des modifications des paramètres hématologiques, liées à l'âge.
Ajustement posologique recommandé chez les patients ayant une mauvaise tolérance hématologique : Un ajustement posologique de la zidovudine peut se révéler nécessaire chez les patients ayant un taux d'hémoglobine < 9 g/dl (5,59 mmol/l) ou un taux de neutrophiles < 1,0 x 109/l (voir rubriques Contre-indications et Mises en garde et précautions d'emploi). Comme l'ajustement posologique de Trizivir n'est pas possible, l'administration séparée de l'abacavir, de la lamivudine et de la zidovudine est recommandée, en se référant au résumé des caractéristiques de chacun de ces médicaments.
Contre-indications Trizivir
L'administration de Trizivir est contre-indiquée en cas d'hypersensibilité connue à l'abacavir, à la lamivudine, à la zidovudine ou à l'un des excipients. Voir INFORMATIONS ENCADREES SUR LES REACTIONS D'HYPERSENSIBILITE au niveau des rubriques Mises en garde et précautions d'emploi et Effets indésirables.
Trizivir est contre-indiqué chez les patients ayant une insuffisance rénale au stade terminal.
Trizivir est contre-indiqué chez les patients ayant une insuffisance hépatique.
En raison de la présence de zidovudine, Trizivir est contre-indiqué chez les patients ayant des troubles hématologiques sévères : taux de neutrophiles < 0,75 x 109/l ou taux d'hémoglobine < 7,5 g/dl (4,65 mmol/l) (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi).
Interactions Trizivir
Trizivir est l'association d'abacavir, de lamivudine et de zidovudine. A ce titre, les interactions médicamenteuses observées pour chacun des trois composants de ce médicament peuvent se produire avec Trizivir.
La probabilité d'interactions métaboliques avec la lamivudine est faible en raison d'un métabolisme réduit, d'une faible liaison aux protéines plasmatiques et d'une élimination essentiellement rénale de la lamivudine. La zidovudine est principalement éliminée par conjugaison hépatique sous forme d'un métabolite glucuronoconjugué inactif. Les médicaments éliminés essentiellement par métabolisme hépatique, en particulier par glucuronoconjugaison, peuvent potentiellement inhiber le métabolisme de la zidovudine. Sur la base des études in vitro et des principales voies métaboliques connues de l'abacavir, le risque potentiel d'interactions médicamenteuses entre l'abacavir et les médicaments métabolisés par le cytochrome P450 est faible. Aucune interaction cliniquement significative n'a été observée entre l'abacavir, la lamivudine et la zidovudine lors des études cliniques.
Les interactions listées ci-dessous ne doivent pas être considérées comme exhaustives mais sont représentatives des classes de médicaments pour lesquelles une attention particulière doit être apportée.
Interactions avec l'abacavir
Sur la base des études in vitro et des principales voies métaboliques connues de l'abacavir, le risque potentiel d'interactions médicamenteuses entre l'abacavir et les médicaments métabolisés par le cytochrome P450 est faible. Le cytochrome P450 ne joue pas un rôle majeur dans le métabolisme de l'abacavir, et l'abacavir n'est pas un inhibiteur du cytochrome P450 3A4. De même, pour les concentrations d'abacavir cliniquement efficaces, aucune inhibition des enzymes CYP 3A4, CYP 2C9 ou CYP 2D6 n'a été observée in vitro. Le risque d'interactions avec les antirétroviraux IP et avec les autres médicaments métabolisés par les principaux cytochromes P450 est donc faible.
Les inducteurs enzymatiques puissants tels que la rifampicine, le phénobarbital et la phénytoïne peuvent, via leur action sur l'UDP-glucuronyltransférase, légèrement diminuer les concentrations plasmatiques d'abacavir.
Le métabolisme de l'abacavir est modifié par l'administration concomitante d'éthanol avec une augmentation d'environ 41 % de l'Aire Sous la Courbe (ASC) de l'abacavir. Ces données ne sont pas considérées comme cliniquement significatives. L'abacavir n'a pas d'effet sur le métabolisme de l'éthanol.
Les rétinoïdes sont éliminés par l'alcool-déshydrogénase. Une interaction avec l'abacavir est possible mais n'a pas été étudiée.
Lors d'une étude pharmacocinétique, la co-administration de 600 mg d'abacavir deux fois par jour avec la méthadone a entraîné une réduction de 35 % de la Cmax de l'abacavir et un allongement d'une heure du Tmax sans changement de l'ASC. Ces modifications ne sont pas considérées comme cliniquement pertinentes. Dans cette étude, l'abacavir a augmenté de 22 % la valeur moyenne de la clairance systémique de la méthadone. Par conséquent, un effet inducteur enzymatique ne peut être exclu. Les patients recevant conjointement de la méthadone et de l'abacavir devront être surveillés afin de détecter les symptômes évocateurs d'un état de manque, ce qui indiquerait un sous-dosage en méthadone, un re-titrage de la méthadone pouvant ponctuellement s'avérer nécessaire.
Interactions avec la lamivudine
Des interactions potentielles avec d'autres médicaments co-administrés avec Trizivir doivent être envisagées, en particulier avec les médicaments à élimination essentiellement rénale par sécrétion tubulaire active, via le système de transport cationique (ex. : triméthoprime). Les analogues nucléosidiques (ex. : zidovudine, didanosine et zalcitabine) et d'autres médicaments (ex. : ranitidine, cimétidine), sont éliminés partiellement par ce mécanisme mais n'ont pas montré d'interaction avec la lamivudine.
