THS : nouvelles données françaises

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 08 Novembre 2005 : 01h00
Un groupe de travail constitué d'épidémiologistes et de biostatisticiens a réalisé un bilan de l'utilisation des traitements hormonaux substitutifs de la ménopause (THS) en France. Les risques de cancer du sein et des évènements cardiovasculaires ont été évalués et chiffrés.

Depuis 2003, on se méfie du THS, traitement jusque-là très largement prescrit depuis de nombreuses années aux femmes ménopausées. Cette date correspond à la publication et à la grande médiatisation des résultats d'une étude américaine (WHI) montrant une augmentation du risque cardiovasculaire et de cancer du sein, associée à l'utilisation du THS.Mais il a été dit que ces résultats américains n'étaient pas applicables aux Françaises. C'est ainsi que, peu après, l'étude E3N française montre que l'association oestrogène cutané et progestérone naturelle micronisée, largement prescrite en France, n'est pas associée à une augmentation du risque de cancer du sein.En 2003, l'Agence française de sécurité sanitaire (Afssaps) publie des recommandations précisant que le THS devrait être pris à la dose la plus faible et pour une durée la plus courte possible. Aujourd'hui, l'Afssaps vient de rendre publiques de nouvelles données françaises. Il s'agit cette fois d'une modélisation ayant permis une estimation du nombre de cas de cancers du sein et d'évènements cardiovasculaires attribuables au THS sur une année donnée. Les résultats sont les suivants :· Sur une année, entre 35 et 55 cas de cancer du sein pour 100.000 femmes utilisatrices sont attribuables au THS. · Entre 3,5 et 9 cas d'infarctus du myocarde pour 100.000 utilisatrices sont attribuables au THS.· Entre 12 et 29 cas d'accident vasculaire cérébral pour 100.000 utilisatrices sont attribuables au THS.La modélisation apporte également des données quant à la durée d'utilisation du THS et l'apparition des risques :· Pour le cancer du sein, les cas attribuables au THS apparaissent majoritairement après un an d'utilisation.· Pour l'infarctus du myocarde, les cas attribuables au THS apparaissent majoritairement entre 0 et 5 ans d'utilisation.· Et enfin, pour l'accident vasculaire cérébral, les cas attribuables au THS apparaissent majoritairement entre 1 et 5 ans d'utilisation.A savoir : les recommandations de l'Afssaps formulées en 2003 et leur médiatisation ont été associées à une baisse d'au moins 40%, voire 50% des évènements attribuables au THS.En conclusion, les risques du THS sont réels et non négligeables. Les recommandations de l'Afssaps sont toujours valables. En plus d'une dose la plus faible et d'une durée la plus courte possible, le THS doit être prescrit après une évaluation de la balance bénéfice/risque chez les femmes souffrant de bouffées de chaleur et/ou à risque d'ostéoporose.Le respect de ces recommandations devrait permettre une diminution importante des risques.

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 08 Novembre 2005 : 01h00
Source : Communiqué de presse de l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), 13 octobre 2005.
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