Prévention des cancers féminins : des habitudes à modifier

Publié par INPES le Mercredi 04 Décembre 2002 : 01h00
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Chez la femme, la mortalité par cancer du poumon est devenue plus importante que celle imputable aux cancers du sein, du moins dans certains pays occidentaux. Tabac, exposition solaire, sexualité : pourquoi ces comportements à risques sont-ils si difficiles à modifier ?

A l'heure où le cancer est enfin abordé d'une façon globale, de la recherche à la prise en charge psychologique des patients, en passant par la prévention, le dépistage et les soins, à l'heure également où sont lancées de vastes campagnes de dépistage des principaux cancers féminins (sein, col de l'utérus), quelle influence peut-on avoir sur des individus qui adoptent des comportements à risque ?

Dans cette étude canadienne, les auteurs s'interrogent sur l'efficacité de leurs actions en termes de prévention primaire des cancers chez la femme. Ainsi, après avoir rappelé que le tabagisme est communément associé au cancer broncho-pulmonaire, voire aux cancers des voies aérodigestives supérieures (larynx et oesophage principalement), ils font le constat qu'en dépit des efforts actuels, en Amérique du nord, comme de notre côté de l'Atlantique, le tabagisme féminin ne cesse de progresser, augmentant par voie de conséquence la mortalité féminine par cancer du poumon. Cette croissance est telle que dans certains pays, la mortalité par cancer du poumon est devenue plus importante chez la femme que celle imputable aux cancers du sein !

Quand il s'agit de prévenir le mélanome, on multiplie les campagnes d'information sur les dangers d'une exposition au soleil sans protection suffisante. Pourtant, le public féminin n'a jamais été aussi friand de « bains de soleil » qu'aujourd'hui, sans doute faussement rassuré par des crèmes solaires faisant croire à la protection absolue, indépendamment des conditions d'exposition.Enfin, les connaissances sur le cancer du col utérin, dont on sait qu'il est étroitement lié au papillomavirus humain, maladie sexuellement transmissible, ont peu modifié les comportements sexuels.

Les auteurs constatent qu'en dépit d'une bonne connaissance des facteurs de risque, tandis que les connaissances sur le déterminisme génétique et moléculaire des cancers de la femme progressent à grands pas, laissant entrevoir de nouvelles approches préventives et curatives, ils sont malheureusement dans l'incapacité de constater des changements radicaux dans les comportements à risque des jeunes femmes, notamment à l'égard du tabac. Et donc d'appeler de leurs voeux de plus grands efforts en termes d'information et d'éducation de la part tant des gouvernements que des organismes sociaux.

Publié par INPES le Mercredi 04 Décembre 2002 : 01h00
Source : Benedet J.-L., Cabrero-Roura L., Strategies for the modification of risk factors in gynecological cancers. Eur J Gynaecol Oncology, 23 : 5-10, 2002. INPES, Tabac Actualités n°29, septembre 2002.
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