Obésité et santé sexuelle : les femmes sont à risque !

Une étude importante vient d'être publiée par une équipe française qui s'est penchée sur la vie sexuelle des personnes obèses. Résultat: les femmes obèses protègent moins bien leur santé sexuelle et courent donc plus de risques.
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Les personnes obèses et leur activité sexuelle

Pour commencer, les chercheurs ont vérifié l'existence de liens entre l'IMC (indice de masse corporelle, soit le poids divisé par la taille portée au carré) et l'activité sexuelle. Résultat: s'il est vrai que les femmes obèses sont moins susceptibles que les femmes de poids d'avoir eu un partenaire sexuel au cours de l'année écoulée, leur activité sexuelle est pourtant bien réelle, puisque 80% des femmes obèses rapportent avoir eu au moins un partenaire dans les douze derniers mois (contre 88,1% des femmes de poids normal). La moyenne du nombre d'actes par mois est pour elles de 7,74, contre 8,78 pour les femmes de poids normal, et elles sont 43,2% à être très satisfaites de leur vie sexuelle; c'est à comparer à une moyenne de 44,1%, tous poids confondus. On peut aussi remarquer que les femmes obèses donnent en général moins de prix à leur vie sexuelle: 29,1% d'entre elles estiment que la sexualité n'est pas importante pour leur équilibre personnel, contre 12,3% des femmes de poids normal.

Les femmes obèses et la santé sexuelle

On voit donc que l'obésité n'a qu'une influence limitée sur l'activité sexuelle. En revanche, elle joue fortement sur la santé sexuelle et le suivi de cette santé. Et pas dans un sens positif. Parmi les femmes obèses âgées de plus de trente ans qui ont une activité sexuelle, 57,2% sont allées chez le médecin dans l'année écoulée, contre 79% des femmes de poids normal. La différence est un peu moins importante chez les femmes plus jeunes, mais elle reste marquée. Et les résultats sont là: 43,5% des femmes obèses de moins de trente ans ont connu une grossesse non désirée au cours de leur vie, contre 13,3% des jeunes femmes de poids normal. Les jeunes femmes obèses sont aussi beaucoup plus nombreuses à avoir subi une interruption volontaire de grossesse. Selon les auteurs de l'étude, les femmes obèses utilisent des moyens de contraception, mais elles sont plus susceptibles d'utiliser les moyens les moins efficaces, comme l'interruption du coït.

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Source : Bajos, N. et al., British Medical Journal, online first édition