L'administration de triméthoprime et de sulfaméthoxazole aux doses respectives de 160 mg et 800 mg entraîne une augmentation de 40 % de l'exposition à la lamivudine en raison du triméthoprime ; il n'y a pas d'interaction avec le sulfaméthoxazole. Il n'est cependant pas nécessaire d'adapter la posologie de la lamivudine, sauf en cas d'insuffisance rénale (voir rubrique Posologie et mode d'administration). La lamivudine ne modifie pas la pharmacocinétique du triméthoprime ou du sulfaméthoxazole. Lorsque l'administration concomitante de Trizivir et de cotrimoxazole est indiquée, une surveillance clinique est nécessaire.
La co-administration de Trizivir et de fortes doses de cotrimoxazole pour le traitement des pneumonies à Pneumocystis carinii (PCP) et de la toxoplasmose devrait être évitée.
En l'absence de données complémentaires, la co-administration de lamivudine avec le ganciclovir ou le foscarnet intraveineux n'est pas recommandée.
La lamivudine peut inhiber la phosphorylation intracellulaire de la zalcitabine lorsque ces deux médicaments sont administrés de manière concomitante. Par conséquent, il n'est pas recommandé d'utiliser Trizivir en association avec la zalcitabine.
Le métabolisme de la lamivudine ne fait pas intervenir l'isoenzyme CYP3A, les interactions avec les médicaments métabolisés par le cytochrome P450 sont donc peu probables (ex. : IP et analogues non-nucléosidiques).
Interactions avec la zidovudine
Des données limitées suggèrent que l'administration concomitante de zidovudine et de rifampicine diminue l'ASC de la zidovudine de 48 % ± 34 %. La signification clinique de cette diminution n'est cependant pas connue. Une adaptation des doses de zidovudine dans ce cas précis n'a pas été évaluée.
Des données limitées suggèrent que le probénécide augmente la demi-vie moyenne et l'ASC de la zidovudine en fonction du temps, par diminution de la glucuronoconjugaison. L'excrétion rénale du dérivé glucuronoconjugué (et peut-être de la zidovudine) est réduite en présence de probénécide. Les patients recevant les deux médicaments devront être étroitement surveillés afin de détecter une éventuelle toxicité hématologique.
De faibles taux plasmatiques de phénytoïne ont été signalés chez quelques patients traités par la zidovudine, excepté dans un cas où des concentrations élevées ont été retrouvées. Une surveillance des concentrations plasmatiques de phénytoïne est donc recommandée chez les patients recevant Trizivir et la phénytoïne.
Dans une étude pharmacocinétique, l'administration concomitante de zidovudine et de comprimés d'atovaquone a provoqué une baisse de la clairance de la zidovudine administrée par voie orale, entraînant une augmentation de 35 % ± 23 % de l'ASC de la zidovudine. Le mode d'interaction n'est pas connu. Des concentrations plus élevées en atovaquone pouvant être obtenues lors de la prise d'atovaquone sous forme de suspension, cela pourrait entraîner des modifications plus importantes de l'ASC de la zidovudine lorsque l'atovaquone est administré sous forme de suspension. Les données disponibles étant limitées, la signification clinique de cette augmentation n'est pas connue.
L'acide valproïque, le fluconazole ou la méthadone, administrés avec la zidovudine, entraînent une diminution de la clairance de la zidovudine avec une augmentation correspondante de l'ASC de la zidovudine. Les données cliniques étant limitées, la signification clinique n'est pas connue. En cas d'utilisation simultanée de zidovudine et d'acide valproïque, de fluconazole ou de méthadone, les patients devront être étroitement surveillés afin de détecter une éventuelle toxicité de la zidovudine.
In vitro, il existe un antagonisme entre la zidovudine et la stavudine lorsqu'elle sont associées, par conséquent, l'utilisation concomitante de Trizivir avec la stavudine est à éviter (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi).
Une aggravation de l'anémie liée à la ribavirine a été rapportée lorsque la zidovudine fait partie du traitement de l'infection par le VIH, bien que le mécanisme exact reste à élucider. L'utilisation concomitante de la ribavirine et de la zidovudine n'est pas recommandée en raison d'un risque accru d'anémie (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi). Il doit être envisagé de remplacer la zidovudine dans un traitement par associations d'antirétroviraux préexistant. Ceci est particulièrement important chez les patients ayant un antécédent d'anémie induite par la zidovudine.
L'administration concomitante, particulièrement lors d'un traitement d'attaque, avec des médicaments potentiellement néphrotoxiques ou myélotoxiques (tels que pentamidine par voie générale, dapsone, pyriméthamine, cotrimoxazole, amphotéricine, flucytosine, ganciclovir, interféron, vincristine, vinblastine ou doxorubicine) peut également accroître le risque de survenue d'effets indésirables liés à la zidovudine. Dans le cas où l'association de Trizivir avec l'un de ces médicaments est nécessaire, une surveillance attentive de la fonction rénale et des paramètres hématologiques sera effectuée et, en cas de besoin, la posologie de l'un ou de plusieurs des produits devra être réduite.
Des données limitées provenant d'essais cliniques n'ont pas montré de risque accru d'effets indésirables liés à la zidovudine lors d'associations avec le cotrimoxazole (voir ci-dessus : informations sur les interactions liées à la lamivudine et au cotrimoxazole), la pentamidine en aérosol, la pyriméthamine et l'aciclovir aux doses utilisées en prophylaxie.
La co-administration de Trizivir et de fortes doses de cotrimoxazole pour le traitement des pneumonies à Pneumocystis carinii (PCP) et de la toxoplasmose devrait être évitée.
