Prothèses mammaires PIP : quoi de neuf ?
Deux nouveautés concernant cette affaire des prothèses mammaires PIP. La Commission européenne vient de publier le rapport du SCENIHR (Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks), lequel ne retient aucune preuve de risque accru pour la santé avec les implants mammaires PIP. La dernière réunion du Comité de suivi des porteuses d’implants mammaires PIP indique que 55% des ruptures ont lieu dans les 5 ans suivant l’implantation.
Selon les experts de la Commission européenne, les preuves sont aujourd’hui insuffisantes pour indiquer l’existence d’une augmentation du risque lié aux implants PIP par rapport aux autres implants en gel de silicone. Donc pas de risque accru avec les implants PIP. En conséquence, une approche personnalisée est recommandée pour chaque patiente, en considérant de multiples critères : marque, durée de l’implant, symptômes, état psychologique de la patiente, qualité du chirurgien, etc.
Selon la réunion du Comité de suivi qui s’est déroulée le 6 février, il existe « des ruptures extraordinairement précoces : sur les 1.379 ruptures recensées à ce jour par les autorités sanitaires, 55% sont survenues dans les cinq ans ayant suivi la pose de l’implant. Par ailleurs, 875 cas de réactions inflammatoires ont été enregistrés, dont 73 % ne sont pas associés à des ruptures.
Pour les experts, l’augmentation du nombre de ruptures recensées et de réactions inflammatoires est probablement liée à un biais de déclaration.
Autre constatation, depuis la recommandation des autorités de procéder à une explantation systématique, les femmes ne se sont pas précipitées, comme quoi le critère de non urgence a bien été perçu : 205 explantations supplémentaires depuis le 31 décembre 2011, s’ajoutant aux 672 retraits effectués auparavant (à savoir qu’au total 30.000 femmes sont concernées). Ceci dit, sur le terrain, les chirurgiens seraient débordés, à tel point que nombre de femmes s’en remettent aux chirurgiens du privé. La résistance des femmes est aussi liée au non remboursement de la reconstruction dans les cas où l’implantation initiale n’était pas justifiée par un cancer du sein. D’ailleurs, la moitié des femmes porteuses d’implants PIP suite à un cancer du sein se sont faites explanter.
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