Quel est votre type d’incontinence : par impériosité, effort ou mixte ?

Publié par Mathias Deray, responsable éditorial de Sphère-Santé le Lundi 27 Mai 2013 : 12h33
Mis à jour le Vendredi 11 Septembre 2015 : 10h12

L’incontinence urinaire concerne environ deux millions de femmes en France. Sa fréquence augmente en fonction de l’âge : 19% des cas concernent des femmes de moins de 30 ans, 46% des cas concernent des femmes de 51 à 70 ans.

L’incontinence urinaire peut être de deux types : soit elle survient de façon subite, avec un besoin urgent et irrépressible d’uriner, on parle d’’incontinence par impériosité, soit lors d’effort : il s’agit alors d’incontinence d’effort.

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Comment en faire le diagnostic ?

La différence entre le type d’incontinence se fait essentiellement à l’interrogatoire : la circonstance de survenue de la fuite permet de distinguer les deux types d’incontinence :

  • soit elle survient lors des efforts (toux, activité physique, rires, …) pour l’incontinence urinaire d’effort,
  • soit elle survient sans facteur déclenchant, y compris la nuit pour l’incontinence par impériosité.

Examens

L’examen clinique permet d’authentifier la fuite qui survient lorsque l’on demande aux patientes de tousser. Enfin il peut également être utile de réaliser un examen urodynamique (mesure de pression dans la vessie à l’aide d’une sonde) qui recherchera quant à lui des contractions involontaires de la vessie. L’incontinence peut également être une combinaison de ces deux mécanismes : on parle alors d’incontinence urinaire mixte.

L'incontinence urinaire par impériosité : des causes aux traitements

Le traitement est radicalement différent en fonction du type d’incontinence.

Besoin irrépressible d'uriner

L'incontinence urinaire par impériosité, est caractérisée par des « urgences » avec un besoin irrépressible d’uriner entraînant des fuites urinaires le plus souvent sans facteur déclenchant de jour comme de nuit, sans lien avec les efforts. Il peut exister certains facteurs favorisant ces fuites comme le contact de l’eau ou du froid. Les impériosités sont entraînées par des contractions involontaires, non contrôlables de la vessie.

Causes multiples

Les causes de l'incontinence urinaire par impériosité peuvent être neurologiques, irritatives (infection urinaire, corps étranger, inflammation de la muqueuse, polypes de vessie) ou encore sans cause retrouvée.

Sang dans les urines ou brûlures

La présence de sang dans les urines ou de brûlures lors de la miction sont également des signes pouvant accompagner cette incontinence et révélateurs d’autres pathologies (infections urinaires, polypes de vessie) nécessitant un traitement spécifique.

Quels traitements ?

Médicaments, neuromodulation, injection de toxine botulique...

L’incontinence par impériosité se traite dans un premier temps par les médicaments : les anticholinergiques. Ces médicaments agissent en « paralysant » le muscle de la vessie et ainsi empêchent les contractions involontaires de la vessie.

Une autre possibilité de traitement est la neuromodulation. Il s’agit de l’implantation d’une électrode sous la peau, qui est branchée à un petit boitier et qui va stimuler une racine nerveuse au niveau du sacrum. Ceci entraîne dans 60% des cas environ une disparition des fuites impérieuses.

Enfin un autre traitement disponible est l’injection de toxine botulique dans la vessie. La toxine agit en paralysant directement le muscle vésical, et ainsi supprime les fuites. Mais il s’agit d’un traitement lourd et contraignant, puisque il impose de se sonder pour aller uriner. Il reste pour l’instant réservé aux patientes ayant une maladie neurologique.

Publié par Mathias Deray, responsable éditorial de Sphère-Santé le Lundi 27 Mai 2013 : 12h33
Mis à jour le Vendredi 11 Septembre 2015 : 10h12
Source : Sphère Santé
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