Les comprimés de clarithromycine réduisent l'absorption de la zidovudine. Ceci peut être évité en espaçant d'au moins deux heures l'administration de Trizivir et celle de clarithromycine.
Précautions d'emploi Trizivir
Les mises en garde et précautions particulières d'emploi liées à l'abacavir, la lamivudine et la zidovudine sont décrites ci-dessous. Il n'y a pas de mise en garde ni de précaution supplémentaire spécifique à l'association Trizivir.
Réaction d'hypersensibilité (voir rubrique Effets indésirables) :
Au cours des essais cliniques, une réaction d'hypersensibilité a été observée chez environ 5 % des patients traités par l'abacavir (également principe actif de Ziagen). Dans certains cas, ces réactions d'hypersensibilité ont menacé le pronostic vital et ont parfois entraîné une évolution fatale, malgré la prise de précautions.
Des études ont montré que le portage de l'allèle HLA-B*5701 est associé à un risque significativement majoré de réaction d'hypersensibilité à l'abacavir. D'après les résultats de l'étude prospective CNA106030 (PREDICT-1), le dépistage de l'allèle HLA-B*5701 avant de débuter le traitement, suivi de la non-prescription d'abacavir chez les patients porteurs de cet allèle, a réduit significativement l'incidence des réactions d'hypersensibilité à l'abacavir. Dans des populations similaires à celles incluses dans l'étude PREDICT-1, il est estimé que 48% à 61% des patients porteurs de l'allèle HLA-B*5701 développeraient une réaction d'hypersensibilité pendant leur traitement par l'abacavir, comparés à 0% à 4% des patients, non porteurs de cet allèle.
Ces résultats sont cohérents avec ceux des précédentes études rétrospectives.
Par conséquent, avant de débuter un traitement contenant de l'abacavir, le dépistage de l'allèle HLA-B*5701 doit être réalisé chez tout patient infecté par le VIH, quelle que soit son origine ethnique. L'abacavir ne doit pas être utilisé chez des patients porteurs de l'allèle HLA-B*5701, à moins qu'aucune autre alternative thérapeutique ne soit disponible, en tenant compte des antécédents thérapeutiques et des tests de résistance (voir rubrique Indications thérapeutiques).
Chez tout patient traité par l'abacavir, le diagnostic clinique d'une suspicion de réaction d'hypersensibilité doit rester la base de toute décision clinique. Il est à noter que parmi les patients ayant présenté une réaction d'hypersensibilité cliniquement suspectée, certains ne portaient pas l'allèle HLA-B*5701. En conséquence, même en l'absence de l'allèle HLA-B*5701, il est important d'interrompre définitivement le traitement par l'abacavir et de ne jamais réintroduire l'abacavir si une réaction d'hypersensibilité ne peut être exclue sur la base de la situation clinique, du fait du risque de réaction grave, voire même fatale.
Un test épicutané a été utilisé en tant qu'outil de recherche dans l'étude PREDICT-1 mais n'a pas d'utilité dans la prise en charge clinique des patients. Par conséquent, il ne doit pas être utilisé en pratique clinique.
• Description clinique
Les réactions d'hypersensibilité sont caractérisées par la survenue de manifestations plurisymptomatiques évocatrices d'une affection systémique. Lors de la quasi-totalité des réactions d'hypersensibilité, le syndrome comporte de la fièvre et/ou un rash.
D'autres signes et symptômes peuvent inclure des signes et manifestations respiratoires à type de dyspnée, maux de gorge, toux et observations d'anomalies sur la radiographie du thorax (principalement des infiltrats, qui peuvent être localisés), des troubles gastro-intestinaux tels que nausées, vomissements, diarrhée ou douleurs abdominales, et peuvent conduire à une erreur entre un diagnostic d'hypersensibilité et d'affection respiratoire (pneumonie, bronchite, pharyngite) ou de gastro-entérite. Les autres signes ou symptômes de réaction d'hypersensibilité fréquemment observés peuvent inclure : léthargie ou malaise et troubles ostéo-musculaires (myalgies, rarement myolyse, arthralgies).
Les symptômes liés à cette réaction d'hypersensibilité s'aggravent avec la poursuite du traitement et peuvent menacer le pronostic vital. Les symptômes disparaissent habituellement à l'arrêt du traitement par abacavir.
• Prise en charge clinique
Les symptômes d'hypersensibilité apparaissent habituellement au cours des six premières semaines de traitement par l'abacavir. Ces réactions peuvent cependant survenir à tout moment au cours du traitement. Les patients doivent être étroitement surveillés, en particulier pendant les deux premiers mois de traitement par Trizivir, avec une consultation tous les 15 jours.
Les patients chez qui une réaction d'hypersensibilité est diagnostiquée au cours du traitement
DOIVENT immédiatement arrêter leur traitement par Trizivir.
Trizivir, ou tout autre médicament contenant de l'abacavir (ex. : Ziagen), NE DOIT JAMAIS être réadministré chez les patients ayant arrêté le traitement en raison d'une réaction d'hypersensibilité. La reprise du traitement par abacavir après une réaction d'hypersensibilité entraîne une réapparition rapide des symptômes en quelques heures. Cette récidive est généralement plus sévère que l'épisode initial et peut entraîner une hypotension mettant en jeu le pronostic vital, voire le décès.
Afin d'éviter tout retard dans le diagnostic et de réduire le risque de survenue d'une réaction d'hypersensibilité mettant en jeu le pronostic vital, le traitement par Trizivir doit être définitivement interrompu chez les patients pour lesquels une réaction d'hypersensibilité ne peut être exclue, même si d'autres diagnostics sont possibles (par exemple : affections respiratoires, syndrome pseudo-grippal, gastro-entérite ou réactions liées à d'autres traitements).
