cgelitti
Portrait de cgelitti
Bonjour à tous.

La place prévue pour noter le sujet étant courte je n'ai pas pu y mettre un vrai résumé, mais ce que je voudrais, c'est vous raconter mon histoire, et surtout en tirer pour vous la leçon que, même dans un cas qu'on croit désespéré, on peut plus ou moins en sortir de cette horreur !

Tout a commencé pour moi quand j'avais 15-16 ans (j'en ai maintenant 45) : à ce moment-là, j'ai commencé à ressentir de temps en temps des douleurs parfois insoutenables d'un seul côté de la tête, le plus souvent à droite mais pas toujours. Au début, les crises étaient déjà fortes et assez longues mais pas trop rapprochées. Mais malheureusement les crises se sont assez vite rapprochées... Examens divers, traitements de plus en plus puissants, piqûres, puis consultation chez un premier neurologue là où je vivais alors, en Gironde, ensuite à Paris : pas de doute, malgré mon jeune âge del'époque, on m'a classée "ancienne migraineuse". Cela fait tout drôle quand on est à peine adolescente... Comme je m'étais lancée dans de longues études, j'ai cru un moment que mes migraines étaient ou pouvaient être dues à cela... Peu à peu les crises non seulement se sont rappprochées mais se sont aussi allongées : jusqu'à trois jours entiers jour et nuit pour une même crise : vomissements, impossibilité de faire quoi que ce soit d'autre que s'allonger... Et, bien que complètement aveugle, j'ai remarqué qu'en plus du traitement, si je me mettais dans le noir total, il y avait souvent une petite amélioration. Bizzarre, inexplicable, mais jen'ai pu que me rendre à l'éviidence et constater...

Fin de mes études. Retour chez le neurologue. Un premier traitement de fond, puis deux, uis trois, enfin le quatrième, sera finalement le bon : beaucoup moins de crise. Je suppose que vous savez tous ici que le traitement de fond n'est pas destiné à stopper une crise mais à retarder l'apparition de la prochaine : donc il faut le prendre régulièrement tous les jours. Bien entendu, les crises, j'en avais quand même encore, beaucoup moins certes mais toujours bien assez pour m'ennuyer, donc j'avais toujours si possible en stock un médicament en cas de forte crise. Le mieux, quand on peut, c'est d'agir dès le début ; mais selon où on setrouve, ce n'est pas toujours possible. Parfois, un morceau de sucre vraiment au début suffit,mais ce n'est pas infaillible. Bref, pendant une bonne dizaine d'années, peut-être plus, au lieu d'avoir plusieurs crises par semaine j'étais passée à environ une crise toutes les cinq-six semainezs (pas forcément liées aux règles). J'avais appris à reconnaître mes propres signes précurseurs, pourtant je me suis faite piéger je ne sais combien de fois... Je me disais toujours : "oh, ça va bien passer..."

Et puis, bizarrement, au bout de au moins dix-douze ans de ce traitement qui me convenait si bien, les crises sont revenues de façon de plus en plus rapprochées et fortes... Entre temps j'avais déménagé pour vivre à Marseille où je suis toujours ; mon médecin traitant de l'époque m'a alors expliqué que, parfois, les traitements defond marchent bien un certain temps et après, au lieu de provoquer l'effet attendu, ils produisent l'effet inverse... A ma grande peur il me supprime donc tout traitement de fond... mais me garde quand même des produits en cas de crise. Et des crises, il y en aura, à peu près toutes les trois semaines, je dis ça pour faire une moyenne mais c'étaitassez irrégulier.

Et puis, depuis trois ans je suis atteinte d'une maladie gynécologique invalidante. Rien à voir a priori, puisque mes migraines ne venaient pas forcément en même temps que mes règles. Eh bien, depuis que je suis en ménopause chirurgicale (janvier cette année, départ du dernier ovaire), je n'ai eu que trois migraines depuis le mois de janvier ! Je nepeux pas savoir si je serai complètement débarrassée,mais cela n'a plus rien à voir ! Il m'arrive d'en avoir d'autres qui, elles, sont directement en lien avec un accident de la cirdculation avec coup du lapin : là je le sais parce que souvent, j'ai mal à la nuque un peu avant ou dans la nuit. Mais les vraies migraines comme je les ai connues qui m'ont pourri ma vie d'étudiante (enfin, non, pas pourrie, mais bien embêtée pendant ce temps-là), j'en ai eu seulement trois depuis janvier ! Je n'ose pas chanter trop victoire, mais je veux quand même vous dire qu'on peut s'en sortir, et parfois à un moment ou par des moyens auxquels on ne penserait pas !

Bon courage à tous, car j'ai bien connu les migraines (et dans ma famille, à part une cousine éloignée j'étais la seule), je connnais les moqueries qui vont avec, la difficulté ou impossibilité de travailler... Je sais fort bien ce que c'est. Donc je vous dis bon courage, et pour vous consoler un peu, pensez à mon témoignage, c'est une histoire vraie, vécue ! Pardon de la longueur du message, mais il fallait bien que vous en perceviez toutes lesétapes pour mieux comprendre !

Bonne soirée si possibleet bien cordialement,

Maritchou13.