nathalie 1972
Portrait de cgelitti
UN SCANDALE APPELE ENDOMETRIOSE

Mesdames, Messieurs,

Devant le déferlement de décès consécutifs à la canicule, nous remettons notre Société en question.

Que va-t-on faire pour les personnes âgées ? C'est à croire qu'on les découvre !

Je viens vous poser une autre question qui m'est personnelle et qui touche 6 % de la population féminine, plus jeune et dont personne ne parle jamais.

Qui connaît notre maladie que l'on appelle l'endométriose ?

Ce fléau qui détruit des couples, des familles... des vies...

Qu'est-ce que l'endométriose ?

C'est la prolifération anarchique de l'endomètre (muqueuse utérine) qui se développe à la manière d'un cancer "sain ", principalement sur les organes génitaux, la vessie, le rectum, les intestins etc..

Ce tissu endométriosique se propage comme une toile d'araignée et va suivre les variations hormonales d'un cycle menstruel. Durant la période ovulatoire, il va se congestionner, jusqu'à se mettre à saigner pendant la période des règles.

Cette prolifération peut devenir maligne dans de faibles pourcentages. Risque de cancérisation.

Quels en sont les symptômes ?

Les dysfonctionnements des organes touchés vont induire suivant chaque cas personnel :

Des règles douloureuses et souvent abondantes.

* Des douleurs pendant les rapports sexuels.

* Des troubles digestifs (diarrhée ou constipation avec souvent une défécation douloureuse).

* Des difficultés à uriner (vessie bouchée).

* Des problèmes de stérilité .

* Dans certains cas l'endométriose n'est pas douloureuse et n'est décelée qu'à l'occasion d'un problème de stérilité. (trompes bouchées)

* Par l'échographie.

* La radiographie des trompes et de l'utérus (hystérographie).

* La c?lioscopie.

* L'IRM

* Le dosage CA 125, marqueur biologique dans le sang.

Les traitements :

A ce jour aucun traitement définitif existe.

Traitement en vigueur :

* L'hormonothérapie qui bloque les règles avec tous les désagréments d'une ménopause. (prise de poids, bouffées de chaleur, perte de désir sexuel etc..).

Les conséquences pratiques et morales :

* L'endométriose empêche bien souvent les femmes à mener une vie professionnelle normale.

* Leur vie de couple est rarement épanouie.

* Elles sont restreintes dans leur mobilité, et ont peu de possibilité de pratiquer un sport.

* Elles font souvent face à des problèmes de stérilité difficiles à assumer.

Malheureusement, aucun traitement contre la douleur n'est vraiment efficace. La patiente se sent seule et incomprise par son entourage.

Avec 6% de prévalence, au sein de la population, l'endométriose est tout sauf une maladie orpheline (= prévalence de moins de 0.05%). C'est une maladie banale.

Cette situation est d'autant plus inadmissible, que des maladies moins répandues comme le diabète ou certains cancers (cancer de la prostate = 25 à 38 pour 100 000 par an) bénéficient de campagnes de santé publique.

Pour l'endométriose, aucun battage médiatique n'est fait. Elle reste inconnue pour le commun des mortels.

Des mails ont été envoyés jusqu'au Président de la République... Nous attendons du concret, pas des formules de politesse!

C'est vraiment scandaleux de constater, qu'une maladie qui ne touche que les femmes et cela depuis que le monde est monde passe sous silence. Peu importe le nombre de malades, rien n'est entrepris en matière de prévention par l'Etat.

Le diagnostic étant difficile, c'est souvent la conséquence des dégâts qui sont traités, pas la "racine " de l'affection à proprement parler. Aussi le mal continu son oeuvre destructrice.

Les patientes qui souffrent finissent trop souvent par être assimilées à des névrosées (pour ne pas dire des folles). Lorsque la maladie est décelée, il est souvent trop tard. Il faut souvent enlever les organes génitaux, même pour les femmes en âge de procréer. Dans les cas sévères, pratiquer l'ablation des organes adjacents aussi touchés, comme le colon sigmoïde, la vessie, les uretères, les reins etc.

Ces actes chirurgicaux sont lourds de conséquence car ils vont nécessiter la pose d'anus artificiels, colostomie. (poche recueillant les matières fécales).

Certaines femmes, n'ayant pas trente ans, sont obligées de se sonder pour pouvoir uriner, parce qu'elles ont subi l'ablation de la vessie. Les sphincters, ayant été touchés, ne répondent plus aux commandes.

Dans notre monde latin, englué dans des croyances d'un autre âge, tout le monde trouve normal que la femme souffre dans sa chair.