Une attention particulière est nécessaire pour les patients débutant simultanément un traitement par Trizivir et par d'autres médicaments pouvant induire une toxicité cutanée (tels que les inhibiteurs non-nucléosidiques de la transcriptase inverse - INNTI). Il est en effet actuellement difficile de distinguer les éruptions induites par ces produits des réactions d'hypersensibilité à l'abacavir.
• Conduite à tenir après une interruption du traitement par Trizivir
Si le traitement par Trizivir a été interrompu, quelle qu'en soit la raison, et qu'une reprise du traitement est envisagée, le motif de l'arrêt doit être clairement établi afin d'identifier si le patient avait présenté un des symptômes d'une réaction d'hypersensibilité. Si une réaction d'hypersensibilité ne peut être exclue, le traitement par Trizivir, ou par tout autre médicament contenant de l'abacavir (ex. : Kivexa, Ziagen), ne doit pas être réintroduit.
Des réactions d'hypersensibilité d'apparition rapide – mettant parfois en jeu le pronostic vital – ont été rapportées chez des patients après reprise du traitement par abacavir, alors que ceux-ci n'avaient présenté qu'un seul des symptômes évocateurs d'une réaction d'hypersensibilité (rash, fièvre, troubles gastro-intestinaux, respiratoires ou symptômes constitutionnels tels que léthargie et malaise) préalablement à l'arrêt du traitement. Le symptôme isolé de réaction d'hypersensibilité le plus fréquemment rapporté était un rash. De plus, une réaction d'hypersensibilité a été très rarement rapportée chez des patients pour lesquels un traitement a été ré-initié alors qu'ils ne présentaient au préalable aucun symptôme d'hypersensibilité. Dans les deux cas, s'il est décidé de ré-administrer Trizivir, cette reprise devra être effectuée dans un environnement où une assistance médicale est rapidement accessible.
• Informations devant être absolument communiquées au patient
Les prescripteurs doivent s'assurer que les patients ont pleinement connaissance des informations suivantes concernant la réaction d'hypersensibilité :
- Les patients doivent être informés du risque de réaction d'hypersensibilité à l'abacavir pouvant entraîner une réaction susceptible de menacer le pronostic vital, voire d'entraîner un décès.
- Les patients développant des signes ou symptômes pouvant être liés à une réaction d'hypersensibilité DOIVENT IMMEDIATEMENT CONTACTER leur médecin.
- Il faut rappeler aux patients ayant présenté une réaction d'hypersensibilité à l'abacavir qu'ils ne doivent jamais reprendre un traitement par Trizivir, ni par tout autre médicament contenant de l'abacavir (ex. : Kivexa, Ziagen).
- Afin d'éviter toute reprise du traitement par Trizivir, il sera demandé aux patients ayant présenté une réaction d'hypersensibilité de restituer les comprimés restants de Trizivir à la pharmacie.
- Les patients ayant interrompu Trizivir, quelle qu'en soit la raison, et en particulier en raison d'effets indésirables ou d'autres affections, doivent être avisés de contacter leur médecin avant toute reprise du traitement.
- Les patients doivent être informés de l'importance d'une prise régulière de Trizivir.
- Il faut demander à chaque patient de lire la notice incluse dans la boîte de Trizivir. Une carte de mise en garde est également incluse dans cette boîte. Il convient d'informer les patients qu'il est important de retirer cette carte et de la conserver sur eux en permanence.
Acidose lactique : une acidose lactique, associée habituellement à une hépatomégalie et à une stéatose hépatique, a été rapportée après administration d'analogues nucléosidiques. Les symptômes précoces (hyperlactatémie symptomatique) incluent des troubles digestifs bénins (nausées, vomissements et douleurs abdominales), une sensation de malaise général, une perte d'appétit, une perte de poids, des symptômes respiratoires (respiration rapide et/ou profonde) ou neurologiques (incluant un déficit moteur).
L'acidose lactique entraîne une mortalité élevée et peut être associée à une pancréatite, une insuffisance hépatique ou une insuffisance rénale.
L'acidose lactique apparaît généralement après quelques, voire plusieurs, mois de traitement.
Le traitement par analogues nucléosidiques devra être interrompu en cas d'hyperlactatémie symptomatique et d'acidose métabolique/lactique, d'hépatomégalie évolutive, ou d'élévation rapide des transaminases.
L'administration d'analogues nucléosidiques se fera avec une prudence particulière chez tous les patients (notamment les femmes obèses) ayant une hépatomégalie, une hépatite ou tout autre facteur de risque connu d'atteinte hépatique et stéatose hépatique (y compris certains médicaments ou l'alcool). Les patients co-infectés par l'hépatite C et traités par un interféron-alpha et la ribavirine sont particulièrement exposés.
Les patients à risque élevé devront faire l'objet d'une étroite surveillance.
Dysfonctionnement mitochondrial : Il a été démontré que les analogues nucléosidiques et nucléotidiques entraînent, in vitro et in vivo, des atteintes mitochondriales plus ou moins sévères. Des cas de dysfonctionnement mitochondrial ont été rapportés chez des nourrissons non infectés par le VIH, exposés in utero et/ou en période post-natale à des analogues nucléosidiques. Les effets indésirables principalement rapportés sont des atteintes hématologiques (anémie, neutropénie) et des troubles métaboliques (hyperlactatémie, hyperlipasémie). Ces effets indésirables sont souvent transitoires. Des troubles neurologiques d'apparition tardive ont été rapportés (hypertonie, convulsions, troubles du comportement). Le caractère transitoire ou permanent de ces troubles neurologiques n'est pas établi à ce jour. Tout enfant exposé in utero à des analogues nucléosidiques ou nucléotidiques, y compris les enfants séronégatifs pour le VIH, devra faire l'objet d'un suivi clinique et biologique et d'un bilan approfondi à la recherche d'un éventuel dysfonctionnement mitochondrial devant tout signe ou symptôme évocateur. Ces données ne modifient pas les recommandations actuelles nationales quant à l'utilisation d'un traitement antirétroviral chez la femme enceinte dans la prévention de la transmission materno-foetale du VIH.
