Santé : 5 grandes idées reçues à oublier définitivement

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mercredi 11 Mai 2016 : 10h43
Mis à jour le Mercredi 18 Mai 2016 : 11h08

En santé, certaines croyances sont relayées décennies après décennies, en dépit d’études scientifiques démontrant exactement le contraire. Douleur, migraines ou fracture d’ostéoporose… voici cinq idées reçues récusées par cinq spécialistes, chacun dans son domaine d’expertise.

La migraine, une maladie dont on peut guérir

Faux. Pour beaucoup, soignants ou grand public, la confusion persiste encore aujourd’hui entre "migraines" et "céphalées de tension". Pour ces dernières, le mécanisme d’apparition serait lié au stress ou associé à des problèmes musculo-squelettiques cervicaux, voire être des céphalées secondaires liées à des troubles de la vue (réfraction), à des douleurs d’arthrose etc. Mais alors qu’il est essentiel de rechercher une cause à une céphalée de tension pour l’éliminer, c’est inutile dans le cadre des migraines. Trouver une cause à la migraine dans l’espoir d’une guérison est une démarche totalement erronée. Le Pr Anne Ducros, neurologue, hôpital Gui de Chauliac (CHU Montpellier) explique pourquoi : « le migraineux a un cerveau hyperexcitable et la migraine est une maladie à part entière, une maladie neurologique primaire liée à la combinaison de facteurs génétiques héréditaires multiples (plus de 45 gènes ont déjà été identifiés) avec des facteurs environnementaux, tout cela créant une hyperexcitabilité de différentes zones cérébrales ».

Le suivi de règles d’hygiène de vie (un ajustement personnel des horaires des repas, de sommeil, une activité physique régulière, une hydratation optimale, et un sevrage en antalgiques simples et opiacés) permet de diminuer la fréquence des crises. Et si les migraines disparaissent un jour (généralement avec l’âge), c’est tout simplement parce que le cerveau a cessé d’être hyperexcitable ! Il n’existe pas aujourd’hui de traitement qui guérit les migraines mais des médicaments qui permettent d’atténuer la sévérité et la fréquence des crises, soit en traitement lors de chaque crise, soit en prévention (traitement de fond) au long cours. Ils permettent d'améliorer les migraines chez 70 à 80% des migraineux.

Les bébés ne ressentent pas la douleur

Faux. Contrairement à une idée reçue, non seulement le nouveau-né et le bébé perçoivent la douleur, mais ils la ressentent même encore plus fortement que le petit enfant et ils s’en souviennent !

En effet, même prématuré, l’enfant naît avec un circuit de la douleur opérationnel. « Le nouveau-né (0-28 jours) et le bébé (29 jours à deux ans) sont équipés pour ressentir la douleur mais chez eux sa perception est encore plus forte que chez le petit enfant (2-6 ans) et a fortiori l’adulte, assure le Dr Elisabeth Fournier-Charrière, pédiatre au Centre d'étude et de traitement de la douleur de l'adulte et de l'enfant (CHU Bicêtre, Le Kremlin Bicêtre) et co-auteur du Guide « La douleur de l’enfant, l’essentiel » (PEDIADOL). Car avant l’âge de 1 an, les mécanismes qui réduisent le ressenti douloureux ne sont pas matures ».

De plus, dès la naissance, lorsqu’un message douloureux est perçu, il est aussi connecté aux régions du cerveau liées aux émotions, aux pensées, à la réflexion et surtout à la mémorisation. En conséquence, pour le même geste douloureux ou type de douleur, la douleur suivante sera supérieure à celle du premier geste !

Publié par Hélène Joubert, journaliste scientifique le Mercredi 11 Mai 2016 : 10h43
Mis à jour le Mercredi 18 Mai 2016 : 11h08
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