Et si trop de bonbons rendaient les enfants agressifs ?

L'alimentation dans l'enfance peut-elle conditionner un comportement violent à l'âge adulte ? Cette question vient d'être sérieusement envisagée à travers une étude britannique originale.
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Sucreries à 10 ans, délinquant à 30 ans ?

Cette étude a porté sur plus de 17.000 Britanniques nés en 1970. Trente ans plus tard, parmi ceux à qui l'on avait autorisé des sucreries quasiment tous les jours dans l'enfance, 69% étaient devenus des adultes violents (taux de condamnations pour violence plus élevé), contre 42% de ceux qui n'avaient pas l'autorisation, à l'âge de 10 ans, de manger des bonbons et des chocolats régulièrement.

La morale de cette étude

Les bonbons et autres sucreries sont un prétexte dans cette étude. Ce qu'il faut retenir c'est que donner immédiatement satisfaction à un enfant ne lui permet pas d'apprendre à patienter. Résultat, il développe plus facilement un ' comportement impulsif ', voire ' délinquant ' comme indiqué par les auteurs de cette étude.

Autrement dit, même si l'on interdit les bonbons, on ne va pas limiter le problème de la violence ! En revanche, une récompense bien amenée gratifie un enfant et lui permet de se construire et de développer un comportement peu agressif. Inversement, banaliser les récompenses, voire récompenser les mauvais comportements peut favoriser la violence et l'agressivité.

Les industriels de l'agroalimentaire ont d'ailleurs riposté en argumentant que ce n'est pas le fait de manger des bonbons qui rend violent, mais le problème d'autorité parentale…

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Source : Moore Simon et coll., British Journal of Psychiatry, octobre 2009, 195: 366-367. doi: 10.1192/bjp.bp.108.061820 ; (1) Duckworth, A.L. & Seligman M.E.P. (2005). Self-discipline outdoes IQ in predicting academic performance of adolescents. Psychological Science vol. 16, décembre, 939-944.