Lipodystrophie : Les traitements par association d'antirétroviraux ont été associés, chez les patients infectés par le VIH, à une redistribution de la masse grasse corporelle (lipodystrophie). Les conséquences à long terme de ces événements ne sont actuellement pas connues. Le mécanisme à l'origine de ces anomalies n'est pas complètement élucidé. L'hypothèse d'une relation entre lipomatose viscérale et inhibiteurs de protéase (IP) d'une part, et lipoatrophie et inhibiteurs nucléosidiques de la transcriptase inverse (INTI) d'autre part, a été émise. Le risque de lipodystrophie est majoré par des facteurs individuels tels qu'un âge plus avancé et par des facteurs liés au traitement, tels qu'une plus longue durée du traitement antirétroviral avec les anomalies métaboliques qui lui sont associés. L'examen clinique doit comporter une évaluation des signes physiques de redistribution des graisses. Une attention particulière devra être portée aux dosages effectués à jeun des lipides plasmatiques et de la glycémie. Les troubles lipidiques devront être pris en charge en clinique de manière appropriée (voir rubrique Effets indésirables).
Effets indésirables hématologiques : Une anémie, une neutropénie ou une leucopénie (généralement secondaire à la neutropénie) peut survenir chez les patients traités par la zidovudine. Ces effets indésirables sont plus fréquents aux posologies les plus élevées de zidovudine (1200-1500 mg/jour) et chez les patients avec insuffisance médullaire avant le traitement, en particulier à un stade avancé de l'infection par le VIH. Par conséquent, les paramètres hématologiques devront être surveillés avec soin chez les patients traités par Trizivir (voir rubrique Contre-indications). Ces troubles hématologiques ne sont généralement pas observés avant 4 à 6 semaines de traitement. Chez les patients symptomatiques à un stade avancé de la maladie, il est généralement conseillé de réaliser un contrôle hématologique au moins tous les 15 jours pendant le premier trimestre de traitement, puis au moins tous les mois.
Chez les patients traités à un stade précoce de la maladie, les effets indésirables hématologiques sont peu fréquents. Suivant l'état général du patient, la surveillance hématologique peut être moins fréquente, par exemple mensuelle ou trimestrielle. En outre, en cas d'anémie sévère ou de myélosuppression survenant lors du traitement par Trizivir, ou en cas d'insuffisance médullaire préexistante (taux d'hémoglobine < 9 g/dl (5,59 mmol/l) ou taux de neutrophiles inférieur à 1,0 x 109/l) (voir rubrique Posologie et mode d'administration), une adaptation posologique de la zidovudine peut être recommandée. Dans ce cas, et sachant qu'une adaptation posologique de Trizivir n'est pas possible, l'administration séparée de la zidovudine, de l'abacavir et de la lamivudine est recommandée. Le médecin devra alors se référer au résumé des caractéristiques correspondant à chaque médicament.
Pancréatite : De rares cas de pancréatite ont été observés chez des patients traités par l'abacavir, la lamivudine ou par la zidovudine. Cependant, les responsabilités respectives de ces traitements médicamenteux et de l'évolution de l'infection par le VIH n'ont pas pu être formellement établies. Le traitement par Trizivir doit être interrompu immédiatement en cas de signes cliniques ou biologiques évocateurs de pancréatite.
Atteinte hépatique : Si la lamivudine est utilisée concomitamment pour le traitement de l'infection par le VIH et par le virus de l'hépatite B, des informations supplémentaires sur l'utilisation de la lamivudine dans le traitement de l'hépatite B sont disponibles dans le Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) de Zeffix.
La tolérance et l'efficacité de Trizivir n'ont pas été établies chez les patients présentant des troubles sous jacents significatifs de la fonction hépatique. Trizivir est contre-indiqué chez les patients ayant une insuffisance hépatique (voir rubrique Contre-indications)
Les patients atteints d'une hépatite chronique B ou C et traités par association d'antirétroviraux présentent un risque accru de développer des événements indésirables hépatiques sévères et potentiellement fatals. En cas d'administration concomitante d'un traitement antiviral de l'hépatite B ou C, veuillez consulter le Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) de ces médicaments.
Si le traitement par Trizivir est interrompu chez des patients co-infectés par le virus de l'hépatite B, il est recommandé de procéder à une surveillance régulière de la fonction hépatique et des marqueurs de la réplication du VHB, l'interruption de la lamivudine pouvant entraîner une exacerbation sévère de l'hépatite (voir RCP de Zeffix).
Les patients ayant des troubles préexistants de la fonction hépatique (y compris une hépatite chronique active) ont, au cours d'un traitement par association d'antirétroviraux, une fréquence plus élevée d'anomalies de la fonction hépatique et doivent faire l'objet d'une surveillance appropriée. Chez ces patients, en cas d'aggravation confirmée de l'atteinte hépatique, l'interruption ou l'arrêt du traitement devra être envisagé.
Patients co-infectés par le virus de l'hépatite C :
L'utilisation concomitante de ribavirine et de zidovudine n'est pas recommandée en raison d'un risque
accru d'anémie (voir rubrique Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions).
