Traitement de la ménopause : stupeur et tremblements

Publié par Dr David Elia, Gynécologue le Lundi 23 Avril 2007 : 02h00
Malgré les protestations des experts du monde entier, l'étude WHI a anéanti le traitement de la ménopause. Le Dr David Elia*, constatant dans sa pratique quotidienne les répercussions préoccupantes, n'hésite pas à parler de "terrorisme médiatique". Tant bien que mal, ce traitement doit désormais renaître de ses cendres.

Traitement de la ménopause et risque cardiovasculaire

La WHI est l'étude qui a bouleversé tout ce que nous savions entre le traitement de la ménopause (THS) et le risque cardiovasculaire, c'est-à-dire la faculté de faire des infarctus du myocarde et des accidents vasculaires cérébraux.Jusque-là, toutes les études disponibles allaient dans le sens d'une diminution de ce risque de l'ordre de 50%. Ainsi, même si le risque cardiovasculaire à travers la WHI est très faible, on est soudainement passé d'une protection de 50% à une petite augmentation du risque, ce qui a tout fait basculer.

Qu'en est-il du risque de cancer du sein sous THS ?

Concernant le risque de cancer du sein, on savait dès 1997 qu'il existait une petite augmentation du risque, c'est-à-dire qu'il y avait quelques cas de plus de cancers du sein pour des dizaines de milliers de femmes traitées durant 5 à 10 ans. À l'époque, toutes les instances de santé publique avaient convenu qu'il n'y avait pas lieu de remettre en question les avantages du THS car non seulement il élimine les troubles de la ménopause, mais il diminue également le risque d'ostéoporose et le risque cardiovasculaire. En revanche, à partir du moment où la WHI annonçait que le THS était associé à une augmentation du risque cardiovasculaire, celui-ci a été mis sur la sellette car il ne présentait plus suffisamment d'avantages par rapport aux inconvénients. Pourtant, les experts du monde entiers se sont immédiatement indignés, proclamant que la population étudiée dans la WHI ne correspondait absolument pas à la cible habituelle du THS (dans la WHI les femmes avaient une moyenne d'âge de 64 ans, 1/3 avaient plus de 70 ans, elles présentaient souvent des troubles cardiovasculaires, une hypercholestérolémie, une hypertension et une obésité non négligeable). Tout cela explique les accidents cardiovasculaires plus fréquemment retrouvés chez les femmes de l'étude WHI (qui ne correspond pas du tout à la cible habituelle des femmes : de 50-65 ans).Alors comment une telle campagne de communication à l'encontre du THS a-t-elle pu être menée à l'encontre des avis des experts du monde entier ? Cette question reste une énigme.

Publié par Dr David Elia, Gynécologue le Lundi 23 Avril 2007 : 02h00
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