Mort subite du nourrisson : encore trop de décès évitables

Une étude de l’Institut de veille sanitaire (InVS) souligne l’urgence de renouveler les campagnes sur le couchage sécurisé des bébés.

Si le nombre de morts subites du nourrisson a fortement reculé ces dernières années, un nombre important de décès pourraient être évités, conclut une étude rendue publique de l’INVS.

Chaque année, on recense environ 400 morts inattendues du nourrisson (MIN). Il s’agit de décès, le plus souvent survenus pendant le sommeil, que l’état de santé de l’enfant ne pouvait laisser supposer. Quand le décès reste inexpliqué après une enquête ou une autopsie, on parle de mort subite du nourrisson (MSN).

Le nombre de décès par mort subite s’élève à 240 à 250 par an. Ces décès surviennent à 90 % avant 6 mois, avec un pic autour de 2-4 mois et le plus souvent chez les petits garçons.

Sécuriser l’environnement du bébé

L’étude de l’InVS a été menée entre 2007 et 2009 dans 17 départements où, durant ces deux ans, 256 décès ont été enregistrés. Le principal constat est que près de la moitié des enfants de moins de 6 mois ayant succombé de manière inattendue ont dormi dans un « environnement non sécurisé ».

Par environnement non sécurisé, on entend une literie inadaptée avec couette, oreiller ou même peluche près du visage de l’enfant, un couchage sur le ventre et du tabagisme passif.

Parmi les consignes, on retiendra surtout que le bébé doit être couché dans son lit à lui, sans personne d’autre. Il doit être peu couvert pour éviter tout risque d’étouffement.

De l’utilité des campagnes d’information

Si, dans l’hypothèse d’un retournement de l’enfant (12 %) des cas, le Docteur Bloch, un des auteurs de l’étude, a reconnu que les parents ne pouvaient rien faire, elle a mis l’accent sur toutes les situations qui pourraient être évitées en suivant les consignes de sécurité. Le Docteur Bloch a également conseillé « de faire dormir l’enfant dans la chambre de ses parents les six premiers mois ».

Les auteurs de l’étude ont également alerté qu’il était « urgent de renouveler les campagnes en faveur d’un couchage sécurisé des enfants, pour tous les sommeils et jusqu’à l’âge de six mois, ce qui n’a pas été fait depuis les années 1990 ».

Or ce sont ces campagnes qui avaient permis la diminution des morts subites qui étaient passées de plus de 1000 à 250 par an.

Notre Newsletter

Recevez encore plus d'infos santé en vous abonnant à la quotidienne de E-sante.

Votre adresse mail est collectée par E-sante.fr pour vous permettre de recevoir nos actualités. En savoir plus.