Enfants et adolescents : Les données disponibles étant insuffisantes, l'utilisation de Trizivir n'est pas recommandée chez les enfants et les adolescents. En outre, chez ces patients, les réactions d'hypersensibilité sont particulièrement difficiles à évaluer.
Syndrome de Restauration Immunitaire : Chez les patients infectés par le VIH et présentant un déficit immunitaire sévère au moment de l'instauration du traitement par association d'antirétroviraux, une réaction inflammatoire à des infections opportunistes asymptomatiques ou résiduelles peut apparaître et entraîner des manifestations cliniques graves ou une aggravation des symptômes. De telles réactions ont été observées classiquement au cours des premières semaines ou mois suivant l'instauration du traitement par association d'antirétroviraux. Des exemples pertinents sont les rétinites à cytomégalovirus, les infections mycobactériennes généralisées et/ou localisées, et les pneumopathies à Pneumocystis carinii. Tout symptôme inflammatoire doit être évalué et un traitement doit être instauré si nécessaire.
Ostéonécrose : L'étiologie est considérée comme multifactorielle (incluant l'utilisation de corticoïdes, la consommation d'alcool, une immunosuppression sévère, un indice de masse corporelle élevé), cependant des cas d'ostéonécrose ont été rapportés en particulier chez des patients à un stade avancé de la maladie liée au VIH et/ou ayant un traitement par association d'antirétroviraux au long cours. Il est conseillé aux patients de solliciter un avis médical s'ils éprouvent des douleurs et des arthralgies, une raideur articulaire ou des difficultés pour se mouvoir.
Infections opportunistes : Les patients devront être informés que Trizivir, comme tout autre traitement antirétroviral, ne guérit pas l'infection par le VIH, et que l'apparition d'infections opportunistes ou d'autres complications liées à l'évolution de l'infection par le VIH reste possible. Aussi, les patients doivent faire l'objet d'une surveillance clinique étroite par un médecin expérimenté dans la prise en charge des patients infectés par le VIH.
Infarctus du myocarde : Des études observationnelles ont montré une association entre l'infarctus du myocarde et la prise d'abacavir. Les sujets étudiés étaient principalement des patients préalablement traités par antirétroviraux. Les données issues des essais cliniques ont mis en évidence un nombre limité d'infarctus du myocarde et ne permettent pas d'exclure une légère augmentation de ce risque. Dans l'ensemble, les données disponibles, issues des cohortes observationnelles et des essais randomisés, présentent un manque de cohérence dans leurs résultats, et de fait ne permettent ni de confirmer ni de réfuter un lien de causalité entre le traitement par abacavir et le risque d'infarctus du myocarde. A ce jour, aucun mécanisme biologique expliquant une éventuelle augmentation de ce risque n'a été identifié. La prescription de Trizivir doit s'accompagner de mesures visant à réduire tous les facteurs de risque modifiables (par exemple : tabagisme, hypertension et hyperlipidémie).
Autres : Les patients doivent être informés qu'à ce jour, il n'a pas été démontré de prévention du risque de transmission sexuelle ou sanguine du VIH sous traitement antirétroviral, y compris par Trizivir. Les précautions appropriées doivent donc être maintenues.
A ce jour, les données sur l'efficacité et la tolérance de Trizivir co-administré avec des INNTI, ou avec des IP, sont insuffisantes (voir rubrique Propriétés pharmacodynamiques).
L'utilisation concomitante de stavudine et de zidovudine doit être évitée (voir rubrique Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions).
Effets secondaires Trizivir
Effets indésirables liés aux trois substances actives
Des effets indésirables ont été rapportés lors du traitement de l'infection par le VIH avec l'abacavir, la lamivudine et la zidovudine, pris séparément ou en association. Trizivir contenant de l'abacavir, de la lamivudine et de la zidovudine, les effets indésirables associés à ces molécules sont donc attendus.
Hypersensibilité à l'abacavir (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi)
Dans les études cliniques, une réaction d'hypersensibilité a été observée chez environ 5 % des patients traités par l'abacavir. Dans certains cas, ces réactions d'hypersensibilité ont menacé le pronostic vital, voire entraîné une évolution fatale, malgré la prise de précautions. Ces réactions d'hypersensibilité sont caractérisées par la survenue de manifestations plurisymptomatiques évocatrices d'une affection systémique.
Chez la quasi-totalité des patients présentant une réaction d'hypersensibilité, le syndrome comporte de la fièvre et/ou un rash (habituellement maculopapuleux ou urticarien), cependant certains patients ont présenté une réaction sans fièvre ni rash.
Les signes et symptômes associés à une hypersensibilité à l'abacavir sont résumés dans le tableau 1. Ceux-ci on été identifiés au cours des essais cliniques ou lors du suivi après commercialisation.
Chez certains patients ayant eu une réaction d'hypersensibilité, le diagnostic initial évoqué était une gastro-entérite, une affection respiratoire (pneumonie, bronchite, pharyngite) ou un syndrome pseudogrippal. Ce retard dans le diagnostic d'une réaction d'hypersensibilité a entraîné la poursuite ou la reprise du traitement par abacavir et a conduit à une réaction d'hypersensibilité plus sévère, voire au décès. De ce fait, le diagnostic de réaction d'hypersensibilité doit systématiquement être évoqué chez les patients présentant de tels symptômes.
Les symptômes apparaissent habituellement au cours des six premières semaines de traitement par abacavir (délai médian d'apparition : 11 jours), bien que ces réactions puissent survenir à tout moment au cours du traitement. Les patients doivent être étroitement surveillés pendant les deux premiers mois de traitement par l'abacavir, avec une consultation tous les 15 jours.
