Schizophrénie : les nouveaux traitements améliorent le pronostic

Publié par Dr Sylvie Coulomb le Lundi 19 Février 2001 : 01h00
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La schizophrénie est une maladie psychotique grave, regroupant un ensemble de troubles mentaux polymorphes, dominé par un syndrome délirant et une désorganisation de la pensée. Elle peut entraîner une perturbation importante de la vie relationnelle, familiale et sociale. Elle frappe essentiellement les sujets jeunes et évolue le plus souvent de manière progressive. Les neuroleptiques ou antipsychotiques permettent d'améliorer les troubles, en association avec une prise en charge psychologique. Il devient aujourd'hui possible d'envisager une réinsertion sociale de ces patients.

La schizophrénie est une maladie mentale chronique fréquente puisqu'elle touche près de 1% de la population dans les pays occidentaux. Débutant le plus souvent chez le sujet jeune, entre 15 et 35 ans, elle touche autant les garçons que les filles. Sa cause n'est pas encore clairement établie, mais un faisceau d'arguments (pharmacologiques, cliniques et les nouvelles techniques de la neuro-imagerie) plaide en faveur de la responsabilité d'un neuromédiateur (substance chimique fabriquée par le cerveau), la dopamine, dont la transmission serait altérée.

Le diagnostic est parfois difficile en début d'évolution

Dans tous les cas, un examen spécialisé par un psychiatre est nécessaire pour faire le diagnostic de schizophrénie, qui ne sera parfois confirmé que par l'évolution ultérieure des troubles.Les formes débutantes sont très polymorphes et correspondent souvent à des états appelés "schizoïdes", marqués par l'exacerbation de certains traits de caractère. Il peut s'agir d'un adolescent qui rencontre des problèmes sur le plan scolaire, en raison de difficultés de concentration et d'attention. Il peut apparaître renfermé ou présenter des pulsions sans fondement. Le sujet a manifestement de plus en plus de mal à utiliser ses capacités intellectuelles. Le caractère paraît se modifier : l'adolescent semble de plus en plus froid et indifférent et s'isole souvent. Il peut se montrer hostile avec ses proches, devenir bizarre : il sourit ou fait des mouvements sans raison. Une confusion d'esprit peut se manifester sous la forme d'un attachement irrationnel à un concept religieux, philosophique ou politique.Tous ces troubles peuvent simuler une crise d'adolescence et il est parfois difficile de faire la part des choses.

Dans certains cas, l'entrée dans la maladie est brutale, se manifestant par une bouffée délirante aiguë, pouvant s'installer en quelques heures chez un sujet sans antécédents psychiatriques. L'évolution est alors variable : elle peut se faire vers l'installation d'une schizophrénie véritable, ou l'épisode délirant peut rester isolé, ou encore se répéter avec des périodes de rémission plus ou moins complètes et des rechutes de durée variable.

Lorsque les symptômes sont installés

La schizophrénie peut revêtir de nombreuses formes, qui peuvent prêter à confusion avec d'autres pathologies mentales (autre psychose, névrose, trouble de l'humeur, trouble grave de la personnalité, délire chronique...). Typiquement, les symptômes sont essentiellement de deux types : les symptômes "positifs" ou délirants sont liés à des perturbations de l'activité cérébrale et les symptômes "négatifs" ou déficitaires affectent la vie sociale.Le syndrome délirant est le plus souvent marqué par des hallucinations, des idées délirantes, des troubles de la pensée et du comportement. Le délire du malade schizophrène peut prendre de nombreuses formes. Il est souvent perçu comme une expérience d'étrangeté, génératrice d'angoisse, marquée par des intuitions, des interprétations et des hallucinations. Ces dernières peuvent être auditives (le patient entend des voix) ou visuelles (il voit des choses) et entraîner des troubles du comportement pouvant aller jusqu'à l'agressivité. Le schizophrène se sent dépersonnalisé car il est convaincu que l'on peut deviner ses pensées, voire les lui imposer.Le syndrome déficitaire est dominé par le repli sur soi, le malade est indifférent. Il se désintéresse de toute activité sociale, à la maison, à l'école ou au travail. Sa sexualité est perturbée et souvent pauvre.Très souvent, l'angoisse ressentie par le patient est importante, liée à l'impression de perdre son identité.

Publié par Dr Sylvie Coulomb le Lundi 19 Février 2001 : 01h00
Source : Conférence de consensus et recommandations de l'Andem : les psychoses schizophréniques. La schizophrénie. J. Dalery, T. d'Amato. Masson, 1999. La schizophrénie débutante. H. Grivois, L. Grosso. John Libbey Eurotext, coll., 1998.
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