Est-il admissible que tous les mois la femme soit victime de son cycle ? En période ovulatoire et avant et pendant ses règles ?

Déjà durant l'adolescence, il faudrait instaurer des dépistages systématiques de l'endométriose qui commence ses ravages, et ne pas se contenter, de pallier les douleurs.

Nous avons en face de nous une montagne d'incompréhension et d'incompétence certaine en la matière. La cause en est que cette affection ne fait l'objet que de trente minutes de cours en faculté de médecines pour les futurs gynécologues.

Trente minutes c'est très peu, pour un fléau de cette envergure !

Lorsque nous avons eu la chance d'avoir eu des enfants et dépassées la quarantaine, les chirurgiens refusent systématiquement et arbitrairement de pratiquer l'ablation des ovaires, "Pour préserver notre féminité ". Comme je me le suis entendue dire ! Car la castration est à l'heure actuelle notre seul moyen d'éviter des récidives.

Va-t-on empêcher un homme de subir une vasectomie s'il le désire ?

Nous pouvons critiquer certains pays où l'on prend les femmes pour des "Counnasses " !

En France, nous y mettons des formes, mais le machisme est toujours de mise. Une femme castrée, sans libido, c'est un peu emmerdant pour qu'un mâle puisse prendre son pied !

Croyez-vous, qu'une femme souffrant d'endométriose ait des envies de "batifoler ", avec son mari ou son amant ?

Nombreux sont les conjoints qui sont partis, laissant leur compagne empêtrée dans une détresse sentimentale, une détresse physique et souvent sans aucune ressource.

Rester féminine, là est la question !

La réponse, n'appartient qu'aux femmes, qui ont depuis la contraception et l'IVG le droit de disposer de leur corps comme elles le désirent. Ce n'est pas aux médecins, peu nombreux à connaître cette maladie, à imposer à une femme qu'elle garde ses ovaires alors qu'elle ne le désire pas.

Aux femmes et aux femmes seules, le droit de s'épargner des années de galère supplémentaires. Des interventions à répétitions et des séquelles physiques et morales. A elles de préférer vivre ménopausée chirurgicalement, plutôt que de vivre sous ménopause artificielle.

Je voudrais attirer votre attention sur cet illogisme médical, qui nous préfère, castrées chimiquement, par des traitements anticancéreux (contre le cancer de la prostate) que par une chirurgie définitive.

Mes « s?urs d'endo » et moi-même, nous nous sommes souvent demandées si ces protocoles n'étaient pas établis dans des buts mercantiles aux profits des laboratoires pharmaceutiques. L?injection d'un anticancéreux coûte dans les 130 euros tous les 28 jours. Je ne citerais aucune de ces panacées qui nous rend malade à crever, pour certaines, dont l'efficacité est discutable. Même sous ces traitements "de cheval ", les récidives sont nombreuses.

L'endométriose a plusieurs origines ; génétiques, immunitaires, hormonales. (sources anglaises données par le Généthon. En France aucune recherche est faite pour cette maladie)

Qui va dans notre beau pays tirer la sonnette d'alarme et parler haut est fort de cette lèpre qui nous ronge ?

Qui va mettre en ouvres les moyens nécessaires afin de mobiliser les chercheurs pour nous sortir de notre monde de douleurs ?

Travail et endométriose, sont souvent incompatibles à concilier. L'absentéisme finit souvent par des renvois, les canards boiteux et pas rentables, ne font pas l'affaire des patrons.

A la rigueur, cela se comprend. Time is money !

C'est ainsi que nous nous retrouvons exclues, de la société des "biens portants ", vivant par procuration. Sans travail, sans la reconnaissance de notre handicap physique, dans la précarité et dans l'insécurité totale.

Nous finirons, tout en continuant à souffrir jusqu'au bout, par mourir en silence, dans l'indifférence totale. Avec, pas même, un traitement palliatif contre la douleur. En France, seuls les cancéreux et ont accès à la morphine. Sur ce sujet poussiéreux, il faudrait aussi faire du ménage.

Nous nous tuons à petit feu, à coup d'anti-inflammatoires et d'analgésiques qui détruisent notre système digestif.

Ainsi la morale, serra sauve, nous ne finirons pas droguées !

J'espère que mon message ne vous laissera pas indifférents et que vous parlerez de l'endométriose, pour la sortir de l'ombre.

Si vous avez un doute, sur la véracité de mes propos, si vous trouvez que j'exagère, je vous invite à venir faire un tour sur le site d'Endofrance. Vous pourrez y lire nos témoignages et constater la détresse ambiante de notre forum.

Je vous remercie d'avoir pris la peine et le temps de me lire.

Pénélope

PUB
PUB