Il est vraisemblable qu'un traitement intermittent puisse augmenter le risque de sensibilisation et donc de survenue de réactions d'hypersensibilité cliniquement significatives. Les patients doivent donc être avertis de l'importance d'une prise régulière de Trizivir.
La reprise du traitement par Trizivir (ou par tout autre médicament contenant de l'abacavir) après une réaction d'hypersensibilité entraîne une réapparition rapide des symptômes en quelques heures. Cette récidive est généralement plus sévère que l'épisode initial et peut entraîner une hypotension mettant en jeu le pronostic vital, voire le décès. Les patients développant une réaction d'hypersensibilité doivent arrêter Trizivir. Chez ces patients, le traitement par Trizivir, ou par tout autre médicament contenant de l'abacavir (ex. : Kivexa, Ziagen), ne doit jamais être réintroduit.
Afin d'éviter tout retard dans le diagnostic et de réduire le risque de survenue d'une réaction d'hypersensibilité mettant en jeu le pronostic vital, le traitement par Trizivir doit être définitivement interrompu chez les patients pour lesquels une réaction d'hypersensibilité ne peut être exclue, même si d'autres diagnostics sont possibles (par exemple : affections respiratoires, syndrome pseudo-grippal, gastro-entérite ou réactions liées à d'autres traitements).
Des réactions d'hypersensibilité d'apparition rapide – mettant parfois en jeu le pronostic vital – ont été rapportées chez des patients après reprise du traitement par abacavir, alors que ceux-ci n'avaient présenté qu'un seul des symptômes évocateurs d'une réaction d'hypersensibilité (rash, fièvre, troubles gastro-intestinaux, respiratoires ou symptômes constitutionnels tels que léthargie et malaise) préalablement à l'arrêt du traitement. Le symptôme isolé de réaction d'hypersensibilité le plus fréquemment rapporté était un rash. De plus, une réaction d'hypersensibilité a été très rarement rapportée chez des patients pour lesquels un traitement a été ré-initié alors qu'ils ne présentaient au préalable aucun symptôme d'hypersensibilité. Dans les deux cas, s'il est décidé de ré-administrer Trizivir, cette reprise devra être effectuée dans un environnement où une assistance médicale est rapidement accessible.
Chaque patient doit être averti de la possibilité de survenue d'une réaction d'hypersensibilité à l'abacavir.
Tableau 1 : Résumé des signes et symptômes associés à une hypersensibilité à l'abacavir (Les signes et symptômes rapportés chez au moins 10 % des patients présentant une réaction d'hypersensibilité à l'abacavir sont en caractères gras).
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Classe organe |
Effets indésirables |
|
Affections gastrointestinales |
Nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales, ulcérations buccales. |
|
Affections du système nerveux et psychiatriques |
Céphalées, paresthésie. |
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Affections hématologiques et du système lymphatique |
Lymphopénie. |
|
Affections hépatobiliaires |
Perturbation du bilan hépatique, hépatite, insuffisance hépatique. |
|
Affections musculo-squelettiques et systémiques |
Myalgies, rarement myolyse, arthralgies, élévation de la créatine phosphokinase. |
|
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales |
Dyspnée, maux de gorge, toux, syndrome de détresse respiratoire de l'adulte, insuffisance respiratoire. |
|
Affections de la peau et du tissu sous-cutané |
Rash (habituellement maculopapuleux ou urticariens). |
|
Affections du rein et des voies urinaires |
Elévation de la créatinine, insuffisance rénale. |
|
Effets divers |
Fièvre, léthargie, malaise, oedème, lymphadénopathie, hypotension artérielle, conjonctivite, anaphylaxie. |
Effets indésirables rapportés avec chacune des substances actives de Trizivir
Les effets indésirables rapportés avec l'abacavir, la lamivudine et la zidovudine sont présentés dans le tableau 2. Ils sont listés par classe d'organe et par fréquence absolue. Les fréquences sont définies selon les catégories suivantes : très fréquent (> 1/10), fréquent (< 1/10 et > 1/100), peu fréquent (< 1/100 et > 1/1000), rare (< 1/1000 et > 1/10 000) et très rare (< 1/10 000).
Des précautions doivent être prises pour éliminer une possible réaction d'hypersensibilité si l'un de ces symptômes est observé.
