Sommeil : pourquoi pas d’écrans avant de dormir ?

Publié par Brigitte Bègue, journaliste santé le Jeudi 31 Mars 2016 : 16h54
Mis à jour le Lundi 11 Avril 2016 : 12h05
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La récente Journée du Sommeil était consacrée à l’impact des nouvelles technologies sur notre horloge biologique. Pour cause, écrans, tablettes, smartphones, ordinateurs... ont envahi notre vie quotidienne au point de s’inviter dans notre lit et de perturber nos nuits. Or, pour bien dormir, il faut savoir débrancher de toutes ces sources de lumière bleue.

Sommeil et écrans : 39% des Français sont connectés au lit

Dans une étude américaine, publiée en 2014*, les cadres et employés utilisant leur téléphones portables après 21 h déclaraient mal dormir, se sentir fatigués le matin et moins motivés au travail dans la journée. Pourtant, la pratique est monnaie courante : selon une enquête, réalisée par l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) avec la Mgen, 91% des Français ont les yeux rivés sur leur ordinateurs, leurs smartphones ou leurs tablettes le soir et 39% s’en servent sous la couette.

De là à ne dormir que d’un oeil, il n’y a qu’un pas puisque sur les 20% ayant leur portable en veille dans leur chambre, 92% consultent leurs messages dès qu’ils les reçoivent. « On devient des dormeurs sentinelles, sur le qui-vive en permanence alors que le sommeil devrait être un moment de retrait du monde », stipule le Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre et présidente du réseau Morphée.

La lumière bleue chamboule notre rythme

Les risques de cette hyper-connexion sur notre endormissement commencent à être connus. Ils seraient liés à la lumière bleue émises par les écrans.

Dr Claude Gronfier, neurobiologiste à l’Inserm et spécialiste des effets de la lumière sur les rythmes biologiques : « On pensait que la lumière des ordinateurs était trop faible pour avoir des effets nuisibles, mais des études récentes montrent le contraire. Les plus délétères sont celles qui contiennent beaucoup de bleu comme les LED car elles sont très intenses et les cellules ganglionnaires à mélanospine de notre rétine, impliquées dans un ensemble de fonctions stimulées par la lumière comme le sommeil, la vigilance, la cognition et l’humeur, y sont très sensibles ».

On sait, par ailleurs, que la lumière influe sur notre horloge biologique : le jour, elle éveille, en revanche, le soir, elle dérègle car elle empêche la sécrétion de mélatonine, une substance chimique qui facilite le sommeil.

Publié par Brigitte Bègue, journaliste santé le Jeudi 31 Mars 2016 : 16h54
Mis à jour le Lundi 11 Avril 2016 : 12h05
Source : Entretien avec le Dr Claude Gronfier, neurobiologiste à l’Inserm et Vice -Président de la Société Francophone de Chronobiologie. Et avec le Dr Sylvie Royant-Parola, psychiatre, présidente du Réseau Morphée et Vice-Présidente de l’INSV.
*Organizational Behavior and Human Decision Process.
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