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Rhumatisme : et si on parlait des répercussions sur la vie sexuelle ?

Rhumatisme : et si on parlait des répercussions sur la vie sexuelle ?Les rhumatismes, tels que la polyarthrite rhumatoïde, entraînent des conséquences très importantes sur la qualité de vie. Mais si les malades parlent facilement de douleur et de fatigue à leur médecin, l'activité sexuelle, pourtant fortement altérée, est rarement évoquée.

Rhumatisme et qualité de vie

Les rhumatismes sont bien connus pour provoquer des douleurs et des gênes, parfois très handicapantes dans la vie quotidienne.
Ces symptômes sont largement discutés avec le médecin afin de trouver le traitement le plus efficace. En revanche, les répercussions des rhumatismes sur l'activité sexuelle sont rarement évoquées. Pourtant elles sont réelles, comme en témoigne une étude ayant porté sur une population de 1.000 personnes atteintes de polyarthrite rhumatoïde.

Rappelons que la polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie rhumatismale inflammatoire fréquente qui touche préférentiellement les articulations des membres, notamment des mains et du poignet. Il s'agit d'une affection auto-immune qui touche plus particulièrement les femmes, à partir de 40 ans, et qui évolue par poussées entrecoupées de rémission.

La population étudiée était essentiellement féminine (78% de femmes), avec un âge moyen de 61 ans (allant de 20 à 91 ans). L'ancienneté de la maladie était en moyenne de 14 ans. A l'aide d'un questionnaire, le retentissement de la maladie sur la qualité de vie a été évalué. Concernant la qualité de la vie sexuelle, cinq réponses étaient possibles, allant de l'absence de retentissement au handicap total.

Qualité de vie sexuelle fortement perturbée : un malade sur trois

Pour 31% des malades, la PR n'a aucune répercussion sur leur vie sexuelle. En revanche, pour 38% les conséquences sont modérées, pour 21% considérables, pour 3% la vie sexuelle est presque impossible, voire impossible pour 7% des malades.
Les altérations de la vie sexuelle ont été considérées comme importantes par 40% des hommes et 28% des femmes.

En conclusion, la qualité de vie sexuelle est diminuée chez un tiers des sujets atteints de PR et considérablement réduite chez un malade sur trois.
A noter que la fatigue et une limitation fonctionnelle importantes semblent prédictives d'une mauvaise qualité de vie sexuelle, ce qui n'est pas le cas de la douleur générée par les rhumatismes.

En pratique, il est nécessaire de prendre en considération cette baisse de qualité de vie sexuelle chez les personnes atteintes d'affections relevant des rhumatismes. La sexualité ne doit plus être un sujet tabou, il faut en parler à son médecin, au même titre que les autres facteurs contribuant à la qualité de vie (douleur, fatigue, gêne, sommeil, etc.).
La sexualité devrait systématiquement faire partie des informations et renseignements sur la PR divulgués aux patients.
Et enfin, il ne faut pas hésiter à faire appel à des spécialistes comme à des psychologues ou des sexologues.

Article publié par Dr Philippe Presles le 16/10/2006
Cet article n'a pas fait l'objet de révision depuis cette date. Il figure dans le planning de mises à jour de la rédaction.

Sources : Pollard L. et coll., Clin. Exp. Rheumatol., 5 suppl. 39 : S43-52, 2005.

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