Le potassium de la situation

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le Mardi 06 Septembre 2005 : 02h00
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Les sportifs se soucient souvent de leur taux de fer, calcium, et éventuellement sodium, sélénium ou zinc, dans leur organisme. Mais qui fait attention au taux de potassium ?

Le potassium est le minéral le plus abondant de nos cellules. Il intervient dans diverses réactions et joue un grand rôle dans la transmission de l'influx nerveux. Comme pour les autres minéraux, son métabolisme se modifie sous l'effet de l'activité physique. Doit-on craindre des carences? A priori, non. Le potassium figure dans un très grand nombre d'aliments et nous en consommons chaque jour 10 à 12 grammes, c'est-à-dire quatre à cinq fois plus que nos besoins réels. Certaines situations doivent tout de même nous inciter à la prudence.

Le potassium potassé

Les fluctuations du potassium dans le sang (appelées "kaliémie") dépendent d'une foule de paramètres. De façon générale, on s'aperçoit que le potassium fait l'objet d'une très fine régulation au niveau des reins. Si, par hasard, on en avale trop, il est rapidement évacué par les urines. Et si, pour une raison quelconque, on vient à en manquer, on observe une nette réduction des pertes urinaires et éventuellement une remise en circulation à partir des tissus. Ces deux phénomènes s'observent notamment chez le sportif en phase d'entraînement. En effet, l'effort physique intense transforme profondément l'équilibre de ce minéral. Sous l'effet du stress, le potassium fuit le milieu intracellulaire et gagne le sang où son taux s'élève alors brutalement. On parle d'hyperkaliémie, un phénomène qui revêt d'autant plus d'ampleur que l'exercice est intense. Actuellement, on pense que cette élévation du potassium sanguin résulte d'une modification de la perméabilité membranaire et de la saturation des systèmes d'échange. Quoi qu'il en soit, cette fuite de potassium transforme complètement l'équilibre minéral de la cellule. Heureusement, à la fin de l'effort, les taux tissulaires et plasmatiques reviennent assez rapidement à la normale. En outre, les pertes sudorales ou urinaires de potassium demeurent infimes par rapport aux réserves corporelles. De façon générale, le potassium se montre beaucoup plus stable que d'autres minéraux. Bref, il n'y a aucune raison de craindre l'apparition de carences en potassium, même lors d'une pratique intensive du sport.

Un cas particulier

Il existe pourtant une situation où la prise de potassium reste parfaitement recommandable, c'est la phase de récupération. En effet, durant les heures qui font suite à un effort, l'organisme affiche une affinité particulière pour les sucres, ce qui permet une reformation rapide des réserves en glycogène. Mais le stockage du "super" demande la présence simultanée de potassium. L'idéal consiste donc à apporter au cours du même repas des denrées à la fois riches en glucides et en potassium. A la fin d'une épreuve, n'hésitez donc pas à piocher au hasard parmi les aliments suivants : raisins secs, noisettes, bananes, abricots secs, figues sèches, amandes, dattes, noix et chocolat.

Publié par Gilles Goetghebuer, journaliste santé le Mardi 06 Septembre 2005 : 02h00
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