Le prix de 658 médicaments vont baisser

Publié par Claude Friedrich - Directeur de la Publication le Mardi 22 Août 2000 : 02h00
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La croissance des dépenses de santé ne connaissant aucun répit, le gouvernement vient de confirmer la baisse du prix des médicaments les moins efficaces.

Les médicaments les moins performants verront leur prix baisser de 20 % sur 3 ans. Ainsi en a décidé Martine Aubry, Ministre de l'Emploi et de la Solidarité à la suite d'un long processus d'évaluation du Service Médical Rendu (SMR) de la pharmacopée française. 658 produits sont ainsi concernés. Ces baisses s'ajouteront aux ristournes que les laboratoires pharmaceutiques devront rétrocéder chaque année à la Sécurité Sociale dans le cadre des accords conventionnels. Parallèlement, l'information des médecins sera mieux assurée grâce à la mise sur pied d'une structure spécifique.

A ces baisses de prix se rajoute une diminution du remboursement de la classe des vasodilatateurs dont les taux passent de 65 à 35%. Ces médicaments, très prescrits en France, n'ont en effet pas d'efficacité démontrée. Dès lors on peut se demander pourquoi il n'a pas été décidé de ne plus les rembourser du tout. C'est probablement parce que le paiement par les assurances complémentaires est politiquement indolore. Pourtant c'est bien de la définition précise d'un "panier de soins" vraiment utiles qui permettra de faire de réelles économies tout en améliorant la santé des français. Pourquoi rembourser des vasodilatateurs inutiles alors que par exemple le vaccin contre la grippe pour tous permettrait de faire de réelles économies et d'éviter bien des malaises, voire des morts (la grippe est régulièrement la première cause de mortalité infectieuse en France) ? Il pourrait en être de même de la prise en charge des solutions médicales indiquées dans le sevrage tabagique (meilleur indice coût-efficacité selon la plupart des économistes de la santé). Souhaitons que ces mesures, qu'il faut globalement saluer pour leur cohérence globale (démarche d'évaluation des médicaments), feront l'objet de discussions approfondies lors de la présentation de la prochaine loi de financement de la Sécurité Sociale au parlement.

Publié par Claude Friedrich - Directeur de la Publication le Mardi 22 Août 2000 : 02h00
Source : Communiqué de presse du Ministère de l'emploi et de la solidarité du 28 juillet 2000 Les Echos du 8 août 2000
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