Traitement du cancer : zoom sur les réunions de concertation pluridisciplinaire

Le cancer est une maladie complexe. Pour le vaincre, il ne suffit pas d’un médecin. Plusieurs spécialistes seront impliqués. C’est pourquoi aujourd’hui, il est très fréquent que l’on organise des concertations oncologiques multidisciplinaires. Cela fait 10 ans que celles-ci sont financées par l’INAMI et le centre fédéral d’expertise des soins de santé a fait le bilan…
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Contre le cancer, les réunions de concertation pluridisciplinaire sont incontournables

Les réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) consistent à réunir plusieurs spécialistes qui interviennent tous dans le traitement d’un patient atteint de cancer. Les personnes concernées vont dépendre du patient et du cancer : oncologue, spécialiste de l’organe touché par le cancer, chirurgien, radiothérapeute, etc. Peuvent également y prendre part un infirmier coordinateur des soins, un psychologue, une assistante sociale et dans la mesure du possible, le médecin traitant et le patient.

Une RCP à visée diagnostique ou thérapeutique nécessite la présence d’au moins trois médecins de spécialités différentes, permettant d’avoir un avis pertinent sur toutes les procédures envisagées. Chaque cas est discuté de façon collégiale. Les médecins peuvent aussi envisager de proposer au patient d’intégrer un essai clinique.

A savoir : des RCP peuvent être mises en place dans d’autres spécialités que l’oncologie (traitement des cancers), notamment pour des prises en charge complexes.

Pourquoi des concertations oncologiques multidisciplinaires ?

Selon la Haute autorité de santé (HAS), les RCP « regroupent des professionnels de santé de différentes disciplines dont les compétences sont indispensables pour prendre une décision accordant aux patients la meilleure prise en charge en fonction de l’état de la science du moment ».

Autrement dit, lors de ces réunions collégiales les spécialistes discutent de la situation du patient (médicale, personnelle et globale) et des traitements possibles en fonction des référentiels disponibles, de l’analyse de la balance des bénéfices attendus par rapport aux risques encourus, et de l’évaluation de la qualité de vie qui va en résulter.

Et en effet, il existe des études qui indiquent que les RCP ont des bénéfices très importants. Dans le cancer du sein et le cancer colorectal par exemple, certaines études ont montré que les patients dont le cas était discuté en RCP voyaient leur survie augmentée. Ce bénéfice est lié à tout ce que peut apporter une concertation entre différents spécialistes :

  • De meilleures décisions cliniques : les patients ont plus de chances de recevoir le meilleur traitement pour leur situation précise.
  • Une coordination plus efficace entre les différents soignants, ce qui veut notamment dire moins d’examens inutiles, mais aussi moins d’examens oubliés ou négligés parce que personne n’a de vue d’ensemble sur le traitement.
  • Pour les soignants, le RCP facilite aussi la communication.
  • Chez les patients, une meilleure qualité de vie est rapportée. Les patients sont mieux soutenus dans leurs décisions par rapport au traitement, mieux au courant des aides qu’ils peuvent recevoir, et leur entourage est plus motivé à participer au traitement.

On comprend donc que ces concertations fassent aujourd’hui partie de la norme en cas de cancer. Il faut cependant dire qu’elles peuvent poser des difficultés, notamment d'organisation, des spécialistes tous surbookés devant de trouver un créneau commun…

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Source : KCE report 239 : 10 ans de concertations oncologiques multidisciplinaires : bilan et perspectives