Tableau 2 : Effets indésirables rapportés avec chacune des trois substances actives de Trizivir
|
Abacavir |
Lamivudine |
Zidovudine |
|
IMPORTANT : pour toute information sur l'hypersensibilité à l'abacavir, se référer à l'encadré détaillant l'hypersensibilité à l'abacavir ci-dessus et au tableau 1 | ||
|
Affections hématologiques et du système lymphatique | ||
|
|
Peu fréquent : neutropénie, anémie (toutes deux parfois sévères), thrombocytopénie. Très rare: érythroblastopénie. |
Fréquent : anémie, neutropénie et leucopénie. Peu fréquent : thrombocytopénie et pancytopénie avec hypoplasie médullaire. Rare : érythroblastopénie. Très rare : anémie aplasique. |
|
Affections du système immunitaire | ||
|
Fréquent : hypersensibilité. |
|
|
|
Troubles du métabolisme et de la nutrition | ||
|
Fréquent : anorexie. |
|
Rare : anorexie, acidose lactique en l'absence d'hypoxémie. |
|
Affections psychiatriques | ||
|
|
|
Rare : anxiété, dépression |
|
Affections du système nerveux | ||
|
Fréquent : céphalées. |
Fréquent : céphalées, insomnie. Très rare : neuropathie périphérique (paresthésie). |
Très fréquent : céphalées. Fréquent : vertiges. Rare : insomnie, paresthésie, somnolence, baisse de l'acuité intellectuelle, convulsions. |
|
Affections cardiaques | ||
|
|
|
Rare : cardiomyopathie. |
|
Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales | ||
|
|
Fréquent : toux, symptômes au niveau nasal. |
Peu fréquent : dyspnée. Rare : toux. |
|
Affections gastro-intestinales | ||
|
Fréquent : nausées, vomissements, diarrhée. Rare : pancréatite. |
Fréquent : nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée. Rare : hyperamylasémie, pancréatite. |
Très fréquent : nausées. Fréquent : vomissements, douleurs abdominales et diarrhée. Peu fréquent : flatulence. Rare : pigmentation de la muqueuse buccale, altération du goût, dyspepsie, pancréatite. |
|
Affections hépatobiliaires | ||
|
|
Peu fréquent : élévation transitoires des enzymes hépatiques (ASAT, ALAT). Rare : hépatite. |
Fréquent : élévation des taux sanguins des enzymes hépatiques et de la bilirubinémie. Rare : anomalies hépatiques telles qu'hépatomégalie importante avec stéatose. |
|
Abacavir |
Lamivudine |
Zidovudine |
|
Affection de la peau et du tissu sous-cutané | ||
|
Fréquent : rash (sans symptôme systémique). Très rare : érythème multiforme, syndrome de Stevens-Johnson et syndrome de Lyell. |
Fréquent : rash, alopécie. |
Peu fréquent : rash et prurit. Rare : pigmentation des ongles et de la peau, urticaire et sueurs. |
|
Affections musculo-squelettiques et systémiques | ||
|
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Fréquent : arthralgie, troubles musculaires. Rare : rhabdomyolyse. |
Fréquent : myalgie. |
|
Affections du rein et des voies urinaires | ||
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|
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Rare : polliakurie. |
|
Affections des organes de reproduction et du sein | ||
|
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|
Rare : gynécomastie. |
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Troubles généraux et anomalies au site d'administration | ||
|
Fréquent : fièvre, léthargie, fatigue. |
Fréquent : fatigue, malaise, fièvre. |
Fréquent : malaise. Peu fréquent : fièvre, douleur généralisée et asthénie. Rare : frissons, douleur thoracique et syndrome pseudogrippal. |
Effets indésirables rapportés avec l'abacavir
La plupart des effets listés ci-dessus surviennent fréquemment (nausées, vomissements, diarrhée, fièvre, léthargie, rash) chez les patients présentant une réaction d'hypersensibilité à l'abacavir. Par conséquent, chez les patients présentant un de ces symptômes, la présence d'une réaction d'hypersensibilité doit être soigneusement recherchée. Si le traitement par Trizivir a été interrompu chez des patients ayant présenté un de ces symptômes et s'il est décidé de réadministrer un médicament contenant de l'abacavir, cette reprise devra être effectuée dans un environnement où une assistance médicale est rapidement accessible (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi). Des cas d'érythème polymorphe, de syndrome de Stevens Johnson ou de syndrome de Lyell, pour lesquels l'hypothèse d'une réaction d'hypersensibilité à l'abacavir n'a pu être exclue, ont été très rarement rapportés. Dans ces cas, les médicaments contenant de l'abacavir doivent être définitivement arrêtés.
Effets hématologiques rapportés avec la zidovudine
Anémie, neutropénie et leucopénie, plus fréquentes aux posologies élevées (1200 – 1500 mg/jour) et chez les patients à un stade avancé de la maladie (en particulier chez les patients présentant une insuffisance médullaire avant traitement) et particulièrement chez les sujets ayant un taux de lymphocytes CD4 inférieur à 100/mm3. Une diminution de la posologie ou un arrêt du traitement peut être nécessaire (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi). L'anémie peut nécessiter des transfusions.
L'incidence des neutropénies est également supérieure chez les patients ayant de faibles taux de neutrophiles, d'hémoglobine et de vitamine B12 à l'initiation du traitement par la zidovudine.
Acidose lactique
Des cas d'acidose lactique, parfois fatale, associée habituellement à une hépatomégalie importante et à une stéatose hépatique, ont été observés après administration d'analogues nucléosidiques (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi).
Lipodystrophie/anomalies métaboliques
Les traitements par association d'antirétroviraux ont été associés, chez les patients infectés par le VIH, à une redistribution de la masse grasse corporelle (lipodystrophie), incluant une perte du tissu adipeux sous-cutané périphérique et facial, une augmentation de la masse grasse intra-abdominale et viscérale, une hypertrophie mammaire et une accumulation de la masse grasse au niveau rétro-cervical (bosse de bison).
Les traitements par association d'antirétroviraux ont été associés à des anomalies métaboliques telles que des hypertriglycéridémie, hypercholestérolémie, résistance à l'insuline, hyperglycémie et hyperlactatémie (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi).
Syndrome de Restauration Immunitaire
Chez les patients infectés par le VIH et présentant un déficit immunitaire sévère au moment de l'instauration du traitement par une association d'antirétroviraux, une réaction inflammatoire à des infections opportunistes asymptomatiques ou résiduelles peut se produire (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi).
Des cas d'ostéonécrose ont été rapportés, en particulier chez des patients présentant des facteurs de risque connus, un stade avancé de la maladie liée au VIH ou un traitement par association d'antirétroviraux au long cours. Leur fréquence de survenue n'est pas connue (voir rubrique Mises en garde et précautions d'emploi).
Avertissement
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