Santé des enfants en danger

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 12 Mars 2003 : 01h00
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« Nos jeunes ne sont pas en bonne santé », suicide, anorexie, obésité, tabagisme, alcoolisme, consommation de drogues ou de psychotropes, tels sont les indicateurs d'une fragilisation. Le ministre délégué à l'Enseignement scolaire, Xavier Darcos, propose une série de mesures visant à améliorer la santé physique et mentale des écoliers français, dont trois visites médicales obligatoires en fin de maternelle, en CM2 puis en troisième.

Avec 50.000 tentatives de suicide chez les moins de 24 ans et 600 morts, la France doit renforcer sa prévention contre le suicide. De même pour les troubles de l´alimentation que sont l'anorexie et l´obésité. En cause pour l´obésité, qui concerne 15% des garçons, la consommation de produits très caloriques, la diminution des activités sportives. L´anorexie toucherait quant à elle une jeune fille sur cent. Quant aux problèmes d´hyperactivité des enfants, de dyslexie ou de dysphasie, ils doivent être dépistés et donc traités plus précocement.

Pour Xavier Darcos, dès leur plus jeune âge, les enfants doivent pouvoir disposer d´un « dossier de santé du jeune », rassemblant toutes les données concernant l´enfant, parmi lesquelles d'éventuels troubles du langage ou de la vue, qui viendrait remplacer le carnet de santé d´aujourd´hui. Dans cet ordre d'idées, les instituteurs devront être en mesure de détecter ces troubles chez les élèves. D'où l'idée d'instaurer trois visites médicales au cours de leur scolarité.

Hygiène de vie

A côté des mesures anti-tabac, alcool et drogues (respect strict de la loi Evin, cannabis, procédures disciplinaires…), l'équilibre nutritionnel pourrait être réévalué, notamment à l'aide d'une enquête visant à vérifier la composition des repas servis dans les cantines. De la même façon, il serait demandé aux chefs d'établissement de limiter l'accès des élèves aux distributeurs de sodas et d'aliments hypercaloriques. L'objectif étant de contrer l'obésité en sensibilisant les élèves à l'hygiène alimentaire.

Par ailleurs, vient d´être publiée la circulaire instaurant l´obligation d´organiser trois séances annuelles d´information et d´éducation à la sexualité dans les écoles, les collèges et les lycées. Un guide élaboré avec l'INPES* devrait aider les enseignants dans cette démarche.Les élèves pourront également participer à une formation de premiers secours, également dispensée de façon obligatoire aux enseignants.

Enfin, devant l´insuffisance du nombre de médecins scolaires en France, Xavier Darcos annonce notamment que 600 étudiants en médecine seront appelés dès l´année prochaine à effectuer des stages dans le milieu scolaire.

Le fond est donc clairement défini, mais pour la forme les réactions fusent déjà : quels seront les moyens financiers accordés pour mettre en place toutes ces mesures ?

* INPES : Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé

Publié par Dr Philippe Presles le Mercredi 12 Mars 2003 : 01h00
Source : Communiqué de presse du ministère de l'enseignement, 26 février, 2003.
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