Soigner le cancer : un test pour prédire les séquelles après une radiothérapie

Publié par Isabelle Gayrard Auzet, Rédactrice en Chef le Lundi 25 Janvier 2016 : 12h40
Mis à jour le Lundi 25 Janvier 2016 : 15h15

La radiothérapie pour soigner le cancer consiste en la destruction des cellules cancéreuses par les rayons dans la zone traitée. Malheureusement, les rayons induisent en même temps la mort de cellules saines localisées. Des chercheurs de l’INSERM à l’Institut de recherche en cancérologie de Montpellier viennent de mettre au point un test permettant d’anticiper et de déceler les personnes qui seront naturellement préservées de ces séquelles. 

Séquelles après une radiothérapie : qui est touché ?

A partir de 2005, 500 patientes atteintes du cancer du sein et traitées par radiothérapie ont été recrutées dans 10 centres français, et ont été suivies pendant 3 ans.

Les chercheurs ont effectué sur ces patientes une simple prise de sang avant le début de leur traitement par les rayons, afin d’effectuer une mesure de leur TALRI, le taux d’apoptose radio-induite lymphocytaire. Cet outil biologique consiste à irradier des lymphocytes et de mesurer le taux d’apoptose (auto-destruction des cellules en réponse à un signal) qui en découle.

Puis les patientes ont été suivies pendant les 3 années suivantes afin d’évaluer des séquelles tardives se traduisant par une fibrose mammaire. Résultat : les personnes présentant un TALRI élevé ont présenté un très faible taux de fibrose tardive mammaire. En retour, les patientes qui présentaient une fibrose importante, affichaient un TALRI très bas.

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Personnaliser la radiothérapie

L’objectif de ce test est d’identifier les patients indemnes de séquelles à terme, et ceux qui présentent au contraire le plus grand risque. Il permet, ainsi, d’offrir une radiothérapie à visée curative personnalisée pour soigner un cancer, en adaptant la dose de radiation délivrée au patient et la technique de radiothérapie utilisée sans en compromettre les chances de succès.

Le test ne doit pas être utilisé seul mais doit être intégré à d’autres paramètres, ainsi que l’explique le Pr David Azria, coordonnateur du pôle de radiothérapie oncologique de l’Institut du Cancer de Montpellier et principal instigateur de l’étude : « Les résultats intégrés avec l’ensemble des paramètres permettent désormais de donner un risque fiable de séquelles tardives après radiothérapie. »

En pratique, ce test consiste en une simple prise de sang avec un résultat obtenu en 72h.

Publié par Isabelle Gayrard Auzet, Rédactrice en Chef le Lundi 25 Janvier 2016 : 12h40
Mis à jour le Lundi 25 Janvier 2016 : 15h15
Source : INSERM, Unité 1194.
Pr David Azria, coordonnateur du pôle de radiothérapie oncologique de l’Institut du Cancer de Montpellier (ICM) et président du Groupe radiothérapie oncologique UNICANCER (UNITRAD).
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