Depuis quelques jours on assiste à nouveau à une frénésie médiatique autour de la DHEA, cette soit disant miraculeuse " pilule de rajeunissement ". En fait, rien n'a changé, excepté que Cooper, l'un des plus gros fournisseurs de matières premières pharmaceutiques, vient de livrer en France quarante (premiers ?) kilogrammes de poudre de DHEA. Cependant, non, elle n'est toujours pas en vente libre ! Il est effectivement possible d'en acheter (entièrement à ses frais) dans certaines pharmacies, mais uniquement à condition qu'un médecin en fasse la prescription. Pourtant, cette molécule est l'objet de sérieuses réserves quant à ses risques potentiels sur la santé.
De la DHEA arrive actuellement dans presque toutes les pharmacies françaises alors que sa consommation est l’objet de sérieuses réserves. En effet, cette molécule dite " anti-âge " n’a pas fait les preuves de son efficacité, mais plus grave encore, elle n’a pas démontré son innocuité. Sans autorisation de mise sur le marché, elle n’a pas le statut de médicament, mais devant le flou juridique exceptionnel qui l’entoure, les pharmaciens ont le droit d’en faire des préparations magistrales. Il leur appartient de vérifier la bonne qualité du produit qu’ils préparent, mais ils n’ont hélas pas les moyens techniques de le faire. Ainsi, en cas de problème, ils seront considérés comme responsables, au même titre que les médecins qui auront prescrit la DHEA, le tout, aux risques et périls des utilisateurs.
Le conseil de l’Ordre des médecins recommande donc aux médecins de " ne pas répondre favorablement à la demande de leurs patients, dans l’intérêt de ceux-ci, et en raison de la responsabilité engagée du praticien en cas d’incident ou de poursuite. "
En l’absence de preuves de son efficacité, la DHEA pourrait en revanche présenter des risques très sérieux. Elle pourrait notamment être contre-indiquée chez les personnes atteintes de certains cancers (hormono-sensibles : prostate, sein, utérus). Selon les cancérologues, elle ne provoquerait pas de cancer, mais pourrait stimuler le développement des tumeurs déjà existantes. Par ailleurs, elle pourrait déclencher des cancers du sein chez les femmes sous traitement hormonal substitutif de la ménopause.
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