Sauver quelqu’un, il faut oser !

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le Lundi 12 Mai 2014 : 10h06
Mis à jour le Vendredi 29 Juillet 2016 : 18h36

Sauver une vie, ce n’est pas donné à tout le monde.

Et pourtant, c’est à la portée de tout un chacun. C’est en tout cas la leçon que souhaite donner la Ligue Cardiologique Belge.
Pour encourager tout le monde à faire les gestes qui sauvent, elle a réuni plusieurs duos sauveur / sauvé. Nous avons rencontré des témoins.

Une journée qui laisse des traces

June ne garde aucun souvenir du 23 janvier 2013, jour où elle a subi un arrêt cardiaque. Sur la copie qu’elle était en train d’annoter, son écriture s’interrompt soudain par un trait, et c’est la seule trace : ses premiers souvenirs de la suite ne sont nés qu’à l’hôpital, plusieurs jours plus tard.

C’est donc sa mère, Véronique, qui raconte les événements. Et surtout Jacky, professeur de cyclisme dans son établissement, qui a mis à bonne épreuve ses compétences de sauveteur.

Jacky, pouvez-vous nous raconter les événements ?

J’ai été appelé quand June a fait son malaise en classe de chimie parce que j’ai une formation de secouriste.

J’ai très vite compris qu’il y avait un gros problème. Le bilan que j’ai fait était complètement négatif : June était inconscience, il n’y avait ni pouls ni respiration, elle devenait violacée… Comme les secours avaient déjà été appelés, j’ai tout de suite commencé le massage cardiaque (réanimation cardio-pulmonaire). Je l’ai massée pendant plus ou moins 10 minutes, jusqu’à ce que les secours arrivent. Quand ils ont pris le relais, je les ai encore assistés jusqu’au départ de June pour l’hôpital.

Comment vous sentiez-vous ?

J’étais épuisé. Vraiment extrêmement fatigué. Je n’ai réellement réfléchi à ce qui m’était arrivé que le soir, quand tout est un peu rentré dans l’ordre !

Véronique, pouvez-vous nous raconter la suite des événements ?

Ça n’a pas été de tout repos. À l’école, les secours ont dû relancer deux fois le cœur de June parce qu’elle a fait un nouvel arrêt cardiaque. Ensuite elle a été placée en soins intensifs où ils ont diminué sa température pour protéger son cerveau.

Elle a eu une infection pulmonaire et ce n’est que trois jours plus tard qu’on lui a retiré son intubation. Elle respirait seule et parlait, nous avons donc été rassurés à ce moment-là.

Dès le premier soir, le médecin nous avait expliqué la cause du problème : June a un syndrome du QT long, un trouble cardiaque rare qui peut entraîner des morts subites. Elle a été équipée d’un défibrillateur avant sa sortie de l’hôpital. Le plus dur, pour elle, a été de renoncer au sport. Elle était passionnée, et souhaitait devenir professeur de sport, mais cela s’avère impossible à cause de ses problèmes cardiaques.

Publié par Marion Garteiser, journaliste santé le Lundi 12 Mai 2014 : 10h06
Mis à jour le Vendredi 29 Juillet 2016 : 18h36
Source : Interview réalisée lors de la conférence « Osez sauver », ligue cardiologique belge ASBL.
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