Risque-t-on une maladie infectieuse en avion ?

Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 29 Mars 2005 : 02h00
Mis à jour le Lundi 20 Juin 2016 : 14h24
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A propos des voyages aériens, on parle souvent de phlébite et de bas de contention. Mais qu'en est-il des risques de transmission de maladies infectieuses ? Va-t-on systématiquement attraper le rhume dont souffre la personne assise au 5e rang, et qui vient d'éternuer bruyamment ?

Afin de répondre à cette question, des chercheurs ont analysé les différents travaux publiés sur ce sujet. Et concernant le risque de transmission de maladies infectieuses par le passager atteint d'une quinte de toux et installé juste devant vous, les données sont peu nombreuses. Et pour cause, il est difficile de suivre tous les passagers d'un vol, afin de savoir si quelques jours plus tard, angines et rhumes se sont manifestés

Pourtant, cette synthèse est sérieuse et de surcroît rassurante. Il semblerait que le risque réel d'être infecté en vol soit plus faible que le risque perçu. En effet, la dissémination des agents pathogènes se faisant, le plus souvent à l'intérieur d'un avion, par l'air et les gouttelettes (éternuements, toux, postillons), le risque de transmission dépend essentiellement du système de ventilation de la cabine. Or, 50% de l'air est régulièrement remplacé par de l'air frais (présumé stérile compte tenu de l'altitude), tandis que la moitié restante est recyclée après une filtration éliminant la plupart des particules virales, des bactéries, des poussières, des gouttelettes et des champignons. De plus, l'air est injecté par le haut et réaspiré au niveau du sol, limitant ainsi tout risque de dissémination horizontale des particules d'un bout à l'autre de la cabine. Et enfin, l'air est renouvelé entre 15 et 20 fois par heure (contre 12 fois dans un immeuble de bureau).

Le risque se situe au sol, pas en vol !

Autant dire que le risque en vol est assez faible. En revanche, lorsque l'avion est immobilisé longtemps au sol sur la piste, avant ou après l'embarquement, les risques augmentent car la ventilation ne fonctionne généralement pas. C'est ainsi qu'en 1972, un virus de la grippe a touché 79% des passagers d'un avion immobilisé pendant trois heures à la suite d'une panne technique.

Si quelques cas de grippe et de rougeole ont été enregistrés, l'infection la plus documentée est la tuberculose : le risque devient important si l'on est assis à moins de deux rangs d'un passager contagieux et que le vol dure plus de huit heures. Toutefois, ces modalités de transmission ne s'appliquent pas à toutes les infections transmissibles, et dépendent toujours de l'état de la ventilation. Quant au paludisme, à la dengue ou la fièvre jaune, la désinsectisation (contre les moustiques) des cabines à l'aide d'un spray constitue une mesure simple et efficace.

Conseils de base et de bon sens

Si le risque de contracter une maladie infectieuse en avion est plutôt faible, il peut encore être réduit en respectant quelques règles de bon sens :

  • ne voyagez pas lorsque vous êtes malade ;
  • mettez votre main devant votre bouche et/ou votre nez avant de tousser ou d'éternuer ;
  • lavez-vous les mains souvent, et au minimum avant de sortir des toilettes et avant les repas ou les collations.
Publié par Isabelle Eustache, journaliste santé le Mardi 29 Mars 2005 : 02h00
Mis à jour le Lundi 20 Juin 2016 : 14h24
Source : Mangili A. et Gendrau M.A., The Lancet, pp 989-996, 12 mars 2005.
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