La sénescence n'est plus ce qu'elle était

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le Mercredi 31 Mars 2004 : 02h00
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Jusqu'il y a peu, la forme physique des personnes âgées passionnait peu de monde. Mais l'avènement d'une génération de fringants nonagénaires change fondamentalement les données du problème.

Parmi les multiples questions relatives au grand âge, il y a celle de l'activité physique. Les médecins hésitent parfois à prôner les mêmes recommandations qu'au reste de la population.

De fait, est-il réaliste de demander à des vieillards de se bouger au risque d'épuiser encore plus un organisme déjà mis à rude épreuve par le simple fait de vieillir ? N'est-ce pas sans danger ? On sait que les artères durcissent avec le temps. Le coeur devra donc pomper plus fort pour éjecter la même quantité de sang. Les ventricules s'hypertrophient et perdent progressivement de leur élasticité. Le contrôle nerveux pose également problème. Avec le temps, l'appareil circulatoire s'adapte plus difficilement aux sollicitations. Là-dessus se greffe la fameuse sarcopénie, un phénomène de fonte musculaire qui aboutit à une diminution de la force de l'ordre de 1% par an après 40 ans. Sur des jambes devenues frêles, les déplacements deviennent de plus en plus délicats, avec pour conséquence une chute de la consommation maximale d'oxygène. Chez certaines personnes âgées, cette VO2 max suffit à peine à parcourir une cinquantaine de mètres. Est-il dès lors raisonnable de prôner les vertus de la natation et du jogging ?

45% de vie en plus !

Pendant des années, les médecins ne se montraient pas trop exigeants envers leurs patients âgés. Aujourd'hui, leur attitude est en train de changer. On réalise effectivement que l'on peut améliorer sa forme à tous les âges de la vie.

Plusieurs études soulignent également qu'une activité physique régulière participe au prolongement de l'existence. Citons par exemple cette enquête réalisée en France sur 7.476 retraités âgés de 65 à 70 ans. Elle visait à établir les critères d'une bonne longévité. Les données médicales recueillies sur une trentaine d'années ont permis aux auteurs d'identifier cinq facteurs déterminants : une tension artérielle basse, une fréquence cardiaque de repos inférieure à 80 battements par minute, un VEMS élevé (*), un poids normal (particulièrement pour les femmes) et surtout une activité physique régulière ! D'après cette étude, le sport revêtait même une importance primordiale. « La pratique d'un exercice physique augmente de 45% la probabilité de dépasser 80 ans », résumait le professeur Guize, insistant sur le fait que l'on construisait sa vieillesse tout au long de sa vie.

(*) Ces initiales désignent le Volume Expiratoire Maximal, une donnée qui traduit à la fois la souplesse de la cage thoracique et la force des muscles expiratoires.

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le Mercredi 31 Mars 2004 : 02h00
Source : Lemura LM, Von Duvillard SP, Mookergee S, The effects of training on functional capacity in adults. Ages 46 to 90: a meta analysis, J. Sports Med Physic Fitness; 40(4); 377-80, 2000.
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