Serious games : mieux se soigner en s'amusant ?

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Jeudi 01 Décembre 2016 : 15h38
Mis à jour le Jeudi 19 Janvier 2017 : 12h21
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Le jeu, c’est du sérieux. Le principe des serious games ou "jeux sérieux" en santé est simple : en s’amusant comme dans un jeu vidéo, on peut changer les comportements en santé, apprendre sur sa maladie et mieux la gérer au quotidien. Certains font de la prévention, d’autres tentent même de ralentir un déclin cognitif léger ou de rééduquer après un AVC.

Serious games : apprendre sans s’en rendre compte

Jeux sérieux. A priori deux mots qui ne vont pas ensemble. Et pourtant, l’aspect ludique du jeu vidéo remplace l’impression laborieuse d’apprendre. L’évaluation des connaissances s’intègre même au jeu : la personne n’a pas l’impression d’être évaluée.

Pr Philippe Robert, président du Centre Mémoire de Ressources et de Recherche de Nice : « Le jeu est un facteur de motivation. C’est très positif si cette motivation permet de mieux s’informer ou suivre une rééducation, un entraînement. Le serious game devient un outil supplémentaire pour les professionnels de santé mais aussi pour les patients eux-mêmes ».

Sensibiliser sur la maladie grâce à un serious game

Certains serious games jouent la carte de la prévention, de la santé et du bien-être en général, par exemple pour lutter contre la sédentarité, dans une approche de coaching.

Certains permettent de se former. C’est le cas de « Save our soul », un serious game immergeant le joueur dans la peau d’un secouriste professionnel (téléchargeable sur AppelStore).

Mais une part importante des serious games est destinée au malade lui-même, à ses proches et/ou au grand public avec pour vocation de sensibiliser et d’informer sur une maladie. Par exemple, « Théo et les psorianautes » est un serious game gratuit sur le psoriasis destiné aux enfants de 6 à 11 ans.

Jérôme Leleu, président d’Interaction Healthcare, entreprise conceptrice de serious games en santé et éditeur de « Théo et les psorianautes » : « Le psoriasis est une maladie chronique de peau à fort impact psychologique. Ce serious game a une vertu d’éducation thérapeutique, mais aussi de sensibilisation par rapport aux autres enfants, de vulgarisation auprès du corps enseignant ».

En direction des malades, le serious game permet aussi une éducation thérapeutique à la carte, dans l’optique d’adapter et de personnaliser les séances d’éducation sur la maladie ou le maniement des thérapeutiques à partir des résultats obtenus au jeu.

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Jeudi 01 Décembre 2016 : 15h38
Mis à jour le Jeudi 19 Janvier 2017 : 12h21
Source : D’après des entretiens avec le Pr Philippe Robert, président de l'Association Innovation Alzheimer et directeur de l'équipe de recherche CoBTeK et du Centre Mémoire de Ressources et de Recherche de Nice, M. Jérôme Leleu, président d’Interaction Healthcare et le Dr Eudes Menager de Froberville, praticien neurovasculaire à l’hôpital Saint Antoine (Paris).
www.theoetlespsorianautes.fr
www.curapy.com
www.gluciweb.com
www.memory-motivation.org
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